Présidentielle au Kenya : l’étrange mort du directeur informatique de la commission électorale

 |   |  389  mots
Chris Msando, directeur informatique de la commission électorale kényane, a été retrouvé mort dans sa voiture, ce lundi 31 juillet.
Chris Msando, directeur informatique de la commission électorale kényane, a été retrouvé mort dans sa voiture, ce lundi 31 juillet. (Crédits : Reuters)
C’est un cadavre qui risque de hanter les urnes de la présidentielle du 8 août prochain. Après le signalement de sa disparition, la mort suspecte de Chris Musando, le directeur informatique de la commission électorale, survenue à une semaine du vote, est plus que suspecte. L’a-t-on éliminé pour masquer des fraudes électorales ou pour en donner l’impression ? Dans la foulée de la bataille entre Uhuru Kenyatta et Raila Odinga qui s’annonce très serrée, la question s’invite au débat.

Wafula Chebukati, le président de la commission électorale kényane est catégorique : Chris Msando, son directeur informatique, a été torturé puis assassiné. Par qui et pourquoi ? Ce sont les deux questions qui composent l'énigme autour de la mort de celui qui a contribué à la mise en place et de la gestion du système électronique d'identification des électeurs, de centralisation et de transmission des résultats de la présidentielle du 8 août prochain.

La dernière fois que Chris Musando a été aperçu vivant, c'était sur les images de vidéosurveillance, alors qu'il rejoignait son bureau à Nairobi, le vendredi 28 juillet à 22h. L'homme n'en sortira que le samedi vers 2h30 du matin pour s'engouffrer dans sa voiture. Ne parvenant pas le joindre, sa famille signale alors sa disparition, le jour même. Le corps de Chris Msando et celui d'une jeune femme non identifiée seront retrouvés le lundi vers 14 heures, dans un autre quartier de la capitale.

Une mort énigmatique qui fait planer le spectre des violences de 2007

Quelques jours plus tôt pourtant, Chris Msando avait signalé à la police faire l'objet de menaces sur sa vie, liées à ses activités professionnelles. Sa disparition, puis sa mort, à une semaine de l'échéance, semblent désormais directement connectées à la présidentielle du 8 août prochain. Cette dernière que les sondages annoncent très serrée oppose le président sortant, Uhuru Kenyatta à son opposant et rival historique, Raila Odinga.

La mort de Chris Msando vient envelopper de doutes la crédibilité d'une élection que le président sortant promettait comme «équitable» et dont son opposant indiquait n'accepter le verdict que si elle est «crédible et transparente». L'équité du scrutin est la principale cause de contestation de la présidentielle de 2007 qui avait conduit à des violences post-électorales ayant entraîné 1 100 morts et plus 500 000 déplacés.

Tous les indices sont en place pour une répétition du scénario. La mort de Chris Msando, dépositaire du secret électronique du vote et des résultats, pourrait en être le déclencheur. A une semaine du vote, l'homme a peut-être emporté avec lui son secret dans la tombe. Mais son cadavre autant que les mobiles de sa mort planeront au-dessus des résultats de l'élection.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :