Présidentielle au Kenya : journée de toutes les peurs !

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Démarrage des opérations de vote à Baragoy dans le district de Samburu au nord-est du Kenya. Mardi 8 août 2017.
Démarrage des opérations de vote à Baragoy dans le district de Samburu au nord-est du Kenya. Mardi 8 août 2017. (Crédits : Reuters)
L’hystérie des militants s’est émoussée après une campagne délétère. Près de 20 millions de Kényans vont élire le prochain locataire du State House en départageant Uhuru Kenyatta de son rival, l’opposant historique, Raila Odinga. Ce duel qui s’annonce très serré, alimente toutes les peurs de voir les violences post-électorales de 2007 se reproduire. Entre les tensions ethniques, les accusations de fraudes, les disparitions étranges et les actes de vandalisme au cours de la campagne, la crainte d’un remake plane sur les urnes.

Les 1.100 morts des violences post-électorales de 2007 vont hanter les urnes des 41.000 bureaux de votes qui se sont ouverts, très tôt ce mardi, à 6h du matin (3h GMT). Dans les 8 provinces de ce pays d'Afrique de l'Est, les 19,6 millions d'électeurs vont glisser leur bulletin pour choisir leur prochain président au cours d'une journée électorale sous haute tension.

Enjeux électoraux sacrifiés

Malgré les apparents appels au calme et les échanges d'amabilités et de félicitations à la clôture de la campagne électorale, l'ambiance lors des tournées des différents camps était acrimonieuse, marquée par des invectives plutôt que le détail des programmes des 8 candidats officiellement en lice pour le fauteuil du State House, le palais présidentiel, pour un quinquennat.

Les vrais enjeux de ces élections générales ont été relégués au second plan tant l'issue de la réédition du duel présidentiel entre les favoris Uhuru Kenyatta et Raila Odinga, cristallise l'attention. On en oublierait même qu'au cours de ces élections générales, les électeurs choisissent leurs députés, sénateurs, gouverneurs, élus locaux et représentantes des femmes à l'Assemblée.

Pour ne rien arranger, les doutes sur la fiabilité du système électronique d'identification et de centralisation des résultats, contesté depuis l'enlèvement puis la mort du directeur informatique de la commission électorale, risquent d'appuyer de possibles contestation du scrutin.

Le spectre des violences de 2007

Les tensions ethniques exacerbées entre Kikuyu (Uhuru Kenyatta) et les Luo (Raila Odinga), de même que les attaques ciblées notamment au domicile du colistier de William Ruto -de l'ethnie Kalenjin- font craindre une escalade qui pourrait attiser une flambée de violences à la fermeture des bureaux (14h GMT) et à l'annonce des premières tendances de vote.

Beaucoup d'observateurs spéculent déjà sur un remake moins virulent et surtout moins meurtrier des violences post-électorales de décembre 2007 à janvier 2008, lorsque Raila Odinga avait contesté la réélection de Mwai Kibaki en dénonçant une fraude électorale massive.

Les violences qui suivent cette contestation aux relents politico-ethniques, avaient coûté la vie à 1.100 personnes et fait un demi-million de déplacés. Elles avaient même valu à Uhuru Kenyatat, le président sortant, une convocation à la Cour pénale internationale(CPI) d'où il sorti blanchi.

Ce mardi 8 août, après dépouillement des premiers résultats, les 41 millions de Kenyans vont scruter l'annonce de la commission électorale (IEC, sigle anglais), tout en espérant que les différents candidats acceptent le verdict des urnes !

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