Présidentielle au Kenya : facture salée pour un scrutin reporté au 26 octobre prochain

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Uhuru Kenyatta, le président sortant et son rival Raila Odinga, lors de la présidentielle, à Nairobi, la capitale kényane, le 8 août dernier.
Uhuru Kenyatta, le président sortant et son rival Raila Odinga, lors de la présidentielle, à Nairobi, la capitale kényane, le 8 août dernier. (Crédits : Reuters)
Deux présidentielles au cours de la même année, à deux mois d’intervalle. Après l’invalidation du scrutin du 8 août dernier, les Kényans devaient élire leur prochain président le 17 octobre prochain. Mais la commission électorale, accablée par le verdict détaillé de la Cour Suprême, s’est fendue d’un communiqué qui fixe le vote au 26 octobre du même mois. Sur sa proposition, l’Exécutif a déposé sur la table des députés un projet de révision du budget pour prévoir cette dépense «inattendue». La facture risque d’être salée, voire amère.

A coup sûr, ce sera l'élection présidentielle la plus chère de l'histoire du Kenya. Pour la présidentielle du 8 août dernier, le pays d'Afrique de l'Est avait consacré 49 milliards de shillings (la monnaie kényane), soit 499 millions de dollars pour que les 19 millions d'électeurs puissent se rendre aux urnes.

La nouvelle présidentielle repoussée au 26 octobre

Avec l'invalidation du vote du 8 août par la Cour Suprême, les électeurs devront à nouveau aller voter. Mais la date du scrutin, initialement fixée au 17 octobre prochain, vient d'être décalée de quelques jours.

Ce décalage avec la date initiale devait en fait être la fin du film. OT-Morpho, sous-traitant chargé de fournir le matériel électoral électronique, avait indiqué que les délais étaient trop étriqués pour que le matériel biométrique de reconnaissance des électeurs et les terminaux de transmission des résultats soient prêts pour le 17 octobre.

Sans toutefois évoquer cette justification, l'IEBC, la commission électorale kényane (Independent Electoral and Boundaries Commission), a sorti un communiqué qui convoque les électeurs de ce pays de 48 millions d'habitants à choisir leur président, le 26 octobre.

La communication de la nouvelle date intervient au lendemain de l'exposé détaillé, particulièrement accablant pour l'IEBC, des motifs de l'invalidation de la présidentielle du 8 août. Et la commission électorale, qui joue sa crédibilité, semble avoir retenu la leçon et vouloir faire un sans-faute.

«Il ne fait aucun doute que ce jugement impacte les opérations électorales et en particulier la technologie à déployer. Afin de s'assurer que la commission est pleinement en capacité de fournir une élection qui corresponde aux critères précisés par la Cour suprême, nous souhaitons porter à la connaissance du public et de toutes les parties prenantes que la nouvelle élection se tiendra le 26 octobre 2017», écrit le communiqué de l'IEBC.

100 millions de dollars, une révision du budget pour tenir le scrutin

Dans la foulée de la communication de la nouvelle date, le Cabinet présidentiel annonce par communiqué avoir soumis au Parlement un projet de révision du budget pour prendre en compte l'organisation du nouveau scrutin.

La facture risque d'être lourde pour le pays. Après consultation de la proposition de l'IEBC, le gouvernement estime que 10 milliards de shillings supplémentaires, soit 100 millions de dollars, devront être nécessaires pour organiser une nouvelle élection.

On dépasse de loin le demi-milliard de dollars pour la tenue de deux scrutins pour une même élection. Les débats sur la validation du budget sont programmés ce mardi 26 septembre. La séance promet d'être houleuse autour de la facture salée de la présidentielle.

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