Rwanda : Paul Kagamé investi pour son mandat de la transition

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(Crédits : Reuters)
Un plébiscite appuyé par le tonnerre d’applaudissements qui a accueilli le discours de Paul Kagamé à la tribune. Avec un score "soviétique", le président du Rwanda et du parti, a survolé le congrès du Front patriotique rwandais (FPR) qui l’a désigné porte-étendard à la présidentielle d’août prochain. Porté à la tête du pays en 2000, réélu en 2003 et 2010, le président sortant brigue un troisième mandat qu’il espère sans doute être le dernier. Et la nuance a tout son sens.

A une voix près, Paul Kagamé aurait fait un carton plein. Seul candidat en lice pour porter les couleurs du Front patriotique rwandais à la présidentielle d'août prochain, il a fait une razzia de 1929 voix sur les 1930 délégués du congrès de son parti, ce samedi 17 juin à Kigali.

Un score soviétique et qui place sans surprise le président en lice vers son troisième septennat à la tête du Rwanda. Face aux cadres de son parti acquis à sa cause, le fils de Tambwe a savouré le plébiscite.

Plébiscité dans son parti, Kagamé largement favori à la présidentielle 2017

« Vous m'avez demandé de rester et je suis resté. « La pression pour que je ne sois pas candidat était moins éclairée et avait moins de sens que la pression pour que j'accepte », fait savoir, sous les acclamations, Paul Kagamé flanqué d'un tee-shirt rouge aux côtés de son épouse Jeannette. « Je connais la puissance du FPR, ce qui signifie que nous allons à la victoire », ajoute-t-il à la tribune du Congrès.

Il faut souligner ici que le président sortant part largement favori face à une opposition quasi-inexistante à la présidentielle prévue le 4 août prochain. Le président peut compter sur le soutien de ses alliés, le parti libéral (PL) et le Parti social-démocrate (PSD) qui ont fini par se ranger derrière lui

En face, le Parti vert démocratique, seul parti d'opposition autorisé, compte fédérer autour de la candidature de Frank Habineza. En cavaliers seuls, des candidats sans étiquette politique, se verraient sur le fauteuil présidentiel, à la place de l'homme fort de Kigali.

Le journaliste Philippe Mpayimana est revenu de son exil en France pour ce seul but. Diane Rwigara, compte surfer sur le prestige de son nom. Fille de feu Anisapol Rwigara (un ancien bras financier du FPR), elle a été mise en difficulté lorsque des photos nues d'elle ont été diffusées quelques jours après l'annonce de sa candidature.

Tous devront attendre la publication, le 7 juillet prochain, de liste provisoire de la commission électorale indépendante pour espérer remporter le plus de suffrages des 6,8 millions de Rwandais attendus aux urnes.

Vers un mandat de la transition ?

En attendant, auréolé de la gloire d'avoir mis fin au génocide des Tutsis, groupe dont il est issu, Paul Kagamé devrait surfer sur ses réalisations en matière d'infrastructures et de la diversification des partenaires internationaux qui ont redressé le Rwanda en moins de vingt ans.

Pour la petite histoire, l'ancien exilé fondateur du FPR a été le vice-président et le ministre de la Défense (de 1994 à 2000) du Président Pasteur Bizimungu dont il assume la transition après sa démission. Élu président par le parlement à la fin de cette période transitoire, Paul Kagamé est réélu en 2003 et en 2010.

Pour se remettre en selle pour un troisième septennat, l'ex-maquisard a profité d'une révision constitutionnelle effectuée en décembre 2015 qui fait sauter le verrou de la limite de mandats autrefois fixée à deux. La nouvelle constitution prévoit un mandat transitoire de sept ans avant d'instaurer un quinquennat limité à deux.

Mais à 60 ans, le président rwandais a écarté cette perspective. Il a indiqué que, dans l'hypothèse où il est élu en août, il ferait de ce mandat, celui par lequel, il va passer le relais. « Nous devons faire les choses différemment et faire plus d'efforts pour que les sept années qui viennent nous donnent une forme de transition », s'est projeté Paul Kagamé lors du Congrès de ce samedi.

Mais en réalité, théoriquement, s'il est élu, Paul Kagamé va diriger le pays jusqu'en 2024. Il pourrait même rempiler pour deux autres mandats de 5 ans, ce qui le laisserait au pouvoir jusqu'en 2034. Il sera alors âgé de 77 ans !

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