Cameroun : une tentative de mutinerie étouffée dans l’œuf à Zigue

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(Crédits : Reuters)
Leur sortie des rangs a été le ticket express pour le Conseil de discipline de l’armée. Le ministère de la Défense annoncé l’arrestation, ce lundi 5 juin, d’une trentaine de soldats camerounais. Leur tort : avoir initié une mutinerie visant à réclamer le paiement de leurs primes pour leur engagement dans la Force multinationale mixte (FMM) luttant contre Boko Haram. Pas de prison mais des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’à la radiation du corps de l’armée.

Ces mutins-là n'auront pas l'issue aussi heureuse que leurs homologues de Côte d'Ivoire. Une trentaine de militaires camerounais a été arrêtée après avoir enclenché une mutinerie pour réclamer au gouvernement le versement de leurs primes.

Un barrage routier pour faire entendre des revendications financières

Tout commence dimanche dernier, lorsqu'à l'aide de barricades, ces soldats appartenant à la Force multinationale mixte (FMM) de lutte contre Boko Haram, bloquent la route nationale de Zigue dans l'extrême-nord du Cameroun.

Avec ce barrage malvenu, la trentaine de soldats réclamait leur démobilisation de la FMM, une force sous-régionale de 10.000 hommes composée de militaires issus du Tchad, du Niger, du Nigéria et du Cameroun pour lutter contre Boko Haram. Les revendications des mutins concernaient également le versement de primes au même titre que leurs collègues des missions de paix onusiennes.

Quelques heures après cette grogne, la circulation a pu être rétablie dans les normes. Mais à la sortie d'une réunion de crise avec le Haut-commandement militaire, Joseph Beti Assomo, le ministre de la défense, a annoncé dans un communiqué, la « mise aux arrêts immédiate des intéressés pour répondre de leurs actes conformément au règlement militaire ».

Les mutins devant le conseil de discipline de l'armée

Tout de suite après leur arrestation, les soldats-mutins ont été transportés par hélicoptères de Zigue où ils ont été arrêtés, à Yaoundé où ils pourraient passer devant le conseil de discipline militaire, et risquent la radiation du corps. Sans envisager cette extrémité, Joseph Beti Assomo plaide pour une intensification de « causeries éducatives appropriées afin d'éviter la désinformation, l'intoxication voire la manipulation et le confusionnisme ».

Sur les revendications financières des soldats mutins, la communication ministérielle indique que les soldes des militaires de la FMM, payées par l'Etat qui envoie le contingent, ne sont pas alignées sur les primes de soldats participants à des missions onusiennes financées par l'ONU.

Le département de Joseph Beti Assomo a tenu à marteler que «la discipline doit rester la force principale des armées » dont la crédibilité et le professionnalisme ne sont pas entachés par la mutinerie de Zigue. En d'autres mots, les soldats doivent rentrer dans le rang au risque de voir leur mutinerie étouffée dans l'œuf.

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