Présidentielle en RDC : pas avant 2019 !

 |   |  367  mots
(Crédits : Reuters)
Très attendue, la réunion devrait être houleuse, ce jeudi lors du conclave entre le gouvernement, la CENI et le Conseil national de suivi de l'accord de la Saint-Sylvestre (CNSA). Corneille Naanga, le président de la CENI, devrait répéter ce qu’il a déjà dit aux délégués des partis politiques et des associations. Faute d’un calendrier claire qu’il est incapable de publier, les élections présidentielles, législatives, provinciales et locales ne devraient pas avoir lieu avant 2019, soit trois ans après la fin constitutionnelle du second mandat de Joseph Kabila.

De « glissement » en annonces dilatoires, il faut désormais être dans le secret divin pour prévoir la date exacte de la tenue des élections générales en RDC. Après l'annonce de la publication d'un calendrier qui fixait la tenue de l'échéance à fin 2018, Corneille Naanga use désormais des mathématiques pour justifier un nouveau report de la date de ces élections attendues depuis fin 2016.

Au terme deux jours de rencontres avec les acteurs politiques et la société civile, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a estimé que son institution a besoin d'un délai de 504 jours pour pouvoir organiser les élections.

La rhétorique justificative est toujours la même pour tous les reports annoncés depuis décembre 2016. En plus de raisons logistiques comme l'acheminement du matériel électoral et le recrutement du personnel, l'institution indique vouloir terminer le processus d'inscription des électeurs notamment dans les régions troublées des Kasaï et des Kivu qui retardent ce processus.

L'espoir d'une fumée blanche

Mais dans les faits, la rallonge annoncée par la CENI va acter une organisation des élections au mieux en avril 2019, en violation totale de l'accord de la Saint-Sylvestre qui prévoyait les élections fin 2017 au plus tard avec une rallonge -à titre exceptionnelle- de six mois donc fin juin 2018.

Vent debout, l'opposition a d'ores et déjà rejette catégoriquement ce calendrier électoral qui devrait acter le maintien au pouvoir de Joseph Kabila trois ans après la fin constitutionnelle de son second et dernier mandat à la tête de la RDC. Le dernier espoir de parvenir à la publication d'un calendrier du consensus reste cette réunion qui se tient ce jeudi entre le gouvernement, le Conseil nationale de suivi de l'accord (CNSA) et la CENI.

Au milieu des manœuvres du pouvoir, des divisions de l'opposition et du « déficit criant de bonne foi » de la CENI dénoncé par la société civile, le conclave tripartite est loin de laisser échapper la fumée blanche. Dans la rue congolaise, lassée des jours d'incertitude politique, on tend l'oreille pour espérer entendre, « Habemus electionibus », « Nous avons des élections » !

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :