Mali : ce qu’il faut retenir des premiers pas d’Emmanuel Macron en Afrique

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(Crédits : Reuters)
Ceux qui s’attendaient à des bains de foule d’Emmanuel Macron dans les rues bamakoises ont vite déchanté. A l’atterrissage de son Falcon à Gao, le nouveau locataire de l’Elysée, pleinement dans ses habits de guerre, était d’abord venu pour remonter le moral des troupes françaises qui ne plieront pas bagages tout de suite. La ligne interventionniste de François Hollande au Mali et dans le Sahel sera donc entérinée. Voici l’essentiel du premier déplacement d’Emmanuel Macron en Afrique.

Ibrahim Boubacar Keïta, le président malien a fait le déplacement de Bamako, la capitale malienne vers Gao plus au nord, pour accueillir son hôte. C'est dans cette localité qui abrite une base militaire française qu'Emmanuel Macron a foulé, pour la première fois en tant que président de la République, le sol africain lors son premier voyage hors d'Europe.

Ligne Hollande maintenue

Le nouveau président reprend le bâton de commandement des troupes militaires françaises là où l'avait laissé son prédécesseur François Hollande en janvier dernier lorsqu'il était venu soutenir les soldats de « Barkhane » dans la lutte contre les colonnes jihadistes. Loin de la rupture, Emmanuel Macron s'est inscrit dans la continuité de l'intervention de François Hollande au Mali et compte bien endosser le costume de Chef des armées.

« La France es engagée depuis le début à vos côtés », lance Emmanuel Macron au président Ibrahim Boubacar Keïta au cours d'une conférence de presse conjointe au cours de laquelle le Malien a sollicité un réengagement de la France au Mali. Prière entendue pour IBK. « Je suis venu ici pour vous dire, de manière très claire, qu'elle [la France, ndlr] continuera à l'être », a ajouté Emmanuel Macron qui n'a pas montré la volonté d'interrompre l'engagement militaire. Ce n'est pas demain que les troupes françaises de Barkhane vont plier bagage.

Un clin d'œil à ses « frères d'armes allemands »

La rhétorique guerrière du nouveau président lui permet d'ajuster son costume de chef de guerre au Mali. Une guerre contre le terrorisme « au nom de l'Europe » que la France mènera avec ses alliés notamment les 12.000 soldats de la Minusma, la mission onusienne au Mali et avec ses « frères d'armes allemands » presqu'aux mêmes proportions que les 1.600 soldats de « Barkhane ». D'ailleurs en passant en revue les troupes françaises, Macron a aussi salué les militaires allemands

470 millions d'euros pour la région du Sahel...

Pour diluer la politique à haute charge sécuritaire, Emmanuel Macron a indiqué qu'en plus des opérations de sécurisation de Bamako et de l'appui pour permettre au Mali de recouvrer sa pleine souveraineté bafouée par le contrôle d'une partie de ce pays grand comme deux fois la France, il s'engage pour des projets d'infrastructures scolaires, sanitaires et de transport.

Emmanuel Macron veut promouvoir l'aide au développement, en tout cas dans la région. Il a promis dans ce sens, une enveloppe de 470 millions d'euros pour la promotion du développement pour contrer « les terroristes qui prospèrent dans la misère, la désagrégation des sociétés »

... et une participation au G5 Sahel sous conditions

 Retour à l'une des missions premières de « Serval » devenue « Barkhane » qui  promettait le transfert de la gestion sécuritaire aux Africains. Quatre années plus tard, promesse non tenue puisque la présence militaire française se renforce. La concrétisation de la force antiterroriste du G5 Sahel est à la traîne. Et l'appui de la France dans tout cela ? Le président Macron renvoie la balle dans le camps d'Idriss Deby, Ibrahim Boubacar Keïta, Mohamed Ould Abdelaziz, Mahamadou Issoufou et Roch Marc Kaboré. Emmanuel Macron se dit prêt à participer, « avec plaisir à participer à une réunion du G5 Sahel si elle était organisée dans les prochaines semaines ». Au vu des écueils qui bloquent l'activation de la force antiterroriste, les calendes sahéliennes n'ont pas fini de nous faire attendre.

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