«Hard-power» : la Chine déploie à Djibouti sa première base militaire à l’étranger

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Le président chinois, Xi Jinping, passant en revue des détachements de l'armée chinoise.
Le président chinois, Xi Jinping, passant en revue des détachements de l'armée chinoise. (Crédits : Reuters)
«Base logistique» ! Derrière cette désignation a priori anodine, c’est à Djibouti que la Chine a déployé sa première base militaire hors des frontières de l’Empire du Milieu. Jusque-là, Pékin se contentait de participer à des missions de maintien de la paix dans le monde ou au déploiement de petits détachements de sa flotte navale pour la lutte contre la piraterie maritime. Cette fois-ci, ce sont bien des soldats chinois qui vont s’établir dans une base dans la très stratégique zone de la Corne de l’Afrique. Une expansion militaire pour une affirmation du «hard-power» de la Chine en Afrique ?

Elle viendra compléter la mosaïque de bases militaires construites dans ce petit pays très stratégique de la Corne de l'Afrique. Lorsque les soldats chinois, qui ont quitté Pékin ce 11 juillet, vont débarquer à Djibouti, leur centre des opérations sera la première base militaire de la Chine à l'étranger dont la construction avait été annoncée début 2016. Comme voisins, des soldats américains, japonais, émiratis et français y détiennent également des bases.

La sécurité avant tout !

Avec un déploiement en Somalie depuis 2008, la marine chinoise fait partie de la Force internationale Atalante de lutte contre la piraterie maritime dans la Corne de l'Afrique. Avec ces navires de sécurisation des cargaisons commerciales, la seule présence militaire chinoise connue sur le Continent s'inscrivait dans les contingents envoyés dans le cadre de missions de maintien de la paix de l'ONU.

Aujourd'hui, la présence militaire de la Chine sera renforcée avec ses soldats dont le nombre et encore moins la date de début de leurs opérations n'ont pas été précisés. Ce que l'on sait par contre, c'est que la nouvelle base militaire chinoise servira à la coopération militaire, au maintien de la paix, à l'acheminement de l'aide humanitaire, aux exercices militaires conjoints ou encore à des missions de sauvetage.

En creux, l'ordre de mission des soldats devrait les autoriser à sécuriser les navires chinois transportant des marchandises ou des matières premières importées d'Afrique et qui croisent au large de Djibouti, stratégiquement situé sur le golfe d'Aden et du détroit de Bab-Al-Mandeb, routes maritimes par lesquelles transitent plus de 40% du trafic mondial.

L'habile dosage chinois

Les soldats chinois devraient également mener des missions de protection et éventuellement d'évacuation de leurs compatriotes, aujourd'hui au nombre d'un million de Chinois sur le continent africain. «La Chine est attachée à un développement pacifique. La politique chinoise de défense est de nature défensive. Cela ne change pas», anticipe le ministère chinois de la Défense.

On connaissait le «soft-power» de la Chine qui veut «prêter son miroir à l'Afrique». Il est matérialisé aussi bien par son offensive commerciale que par sa présence médiatique, culturelle, la promotion de sa langue, son aide à la coopération sans condition et sa construction d'infrastructures.

Il faudra désormais se préparer au déploiement du «hard-power» chinois en Afrique. Outre la formation des hauts gradés des armées africaines, régulièrement envoyés en instruction à Pékin et auprès de qui la Chine cultive ses réseaux, le renforcement des effectifs sur le Continent «reflète et amplifie l'influence croissante de la Chine, qui augmente la portée de ses forces armées», comme le mentionne un rapport du Pentagone à propos de la base chinoise à Djibouti. Une nouvelle page dans l'accroissement de la présence chinoise en Afrique !

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