Togo : la colère incontrôlable des manifestants de l'opposition a fait mal

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Manifestation de membres des partis de l'opposition, le 20 septembre 2017 dans la capitale du Togo, Lomé.
Manifestation de membres des partis de l'opposition, le 20 septembre 2017 dans la capitale du Togo, Lomé. (Crédits : Reuters)
La marche de la colère au Togo, ce jeudi 5 octobre 2017, a montré un visage strictement différent de celui de la veille. Déchaînés dans les rues de la capitale, Lomé, les manifestants de l'opposition, devenus incontrôlables, ont montré leur colère en érigeant des barricades un peu partout et en violentant des non-manifestants.

C'était la psychose totale à Lomé ce jeudi 5 octobre 2017 et elle se remarque toujours dans les regards. La dernière journée des manifestations en série prévue par la coalition de l'opposition a connu une dégénérescence. Les manifestations, après avoir commencé de manière pacifique, se sont vite muées en violence et voies de fait sur des citoyens non-manifestants.

Les manifestants de l'opposition n'ont pas hésité à ériger des barricades et bloquer les voies afin de perturber la circulation. Dans plusieurs marchés des quartiers de Lomé, à Nukafu, à Hedzranawoé, à Gbossimé et à Bè notamment, les marchands ont été obligés de fermer leurs commerces et de fuir afin d'échapper aux manifestants déchaînés et incontrôlables. Exprimant leur mécontentement de voir les non-manifestants vaquer à leurs occupations, les militants de l'opposition se sont lancés dans leur poursuite créant une psychose dans la ville. Il a fallu l'intervention des forces de l'ordre et de sécurité avec du gaz lacrymogène pour rétablir l'ordre, mais non sans difficultés.

Dans un bilan dressé face à la presse locale, le ministre de la Sécurité et de la protection civile, le colonel Damehame Yark, a déploré la tournure que les manifestations ont prise et a exprimé les regrets du gouvernement vis-à-vis des citoyens qui ont été victimes de ces actes. «Très tôt le matin, malheureusement, avant même que la marche ne commence à Lomé, certains des manifestants se sont désolidarisés et réorganisés en bandes pour s'attaquer à des compatriotes dans plusieurs quartiers comme Adidogomé, Totsi, Limousine, Akodesséwa, Adawlato, vers l'hôtel de la paix, au rond-point du port, Hédzranawoé et au grand marché de Lomé », a relevé le ministre, visiblement très remonté que ses appels de la veille aux organisateurs n'aient pas été entendus.

Les manifestations étant prévues sur toute l'étendue du territoire national, plusieurs autres villes étaient sous haute tension. Le colonel Yark a indiqué qu'au total, l'opposition a pu rassembler «15 000 manifestants» répartis entre la capitale Lomé, Tabligbo et Vogan dans la région Maritime, Anié, Atakpamé, Badou, Kpalimé et Danyi Apéyéyémé dans la région des Plateaux, Sokodé et Tchamba dans la région centrale, Bafilo et Dankpen, dans la région de la Kara et enfin dans la dernière région du pays, les Savanes, Dapaong.

Comme Lomé, la ville de Sokodé, fief de Tikpi Atchadam, a connu des débordements. Selon le ministre, des manifestants ont tenté de déloger les élèves des classes et bloquer la circulation en dressant plusieurs barricades. Il a fallu l'intervention des forces de l'ordre et de sécurité qui ont usé de gaz lacrymogène pour disperser la foule et maîtriser la situation autour de 16h GMT.

Des poursuites judiciaires contre les organisateurs

Le déroulement des manifestations n'a vraiment pas été du goût du gouvernement qui a d'ores et déjà annoncé que des dispositions seront prises afin de sévir contre les coupables des écarts observés. «Que les manifestants soient bien traités et que les non-manifestants soient également bien traités... La violence ne doit pas être l'expression des partis politiques. Ils doivent former leurs militants et leur dire qu'ils ont des droits et des devoirs», a souligné le ministre Damehame Yark avant d'ajouter que «ce sont des actes irresponsables. Un constat va être fait... Un procès-verbal va être dressé et envoyé au Parquet». Le ministre s'est réjoui pour finir que les manifestants n'aient pas atteint l'objectif qu'ils visaient. «Ce que les gens attendaient n'est pas arrivé», a-t-il lancé aux médias.

Notons qu'au même moment où se déroulaient les manifestations de l'opposition, l'Union pour la République (UNIR), le parti au pouvoir, tenait à Lomé deux meetings. Les sources officielles parlent de 4 000 à 5 000 manifestants au total. Du côté de l'opposition, ce matin, lendemain de cette marche de la colère, on attend encore la réaction des leaders.

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