Attaques à Libreville : une enquête ouverte alors que Ping crie au complot

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(Crédits : DR)
La journée du vendredi 16 juin a été particulièrement étrange à Libreville, la capitale gabonaise. Plusieurs chaînes de télévisions ont été la cible d'un commando armé qui a tenté de diffuser un message prononcé par l'ancien candidat à la dernière présidentiel, Roland Désiré Aba'a Minko. Ce dernier a appelé au départ du président Bongo et l'investiture de Jean Ping par la Cour constitutionnelle, sous menace de faire sauter des bombes dans la ville.

Tout a commencé vendredi matin quand quatre à cinq hommes cagoulés et armés de revolvers et d'armes blanches forcent les portes des locaux de la chaîne TV Plus et ordonnent la diffusion du discours de Roland Désiré Aba'a Minko, l'ancien candidat à la dernière présidentielle rallié à Jean Ping. Son message fait penser à un coup d'Etat civil : « Nous exigeons dans un délai de 72 heures le départ d'Ali Bongo Ondimba du pouvoir et du Gabon, le désarmement de la garde républicaine par l'armée gabonaise, l'investiture de Jean Ping président de la République, chef de l'Etat, par la Cour constitutionnelle ».

Minko a menacé de faire sauter des bombes déposées dans des « édifices publiques » prises en otage par ses hommes, avant d'ajouter que « les ravisseurs et citoyens sur le site, sont prêts à offrir leur vie pour libérer le Gabon ». Après le départ du commando, qui a essayé de reproduire le même scénario chez la télévision nationale, la radio Africa Numéro 1, Canal 7 ainsi qu'une autre chaîne privée, il s'est avéré qu'il s'agissait de bombe factice faite d'aluminium.

Quelques heures plus tard, cet allié de Ping aurait été arrêté au siège de la Délégation de la Commission de l'Union européenne au Gabon où il aurait demandé asile, rapporte plusieurs médias locaux.

Samedi, le procureur de la République, Steeve Ndong Essame Ndong, fait publier un communiqué dans la presse où il annonce l'ouverture immédiate une enquête judiciaire.

L'entourage de Jean Ping crie au complot

Après l'arrestation du « révolutionnaire », le cabinet de Jean Ping a réagi à l'incident en insinuant au complot. Celui qui continue de se proclamer président élu par les urnes a publié un communiqué pour exprimer « sa vive préoccupation » et s'étonner « de la coïncidence entre ces événements et l'arrivée prochaine de la mission de la CPI au Gabon ». Sa coalition dénonce « la confusion de la situation ainsi créée qui pourrait justifier l'escalade de la dérive autoritaire et antidémocratique, y compris l'instauration d'un régime d'exception ».

Du côté de Ali Bongo, aucune réaction n'a encore été formulé au moment où nous écrivons ces lignes, à l'exception de l'arrestation de l'ancien candidat et nouveau « révolutionnaire », mais ses partisans dont certains se sont exprimés dans la presse pointent du doigt Ping et « son discours de haine ». Affaire à suivre.

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