Mali : ce qu’il faut savoir sur l’attaque terroriste de Kangaba

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(Crédits : Reuters)
La menace terroriste frappe-t-elle aux portes de Bamako ? Plus d’un an et demi après la frayeur de l’attaque du Radisson Blu en plein centre-ville, ce dimanche en fin d’après-midi, c’est dans le campement touristique de Kangaba, à la périphérie de Bamako, que cinq terroristes ont frappé. Leurs tirs en direction des clients de ce lieu de détente de la bourgeoisie malienne et des touristes étrangers ont fait deux morts. Détails de l’attaque.

Le calme dominical de cette « station balnéaire » de substitution a été troublé par le bruit des rafales de balles. Ce dimanche 18 juin vers 15h45 (GMT), alors que les bourgeois maliens et les touristes occidentaux profitent des piscines du campement de Kangaba à 6 kilomètres à l'est de Bamako, des hommes en armes prennent d'assaut l'établissement hôtelier, vaste d'une dizaine hectares. Que s'est-il passé?

Deux commandos, une "attaque terroriste", deux civils tués

« C'est une attaque djihadiste », a confirmé le général Salif Traoré, le ministre de la sécurité publique. Mais jusque-là, l'attentat n'a encore été revendiqué par aucun  groupe terroriste opérant dans la région.

En fin d'après-midi, le farniente vire très vite au cauchemar. A la porte d'entrée principale de l'établissement, un premier commando de djihadistes tire en l'air avant de se diriger vers les piscines situées sur les collines. Un second commando, arrivé justement par les hauteurs, vise délibérément les touristes étrangers. Bilan de l'attaque côté civil : deux morts et une dizaine de blessés.

Réponse molle des forces maliennes, des soldats en vacances à la rescousse

Dès les premières heures de l'attaque, les autorités ont envoyé un contingent de la garde républicaine. Ce dernier a longuement échangé avec les assaillants. En renfort, des éléments des Forces spéciales maliennes qui n'ont pas réussi à neutraliser les terroristes. En réalité sur le site hôtelier, des soldats occidentaux en permission se sont saisis de leurs armes pour apporter la riposte.

Il faudra l'intervention de soldats de la mission onusienne au Mali, de la force française Barkhane pour inverser le rapport de force. Les insurgés ont pris en otage une trentaine de touristes et des employés de l'hôtel qui ne seront libérés qu'avec l'assaut de la task-force déployée sur place qui ont ratissé le terrain toute la nuit.

Cinq terroristes ont été abattus, un complice a été arrêté à Baguineda, à 30 kilomètres de Bamako. Signe de la violence des échanges, des éléments de forces spéciales ont été grièvement blessés. Sur les lieux de leur   forfaiture, les assaillants ont laissé une arme et un téléphone. Son exploitation devrait révéler des informations sur cette attaque.

La terreur gagne-t-elle Bamako ?

L'attaque intervient alors qu'Emmanuel Macron devrait se rendre, le 2 juillet prochain au sommet du G5 Sahel. A l'ONU, le président français se heurte à la réticence américaine pour obtenir un financement de la force antiterroriste sous régionale. Il plaide aussi pour le renforcement de la Force Barkhane avec l'appui de l'Onu, de l'UA et de l'Allemagne.

La situation est plus compliquée sur place. Le nord et le centre du Mali sont aux prises avec les attentats quasi-quotidiens qui visent les soldats maliens ou étrangers quand ils ne visent pas les touristes ou les civils. De cette partie essaiment des groupes djihadistes qui ont même l'audace de sévir dans les pays voisins à travers les frontières poreuses du Sahel.

Plus au sud, Bamako, la capitale est sous pression avec des menaces récurrentes. La capitale malienne a enregistré l'attaque du Radisson Blu en novembre 2015 qui a fait vingt morts et plusieurs blessés. Huit mois auparavant, c'est le restaurant La Terrasse qui était visé faisant cinq morts. Un an plus tard, en mars 2016, l'hôtel Nord-Sud de Bamako a également subi une attaque.

Les djihadistes semblent vouloir installer la terreur dans la capitale malienne que l'on présentait comme plus sécurisée et mieux contrôlée que le reste du pays. Mais de l'aveu même de Salif Traoré, le ministre de la sécurité sur les antennes de RFI, « comme toutes les autres villes du monde, Bamako n'est pas à l'abri d'une attaque terroriste » !

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