Diaporama Ces filles et fils de Président qui aspirent au pouvoir (2/2)

2- Seif al-Islam Kadhafi [Libye] : L’espoir de rétablir la Jamahiriya

C'est sans doute la grande vedette du clan Kadhafi depuis la mort de Mouammar Kadhafi en 2011. Mais bien avant cet épisode tragique qui dispersa la famille avec des fortunes diverses, Seif al-Islam était le fils adulé des capitales occidentales et de son Gotha. Son séjour en Occident lui permet de cultiver ses réseaux et tisser des liens avec la famille Rothschild ay Royaume-Uni et le Prince Andrew mais aussi avec l'extrême droite autrichienne en fréquentant Jörg Haider (mort en 2008).
Formé en architecture dans les années 1990 à l'Université de Tripoli, le second fils de Kadhafi s'envole pour l'Autriche où il décroche un MBA en économie et management. Il prend ensuite la tête de la Fondation internationale Kadhafi pour la charité et le développement, créée en 1998 et tournée vers la promotion du régime kadhafiste. 
C'est en réalité un poids financier qui permet au fils du Guide de positionner son pays sur les dossiers brûlants internationaux d'une Libye sous embargo notamment l'affaire des indemnisations de l'attentat de Lockerbie et pèse dans l'affaire des infirmières Bulgares. Parallèlement, la Fondation permet à Seif al-Islam de financer à hauteur de 1,8 million d'euros sur 5 ans, la London School of Economics (LSE) où il décroche son doctorat.
De retour au bercail, le fils du Guide libyen tente d'insuffler un changement de l'intérieur du régime, ce qui lui vaut d'être chouchouté par la presse occidentale mais le brouille avec l'aile conservatrice sur fonds de querelles de succession entre les fils Kadhafi. Son rôle se renforce lorsqu'éclatent les premières manifestations anti-régime qui ont dégénéré en émeutes.
Perçu comme le numéro deux du régime depuis sa nomination à la coordination générale des Commandements populaires et sociaux, Seif al-Islam dénonce une manipulation occidentale. Il demande à ses compatriotes de ne pas faire sombrer la Libye dans la guerre civile, puis se faisant menaçant promet des « rivières de sang » aux insurgés qu'ils qualifient de terroristes manipulés par Al Qaïda.
Alors que le régime tombe à la mort de son père sous l'offensive de rebelles soutenus par la France sarkozyste sous mandat de l'ONU, Seif tente de s'enfuir vers le Niger où s'est réfugié un autre de ses frères. Il est capturé par une milice de Zintane (sud-ouest) après avoir été dénoncé par un de ses hommes. Sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI le jugement de Seif al-Islam est au centre d'une passe d'armes entre l'institution basée à La Haye et une double justice libyenne en raison de la partition du pays en deux gouvernements rivaux.
Le premier gouvernement installé à Tripoli a condamné à mort le dauphin Kadhafi en juillet 2015 tandis que son rival de l'Est (à Bayda, près de Tobrouk) a voté une loi d'amnistie. Entre les deux, la milice de Zintane, qui tient entre ses mains, une précieuse monnaie d'échange, refuse de livrer le fils du Guide. Ce dernier serait même libre de ses mouvements dans la ville.
Fin 2015, le Conseil suprême des tribus libyennes désigne Seif al-Islam comme le représentant officiel de ce conseil tribal. Dans une Libye déchirée par la guerre depuis la chute du Guide, la gestion du pays a toujours été fait avec l'approbation des tribus. Il se préparerait, en coulisses, un soulèvement tribal pour renverser les deux gouvernements qui devrait rétablir le pouvoir tribal. De Benghazi pourrait être lancé le mouvement qui va orchestrer le retour au pouvoir d'un Kadhafi : Seif al-Islam (le glaive de l'islam en français) pourrait alors restaurer la Jamahiriya de son défunt père. C'est alors une autre Histoire qui s'écrira !
(Crédits : Reuters)

Ibrahima Bayo Jr. 5 images

Emboîtant le pas à leurs aînés, certains héritiers ou héritières de la nouvelle génération lorgnent le fauteuil paternel avec une appétence pour l'exercice du pouvoir, officieusement assumée ou prêtée, officiellement dissimulée, le plus souvent nourrie par les fantasmes et les rumeurs ou secrètement révélée lors des querelles de succession.