Kenyatta : sa réélection invalidée, Uhuru Kenyatta préside l’ouverture de la nouvelle législature

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Le président kényan Uhuru Kenyatta (m).
Le président kényan Uhuru Kenyatta (m). (Crédits : Reuters)
Uhuru Kenyatta se serait bien passé de présider la cérémonie solennelle d’installation de la nouvelle législature. Mais la Constitution qui impose au président en place de convoquer le nouveau parlement, dans les 30 jours après son élection, en a décidé autrement. Résultat, une cérémonie d’installation qui n’avait d’officiel que le nom. Dans les faits, le président sortant dont la réélection a été invalidée par la Cour suprême, a essuyé un camouflet politique.

Les députés de l'opposition ont adopté la politique de la «chaise vide». Pour ceux qui ont décidé de boycotter, ce 12 septembre, la cérémonie, Uhuru Kenyatta n'est pas légitime pour présider l'installation des nouveaux députés élus lors des élections générales du 8 août dernier.

Une cérémonie sans cachet officiel ni solennel, en raison des absences

Mais les députés de l'opposition n'étaient pas les seuls absents. Les perruques blanches ondulées et les robes rouge et blanc des sept juges de la Cour Suprême n'ont pas été aperçues. Ceux qui ont invalidé le scrutin présidentiel pour «illégalités et irrégularités», ont brillé par leur absence de l'Hémicycle à Nairobi.

C'est donc sans grande solennité et sans véritable cachet officiel qu'Uhuru Kenyatta, adoubé par les 349 députés (plus des deux tiers) acquis à son camp, s'est plié à une tradition que la Constitution kenyane impose au président en place 30 jours après l'élection de nouveaux députés.

Néanmoins, pour un discours devant le parlement bicaméral, traditionnellement réservé au dévoilement du programme législatif du gouvernement, le locataire du State House est resté plutôt évasif et général. Mais il est largement revenu sur l'invalidation de sa réélection qu'il conteste.

Nouvelle campagne électorale pour un duel Kenyatta-Odinga

A quelques kilomètres au sud de Nairobi, Raila Odinga, le chef de file de la National Super Alliance (Nasa), une coalition d'opposition, a porté quelques piques à l'endroit du président sortant lors d'un meeting à Kibera. « e Parlement ne peut être ouvert que par un président validement élu. Ce que [Uhuru Kenyatta, NDLR] n'est pas», peste le leader de l'opposition.

Un échange qui préfigure du lancement d'une nouvelle campagne électorale avant l'heure. En présidant cette cérémonie, même sans envergure, Uhuru Kenyatta continue d'incarner sa stature de président de la République et occupe un espace politique et médiatique dans lequel il se pose en victime de la suprématie constitutionnelle des juges.

Raila Odinga de son côté ne laisse aucune occasion pour raviver le feu sous les cendres de la contestation. Nouvelle épisode en date, l'opposant septuagénaire réclame la démission de «tous les responsables de l'IEBC [la commission électorale kenyane, NDLR] qui ont participé au trucage» de l'élection dont il dénonçait une fraude informatique.

On s'achemine vers un «remake bis-repetita» du duel historique et familial entre les deux hommes politiques. Un duel déjà parti pour être contesté à nouveau. Les urnes devront donner une réponse le 17 octobre prochain, date de la nouvelle élection. Les 49 millions de Kényans attendront de savoir leur nouveau président tout en espérant éloigner le spectre des violences et querelles post-électorales.

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