Réforme constitutionnelle : la Mauritanie va-t-elle changer de drapeau ?

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(Crédits : DR)
Le fait est assez inédit pour être signalé. La Mauritanie va (peut-être) ajouter deux bandes rouges sur son drapeau vert et jaune avec la réforme constitutionnelle que les députés ont déjà validé. Cette modification constitutionnelle par voie parlementaire hérisse de tous poils, une partie de l'opposition et pose la question de sa légitimité.

Si la réforme passe chez les sénateurs, le drapeau mauritanien qui va flotter au-dessus de la république islamique ne sera plus jamais le même. La demi-lune jaune dorée et l'étoile qui la surmonte sur fond vert devraient être encadrées par deux bandes horizontales de couleur rouge-sang.

Plusieurs millions de dollars pour changer le drapeau

 La première bande rouge sera ajoutée au sommet du drapeau classique représentera le « sang versé pour la patrie ». Quant à la seconde bande, elle sera visible sur la base du drapeau et symbolisera le sang que les Mauritaniens sont prêts à verser pour leur patrie. L'opération pourrait s'avérer coûteuse pour le pays nord-africain qui avait repoussé la date de l'amendement de la constitution en raison d'une conjoncture économique difficile.

Le changement du drapeau va impliquer, le remplacement de l'ancien sur les mâts de tous les édifices publics et les documents officiels du pays. Les drapeaux qui flottent au-dessus des représentations diplomatiques et consulaires de la Mauritanie à l'étranger. seront aussi concernées.

Un coût sur lequel l'Union pour la République (UPR, parti au pouvoir), qui porte à bout de bras le projet de réforme, se garde bien de communiquer. Toujours est-il que l'Etat devra tirer de ces caisses des dizaines de millions de dollars comme des pays qui se sont essayé à l'aventure d'acter le passage effectif d'un drapeau à un autre.

Une effectivité qui reste conditionnée au vote du Sénat, la deuxième chambre du parlement bicaméral de la Mauritanie. A la Chambre Haute, le quitus de validation devrait être une formalité. Après les députés qui ont fait passer le texte comme lettre à la poste, les 56 sénateurs mauritaniens presque acquis au parti au pouvoir, devraient se pencher dans les semaines à venir sur les amendements de la loi suprême mauritanienne.

Cette modification de la constitution de 1991 ne concerne pas seulement les symboles de souveraineté. Dans le cas d'une adoption, le pays devrait supprimer le Sénat qui serait alors remplacé par des conseils régionaux. La Haute Cour de Justice, le médiateur de la République et le Haut Conseil islamique devraient aussi être reayés de l'architecture institutionnelle.

"Tripatouillage constitutionnel", l'arbre qui cache la forêt

Pourtant malgré cet allègement institutionnel, la réforme n'a pas fait que des heureux. L'opposition radicale a tenté jusqu'au vote de bloquer la révision y voyant un « tripatouillage constitutionnel ». Au cours de sa marche de protestation du mardi 07 mars, plusieurs des manifestants de l'opposition ont été brièvement interpellés. Le forum national pour la démocratie (FNDU), une plateforme de plusieurs partis d'opposition a dénoncé « une répression aveugle » du pouvoir face aux voix discordantes.

Désormais, c'est la légitimité de la réforme qui fait débat. Le projet constitutionnel a été le résultat d'un dialogue inclusif initié entre le 29 septembre et le 20 octobre 2016 à Nouakchott entre la majorité et l'opposition modérée. La condition posée par l'opposition pro-dialogue a été de faire passer la validation du texte par voie référendaire.

Un deal non respecté par le pouvoir qui a usé et abusé de tous les prétextes et subterfuges pour faire passer le texte par le vote au parlement qui lui est largement acquis avec même octroi de parcelles de terrains constructibles aux députés deux mois avant le vote.

Un soft-forcing parlementaire du pouvoir qui remet en cause la légitimité populaire de Mohamed Ould Abdelaziz. A Nouakchott comme dans le reste du pays, tout le monde espère que la réforme n'est pas la répétition générale qui va acter le projet - prêté mais contesté- du président mauritanien de se maintenir au pouvoir en réformant une nouvelle fois la constitution.

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Commentaires
a écrit le 13/03/2017 à 22:08 :
« L’armée vous retire sa confiance ». C’est en ces termes que Moulaye Hachem a annoncé au père de la nation Maître Mokhtar O/ Daddah la fin de son règne et celui des siens, pour que commence à partir de ce 10 juillet 1978 la chasse à cette élite qui depuis la proclamation de l’indépendance n’a épargné aucun effort afin d’ériger au milieu de ce grand désert un pays souverain, stable et prospère. C’est aussi à partir de ce jour maudit que les ressortissants de la ville de Boutilimitt voient leurs chances d’accès à la chose publique (de la bourse à la fonction publique ou la richesse nationale) s’amenuiser de jour en jour. Seulement il faut reconnaître pour la postériorité que tous les régimes militaires qui se sont succédées à la tête de ce pays jusqu’au début du second mandat de Mohamed O/ Abdel Aziz ont gardé un certains respect pour cette ville, ses ressortissants et un poste ministériel dans tous les gouvernements. Aujourd’hui rien de tout cela. Ni respect pour la ville ni à ses ressortissants et même pas un poste de Directeur dans un quelconque ministère. Cette chasse à la sorcière ne s’arrête pas là ! Mieux le régime de Mohamed O/ Abdel Aziz a jugé nécessaire d’aller plus profondément pour effacer tout ce qui à trait à cette ville et à ses ressortissants. Et appelle dans une de ses tournées carnavalesques à l’intérieur du pays à une “réécriture“ de l’histoire de la Mauritanie et à des amendements Constitutionnels pour pouvoir supprimer le drapeau et l’hymne national qui constituent le couronnement des politiques militaires visant à effacer définitivement les dernières empreintes des bâtisseurs de la République Islamique de Mauritanie. Et c’est chose proclamée par plus 4/5 d'un parlement de laudateurs aguérris au lèche bottes depuis 1978 à ce jour.

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