Rencontre Al Saraj-Haftar : l’Egypte parraine une tentative de sortie de crise en Libye

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(Crédits : Reuters)
Un pays divisé entre deux gouvernements et parlements rivaux, au bord de la guerre civile, un temps repaire de terroristes affiliés à l’organisation de l’Etat islamique (EI)… Ce tableau sombre de la Libye pourrait-il s’éclaircir à la lumière de la médiation amorcée par Le Caire ?

C'est peut-être la rencontre de l'espoir. Encore faut-il qu'elle ait effectivement lieu. Sous l'impulsion de l'Egypte, Fayez el-Sarraj, président du gouvernement de l'accord national (GNA) basé à Tripoli, et Khalifa Haftar, chef des Forces armées du Parlement de Tobrouk devraient se rencontrer ce mercredi 15 février dans l'après-midi.

La (peu) probable rencontre

En amont de cette rencontre prévue entre les deux protagonistes clés de la crise libyenne, d'intenses tractations informelles entre les factions rivales ont débuté dans la capitale égyptienne pour tenter d'amorcer un début de pourparlers pour sortir la Libye de la crise dans laquelle elle est plongée depuis la chute du Colonel Mouammar Kadhafi.

Peu probable tant les deux hommes et leurs soutiens respectifs sont opposés sur leurs intérêts, la rencontre entre Fayez el-Sarraj et Khalifa Haftar bute sur les fondements même du futur accord qui risque d'être rejeté par les milices de Misrata, située à 200 km à l'est de Tripoli.

Pourtant, selon plusieurs sources concordantes, les deux hommes se trouvent tous les deux dans la capitale égyptienne sans se rencontrer, du moins formellement.
En janvier 2016, à la suite de sa nomination à la tête du GNA, Fayez Al Sarraj avait montré des signes de bonne volonté en rencontrant le maréchal Halifa Haftar à Al-Marj (dans l'est de la Libye).

Depuis cette première rencontre, Halifa Haftar, arrivé au Caire en compagnie de Salah Aguila, président du Parlement de Toubrouk, s'est toujours refusé à rencontrer le président du GNA.

Les deux hommes forts de Tobrouk se refusent à adhérer à l'accord signé le 17 décembre 2015 à Skhirat au Maroc. Cet accord même qui a permis la mise sur pied d'un gouvernement d'union nationale à la tête duquel Fayez el-Sarraj a été porté.
Cet accord n'incluait pas le maréchal Haftar dans le processus de décisions politiques de la Libye lors de la mise en place du gouvernement d'union nationale appuyé par la communauté internationale.

Des amendements à l'accord de Skhirat ?

Manque d'anticipation ou surprise ? Le maréchal Haftar s'est imposé de lui-même en poussant ses hommes à s'emparer de plusieurs terminaux pétroliers de l'est libyen. Le septuagénaire n'a pas manqué de se tailler une envergure internationale en œuvrant à un rapprochement avec l'Egypte qu'il promet d'aider dans sa la lutte contre l'influence des « Frères musulmans ».

Khalifa Haftar s'est aussi rapproché de la Russie, une carte qu'il compte jouer face à la communauté internationale notamment l'Onu et faire pression sur les Occidentaux pour obtenir son ticket d'entrée dans la gestion de la Libye.
La médiation égyptienne devrait donc aller dans le sens d'une réforme profonde de l'accord de Skhirat. Mais le rapprochement entre les deux hommes est plus difficile à concrétiser même avec des amendements.

Sur le terrain, le GNA semble affaibli dans la restauration de l'autorité de l'Etat libyen à laquelle il s'emploit depuis son instauration il y a plus d'un an et demi. De l'autre côté, la montée dans la hiérarchie militaire du maréchal qui lorgne le commandement des Forces armées libyennes, est controversée jusque dans les rangs des généraux libyens.

La sortie de crise reste tout de même possible. Fayez el-Sarraj comme Khalifa Haftar semblent en principe être d'accord sur la nécessité de conciliation. Une première médiation des ministres des Affaires étrangères d'Algérie, d'Egypte et de Tunisie avait échoué à réunir autour d'une table Fayez el-Sarraj et Khalifa Haftar.
L'Egypte réussira-t-elle à arracher des deux protagonistes les concessions nécessaires pour le retour de la paix en Libye ?

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Commentaires
a écrit le 15/02/2017 à 19:22 :
Votr vempir sarkozi è où? c a lui d trver un compromi d'unificat@ d la libye, d la cote d'ivoir etc.

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