Bien mal acquis : la Guinée Equatoriale dénonce un complot d’Amnesty International

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(Crédits : Reuters)
Nouvel épisode dans le feuilleton des biens mal acquis. Alors que Teodorin Obiang Nguema est sous le couperet d’une condamnation de 3 ans de prison et d’une confiscation de ses biens en France évalués à 150 millions d’euros, la Guinée Equatoriale a mené la controffensive. La pétro-république d’Afrique centrale a ressorti la rhétorique du complot et de la tentative de déstabilisation. Mais cette fois-ci, c’est l’ONG Amnesty International qui est directement pointée du doigt en complicité avec des « investisseurs français ». Suffisant pour conjurer la menace contre le vice-président équato-guinéen ?

Anatolio Ndong Mba a déployé tout son bagout pour apporter la riposte de son pays dans l'affaire des « bien mal acquis ». Le représentant permanent de la Guinée-Equatoriale à l'ONU a répondu au réquisitoire du procureur Jean-Yves Lourgouilloux.

La Guinée Equatoriale dénonce un complot orchestrée par Amnesty

Le 5 juillet dernier, alors que le verdict du procès est mis en délibéré jusqu'au 27 octobre prochain, le magistrat français réclamait une peine de 3 ans de prison, une amende de 30 millions d'euros et une confiscation du patrimoine en France de Teodorin Obiang, estimé à plus de 150 millions d'euros.

Riposte tardive qui laisse présager de la préparation d'une charge plus lourde de la Guinée Equatoriale ? Anatolio Ndong Mba voit dans le procès des biens mal acquis, « un montage d'Amnesty international avec la complicité de certains opérateurs économiques français contre mon pays », a fait savoir l'ambassadeur équato-guinéen au cours d'une conférence donnée, ce lundi 14 août à New-York.

A quoi Anatolio Ndong Mba fait-il allusion ? En tout cas, c'est la première fois qu'Amnesty International est directement pointée du doigt par la Guinée Equatoriale, habituée dans sa réponse au procès contre Teodorin Obiang Nguema de dénoncer « un procès politique » qui serait un complot de la France contre la pétro-république d'Afrique centrale.

Mais les choses se sont corsées tout de suite après le réquisitoire du procureur. Quelques jours après l'ajournement du procès, Malabo a demandé à son procureur général d'instruire un dossier à l'encontre de l'avocat français Me William Bourdon et le milliardaire américain Georges Soros.

L'avocat William Bourdon et le milliardaire George Soros dans le viseur

Le premier n'est autre que l'avocat d'Amnesty International qui a ferraillé pendant des années pour que la plainte de l'ONG britannique contre les familles Obiang, Bongo, Sassou Nguesso soit instruite en France à partir de 2015. Le second, milliardaire américain d'origine hongroise, est le président de l'Open Society Fundations (OSF), un conglomérat de fondations luttant pour les droits de l'homme et la démocratie et financier de plusieurs ONG dont Amnesty International.

Le 26 juin lors de son témoignage à la barre, en plein procès des biens mal acquis contre Teodorin Obiang, l'ex-mercenaire sud-africain Simon Mann avait directement mis en cause l'avocat et le milliardaire, les accusant de vouloir déstabiliser la Guinée Equatoriale en tentant de renverser le régime via ce procès. Leur complice dans cette tentative de déstabilisation supposée serait l'homme d'affaires libano-britannique Ely Calil.

Miguel Oyono Ndong Mifumu, l'ambassadeur de Guinée-Equatoriale en France s'activerait en coulisses pour tenter de faire instruire une plainte contre William Bourdon et George Soros. Une ultime manœuvre pour écarter le spectre d'une condamnation de Teodorin Obiang ?

Quel sort pour les biens saisis de Teodorin?

De son côté, Anatolio Ndong Mba, représentant de la Guinée-Equatoriale à l'Onu invite la communauté internationale à la vigilance sur cette tentative de déstabilisation, estime que « le tribunal correctionnel français n'est pas qualifié pour prononcer un tel jugement notamment à l'encontre du vice-président d'un Etat souverain ».

Pour l'heure, une condamnation de Teodorin Obiang le 27 octobre prochain renflouerait les caisses du Trésor Français via une amende de 30 millions d'euros. Toute la question sera de savoir ce qu'il sera fait des biens saisis et mis sous scellés en France par le parquet ?

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Les rendre à la Guinée Equatoriale pendant que celui qui se serait fait condamné est encore au pouvoir ? Ou les conserver en attendant un changement de régime ?  Dans l'expectative, ces biens pourraient suivre la voie des biens saisis de Mouammar Kadhafi, Ben Ali, Moubarak ou encore Sani Abacha.

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