Présidentielle 2019 au Sénégal : Wade attaque Macky Sall et positionne son fils Karim

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En fin politicien, Abdoulaye Wade n'a eu besoin que de quarante minutes pour porter ses coups de griffes à Macky Sall
En fin politicien, Abdoulaye Wade n'a eu besoin que de quarante minutes pour porter ses coups de griffes à Macky Sall (Crédits : Reuters)
Depuis l’annonce de l'abandon de son siège de député au profit de son suppléant, la parole de l’ancien président Abdoulaye Wade s’est fait rare. Petite session de rattrapage avec sa conférence de presse de ce mardi au cours de laquelle l’ancien président s’est attaqué à Macky Sall, son successeur. Il n’a pas manqué aussi de semer quelques pierres pour baliser la route à son fils Karim Wade, pour la présidentielle de 2019.

En fin politicien, Abdoulaye Wade n'a eu besoin que de quarante minutes pour porter ses coups de griffes à Macky Sall. Depuis l'annonce de l'abandon de son siège de député au profit de son suppléant, l'ancien chef de l'Etat n'avait plus commenté l'actualité du pays malgré les multiples sollicitations des journalistes.

Un survol critique des sujets politiques, Wade attaque Macky Sall

En marge de la réunion du comité directeur du Parti démocratique sénégalais(PDS) qu'il a créé en 1974, « Gorgui » (Le Vieux, en wolof) a repassé au crible les sujets sur lesquels il avait cultivé un certain mutisme. A commencer par l'organisation des législatives du 30 juillet dernier que l'ancien président considère comme « les plus nulles de l'histoire du Sénégal ».

Ces dernières échéances marquées par quelques couacs d'organisation, décriées par l'opposition et une partie de la société civile, ont coûté à Abdoulaye Daouda Diallo son poste de ministre de l'Intérieur. Face aux critiques virulentes, Macky Sall s'était résolu à lancer un appel au dialogue à l'opposition qui menace de boycotter les prochaines élections. Une main tendue rejetée par Gorgui.

« Macky Sall veut tromper l'opinion en couvrant d'une voix tonitruante, un soi-disant dialogue national ou une paix sociale », a réagi l'ancien président. « Macky Sall parle de dialogue national, il dit qu'il veut dialoguer avec l'opposition, mais en réalité, on constate qu'il n'est pas dans l'attitude d'un homme qui veut dialoguer. », a-t-il ajouté.

Sans toutefois fermer la porte à des pourparlers avec son successeur, issu de la même famille politique que lui, Abdoulaye Wade pose des préalables. Ils se résument à « un audit indépendant du processus électoral, y compris le système de décompte des voix et de transmission des résultats électoraux, avec l'implication de partenaires internationaux, une commission électorale nationale autonome vis-à-vis de l'administration, la création d'une Haute Autorité neutre pour organiser les élections et l'indépendance réelle des juges chargés de la proclamation définitive des résultats ».

Un balisage pour la candidature de Karim Wade

Abdoulaye Wade joue ici de son expérience de quatre décennies de politique pour brouiller les cartes. En s'attaquant au système électoral, il occupe, pour le compte de son fils exilé au Qatar, un espace politico-médiatique pour la présidentielle de 2019. Si le Vieux, déjà élu et réélu, ne sera pas candidat, il balise le terrain à son fils sur qui il a fait quelques rappels.

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Abdoulaye Wade est convaincu que la nomination décriée d'Aliou Sall, le frère de Macky Sall, à la tête de la Caisse des dépôts et de consignation, vise à « s'accaparer du pouvoir et des dernières ressources financières de l'Etat pour tricher, en tentant d'assurer à Macky Sall une improbable réélection en 2019, mais aussi de tenter d'invalider la candidature de Karim sous le fallacieux prétexte de paiement des amendes prononcées par des magistrats-tailleurs de la Crei et de la Cour suprême ».

Karim Wade, le fils de l'ancien président, libéré par grâce à la faveur d'un deal dont les contours restent encore flous. Si la grâce concernait le reste de sa peine, le fils d'Abdoulaye Wade doit toujours restituer les amendes de sa condamnation pour enrichissement illicite.

D'ores et déjà, le congrès d'investiture du PDS est annoncé pour au plus tard juin 2018. Logiquement et sauf grosse surprise, Karim Wade devrait être désigné candidat du premier parti d'opposition pour la course vers le Palais de la République. En amont, Abdoulaye Wade, en éclaireur, annonce une tournée nationale de remobilisation de l'électorat de son parti. Un balisage en règle pour porter son fils au Palais. Saura-t-il convaincre les Sénégalais ?

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