Energie/RDC : Joseph Kabila s’attaque-t-il aux promesses jusqu’ici non tenues ?

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(Crédits : Reuters)
La RDC vient de conclure un accord préliminaire avec l’Ouganda pour la construction d’une ligne d’interconnexion électrique dont le but les d’alimenter en électricité les populations de l’Est du Congo. Une vielle promesse dont la lenteur de la réalisation avait soulevé les habitants de la région il y a quelques années.

Joseph Kabila commence-t-il à s'attaquer aux promesses jusqu'ici non tenues ? C'est en tout cas ce que laisse penser le dernier deal en passe d'être conclu par le gouvernement dans le domaine de l'énergie. Engagé discrètement au cours de ce mois d'août, c'est hier que le deal a été révélé à Reuters par la ministre de l'Energie de l'Ouganda, Irene Muloni.

Objectif : En finir avec la pénurie d'électricité dans l'Est

Les deux pays ont signé un accord préliminaire pour la construire d'une ligne d'interconnexion électrique. Étendue sur 350 kilomètres, la ligne partira d'une sous-station de Fort Portal, une ville située dans l'ouest de l'Ouganda, pour s'étendre jusque dans l'Est de la RDC. Le pays de Joseph Kabila aura droit au grand tronçon de cette ligne, tandis que le tronçon ougandais ne sera que de 70 km. Objectif : sortir les populations de la région Est-congolaise des problèmes de pénurie d'électricité, précisément dans les grandes villes de Beni, Butembo et Bunia.

Pour mémoire, c'est dans cette dernière ville (Bunia), en septembre 2012, quelques mois après sa réélection, que les populations locales lançaient une pétition pour rappeler à Joseph Kabila ses promesses de campagne lors des présidentielles de... 2006 et octobre 2011. A chaque élection présidentielle en effet, l'homme fort du Palais de la Nation a toujours promis un meilleur approvisionnement en électricité dans le pays où seuls 16% de la population environ a accès à l'électricité issue de 99% de l'hydroélectricité. De plus, les coupures sont quasi-permanentes. En cause, « la faiblesse de ses capacités de production, le caractère limité et fragmenté de ses réseaux et un accès aux services peu développé », selon une analyse de la Banque mondiale qui a, d'ailleurs, récemment approuvé un financement pour améliorer l'accès à l'électricité de deux millions d'usagers. Mais outre ces initiatives d'organisations internationales, les promesses du président dans ce sens ont toujours traîné à se concrétiser.

Une vieille promesse en cours de concrétisation

Toutefois, la construction d'une ligne électrique entre l'Ouganda et la RDC pour approvisionner les populations congolaises fait partie des promesses faites par le président de la république en 2009. Un projet acclamé et attendu par la population qui aura mis du temps avant de tracer les contour d'une concrétisation.

Selon les précisions de la ministre ougandaise de l'Energie, le deal a été conclu tel que :

« Chaque gouvernement s'occupera du tronçon étendu sur son territoire ».

D'après la même source, une étude de faisabilité financée par la Banque africaine de développement (BAD) a déjà été complétée. En outre, l'institution financière régionale aurait également montré un intérêt à financer le projet dont le coût s'élève à 150 millions de dollars. Mais selon Irene Muloni, les négociations sont en cours et la BAD n'a pas encore pris d'engagement ferme.

Suffisant?

Dans la sous-région Est-africaine, l'Ouganda est bien loti en matière l'électricité. Le pays dispose déjà d'une capacité de 800 mégawatts et devrait doubler cette performance dans environ un an et demi, lorsque les deux barrages hydroélectriques en cours de construction seront entrés en service. Dans un tel contexte, Kampala enregistrera un excédent qu'il pourra alors exporter vers l'Est de la RDC.

Mais il apparaît clairement qu'il serait difficile que l'approvisionnement en électricité des populations de l'Est du pays suffise à calmer les Congolais qui s'opposent depuis plusieurs mois à une nouvelle candidature du président sortant aux prochaines élections car les promesses faites lors des deux dernières présidentielles étaient multiples et très peu ont été tenues.

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