La Zambie se dirige vers l’état d’urgence, après une série d'actes de «sabotage économique»

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L'incendie du plus grand marché de lusaka, qui s'est déclenché dans la nuit du mardi 4 juillet, a emporté une centaine de commerces et une importante quantité de marchandises.
L'incendie du plus grand marché de lusaka, qui s'est déclenché dans la nuit du mardi 4 juillet, a emporté une centaine de commerces et une importante quantité de marchandises. (Crédits : DR.)
Le président zambien Edgar Lungu vient de franchir un nouveau cap dans son face à face avec l’opposition en appelant le Parlement à imposer l’état d’urgence. L'appel du président intervient après l’incendie du marché de la capitale, Lusaka, perçu par le régime zambien comme un «énième acte de sabotage économique» de l’opposition.

La Zambie s'est réveillé ce 6 juillet dans l'expectative d'un état d'urgence. Ce pays d'Afrique australe traverse actuellement une période de troubles ayant débuté après l'arrestation de l'opposant Hakainde Hichilema, chef du Parti pour le développement national. Le président Edgar Lungu prévoit ainsi d'obtenir le soutien du Parlement pour imposer l'état d'exception.

La présidence zambienne a par ailleurs publié un communiqué dans lequel elle explique que «si elle est autorisée à continuer, la situation pourrait conduire à un état d'urgence national». Une décision réitérée par le président dans une intervention diffusée à la télévision nationale, après l'incendie qui s'est déclenché dans le plus grand marché de la capitale, Lusaka

Sabotage économique

Pour le gouvernement, la source de cet incendie serait criminelle et s'inscrirait dans le cadre de «manœuvres de déstabilisation de l'Etat». Pour les autorités, la série d'incendies inexpliqués qui touchent le pays ces derniers mois et «les actes de vandalisme» qui prennent pour cible les installations stratégiques du pays sont perçus comme du «sabotage économique».

La Zambie a en effet enregistré plusieurs incendies lors des derniers mois, notamment dans les palais de justice de Lusaka, de Kabwe, de Mongu et de Monze. Les flammes avaient également ravagé les marchés de Lusaka et de la ville méridionale de Choma. Des actes non revendiqués, mais que le régime impute à l'opposition dont un des leaders avait été arrêté le 12 avril dernier.

Le parlement zambien a par ailleurs suspendu 30 parlementaires de l'opposition en juin dernier pour une période d'un mois, après que ces derniers aient boycotté un discours présidentiel tenu devant l'Assemblée le 17 mars dernier. Cette décision des autorités avait été critiquée par Moody's Investors Service le 19 juin dernier, du fait des risques d'augmentation de troubles internes qu'elle entraînait et qui pourrait décourager l'investissement étranger et le soutien international.

Les marchés s'inquiètent

La situation en Zambie pourrait également altérer les cours du cuivre, vu que le Lusaka en est le deuxième producteur en Afrique. Un état d'urgence et une éventuelle escalade des troubles dans le pays feraient courir de grands risques pour la croissance économique zambienne. Selon le cabinet BMI Research, celle-ci devrait enregistrer une hausse de 4,7% cette année et de 4,9% en 2018.

Averti de la traditionnelle méfiance des marchés financiers face aux coups de force politiques, le président Lungu a pris les devants en décidant une réunion avec les dirigeants des banques commerciales du pays, avant de passer au vote de l'état d'urgence. Selon la banque sud-africaine Rand Merchant Bank, le régime zambien pourrait éviter des dommages collatéraux au niveau financier et économique, s'il laisse «se dégrader la situation, vu que toute économie peut fonctionner indépendamment des développements politiques sur une durée de temps». Reste à savoir, la  véritable capacité de résilience du tissu économique zambien.

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