Le saviez-vous ? Donald Trump et Ali Bongo ont un point en commun

 |   |  1087  mots
Donald Trump, 45e président des Etats-Unis et Ali Bongo,3e président du Gabon
Donald Trump, 45e président des Etats-Unis et Ali Bongo,3e président du Gabon (Crédits : Reuters)
Ali Bongo, président du Gabon. Donald Trump, président des Etats-Unis. A priori aucun point en commun. Mais les deux hommes ont la particularité d'avoir utilisé une arme secrète pour se faire élire ou réélire. Voici laquelle.

27 septembre 2016, dans la salle des fêtes du Palais du bord de mer à Libreville, la capitale gabonaise. Ali Bongo Ondimba en tenue d'apparat vient prêter serment pour sa réélection, contestée mais validée par la Cour constitutionnelle, à la présidentielle du 27 août 2016.

Lire aussi : Au Gabon, une nuit de violences après la réélection d'Ali Bongo

Avec deux mois de décalage, sur un autre continent, Donald Trump a déjoué les pronostics des cabinets de sondage et les annonces de grands médias en devenant le 45e président des Etats-Unis.

Pas de chamane pour Trump, ni de sorcier pour Bongo ...

A priori, ces deux élections n'ont rien à voir. Mais à y voir de plus près, les deux hommes, respectivement président du Gabon et des Etats-Unis ont un point en commun qui mérite d'être souligné. Pour accéder à la magistrature suprême, ils se sont offerts les services d'une arme secrète, un « faiseur de président ». Non pas que Donald Trump se soit payé un chamane indien pour inverser la tendance qui le donnait largement battu au point d'envisager de contester les résultats. Non plus qu'Ali Bongo Ondimba se soit appuyé sur les savoirs ancestraux d'un sorcier africain caché au fin fond du bois sacré gabonais.

Le sorcier du 'Big Data'

Dans leur course pour la plus haute fonction étatique, les deux hommes ont fait appel à un thaumaturge d'un nouveau genre. Cette fois-ci, ses dons ne dépendent pas d'une quelconque transmission de savoirs ayant traversé les âges mais bien d'outils plus modernes. Sa force principale, il la tire du ... « Big data ». Pour se faire (ré)élire Ali Bongo comme Donald Trump ont tous les deux sollicité les services de la plateforme gestion de campagne politique numérique NationBuilder. Mais quel est donc ce sorcier du numérique ? Quelles incantations promet-il à ses clients ?

Lire aussi : Présidentielle américaine : l'Afrique doit-elle craindre une victoire de Trump ?

NationBuilder, c'est le « must » pour les hommes politiques de tous pays qui ont bien compris que les carrières et les élections se font et se défont parfois dans les fils de la Toile et dans les dédales des réseaux sociaux. Alors tout le monde se presse pour comprendre les aspirations des électeurs, leurs habitudes, leurs idées et surtout, leurs influences. Dans la foulée d'autres plateformes du même acabit comme Blue State Digital, NGP VAN ou même Digitale Box, c'est là qu'intervient NationBuilder. Pour une somme comprise entre 29 dollars et 5000 dollars par mois, cette plateforme américaine de gestion de contenus propose un « tout en un ». Une plateforme numérique qui permet, tout en polissant l'image du candidat, de réunir une communauté de militants, réunir des financements et communiquer.

Lire aussi : Donald Trump Président : florilège de réactions africaines

Son procédé : un croisement de données issus de contenus numériques. NationBuilder se base sur les formulaires du site ou fait appel à des fournisseurs ou spécialistes d'analyse de données mais aussi aux informations publiques d'administrations qui publient régulièrement des statistiques. Grâce à ses sous-traitants, NationBuilder peut se procurer les adresses mails, l'origine ethnique, les tendances de votes, les engagements à des causes, les comportements sur Internet. Dans ce capharnaüm de données, la plateforme permet de faire le « profiling » des personnes cibles et d'établir avec précision l'électorat auquel s'adresser et les messages à véhiculer au niveau des militants sur le terrain pour les rallier à sa cause. Il permet également de communiquer avec eux en leur envoyant des mails ou des sms. Un procédé qui démode vite le collage d'affiche, la distribution de tract, les interminables bains de foule et les démarchages d'électeurs au porte-à-porte. Les campagnes électorales se mènent désormais au « tout numérique », sans coller une seule affiche, sinon pour la forme ou pour la photo de presse.

... mais un CMS "tout en un" pour gagner

NationBuilder, c'est une « success story » comme l'Amérique seule sait en produire. Frappé par un cancer, Jim Gilliam, un entrepreneur américain du web crée en 2007, un outil pour permettre aux personnes de rester en contact. « Internet, c'est ma religion », le titre de son livre en dit long sur ce chrétien rigoriste qui va ensuite se lancer dans le « Big Data » électoral en direction des partis politiques soucieux de maîtriser les coulisses des opinions sur Internet.

Lire aussi : Riva Levinson : le 'joker' de Trump en Afrique ?

Aujourd'hui, sur son site internet, NationBuilder, basée à Los Angeles, revendique plus de 8.000 clients dans 98 pays. Parmi ses clients les plus prestigieux, des ONG ou organisations internationales comme l'ONU, Amnesty International, Handicap International ou encore Médecins sans frontières, qui font appel à ses services pour le « fundraising » (levée de fonds), et même des sites de voyages comme Airbnb. NationBuilder a aussi une clientèle de partis politiques notamment, les partis travaillistes australien et britannique, le parti français « Les Républicains », sans compter les universités, organismes de protection de la nature et même des Etats américains.

C'est également à ce virtuel « faiseur de présidents » que des personnalités politiques comme, Seth Moulton, représentant démocrate du Massachusetts, Hillary Clinton (pour son livre « Le temps des décisions »), ont fait appel. Dans la course à la présidentielle, Jean Luc Mélechon fera sa campagne numérique avec la plateforme de Jim Galliam. Même Content Management System (CMS) que François Fillon, Alain Juppé, Natalie Kosciusko-Morizet ou encore Noël Le Maire pour la primaire à droite en France.

Lire aussi : Édito : 'Captain America' et l'Afrique

Aux Etats-Unis, Donald Trump succombera au charme de NationBuilder dans sa campagne pour les primaires républicains aux États-Unis puis pour sa course pour la Maison Blanche à laquelle il a accédé ce 8 novembre 2016. Bien avant lui, Ali Bongo Ondimba, 57 ans qui voulait se tailler un costume de jeune lors de la présidentielle du 27 août face à son rival Jean Ping, 74 ans, a opté pour une campagne à l'américaine et pour la plateforme de la même origine. L'architecte de son site web de campagne "Changeons ensemble"... NationBuilder, encore lui. Résultat, tous les deux sont maintenant sur les fauteuils présidentiels des Etats-Unis et du Gabon. Alors NationBuilder, « faiseur de présidents » ou nouvelle manière de faire de la politique ? En tout cas, il confirme un bouleversement du champ politique par le numérique !

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/11/2016 à 15:04 :
des clounes comme vous il n y en aura pas.
a écrit le 11/11/2016 à 14:03 :
C'est tout comme point commun? Vous avez beaucoup travaillé pour trouver ça bravo messieurs.
a écrit le 11/11/2016 à 8:07 :
J'attends avec impatience que Donald Trump tue près d'un millier de personnes, emprisonne à tour de bras ses opposants et se maintienne en résidence surveillée en tant que vainqueur. Votre article est inepte et inapte. Très injurieux vis-à-vis des gabonais qui subisse le règne d'une famille depuis 50 ans. Envoyez-le aux observateurs de l'Union Européenne qui ont les vrais résultats du coup d'état militaro-électoral de BOA (Bongo Ondimba Ali). Poussons la comparaison jusqu'à l'absurde, la cour constitutionnelle américaine serait présidée par la mère des enfants du père de Trump; le président de la commission électorale a violé toutes les règles du dépouillement du scrutin, Hilary Clinton a déposé un dossier devant la CPI, etc. Tous les politiques dans le monde utilisent désormais des plateformes comme NationBuilder, DigitalBox, Corto, 50+1, NGP VAN, etc. Cela n'assure pas pour autant une victoire démocratique. BOA pourra utiliser toutes les plateformes qu'il voudra, il n'aura jamais une majorité électorale, comme son père n'en a jamais eue avant lui. Question : combien avez-vous touché de BOA pour écrire un article aussi écœurant et méprisant pour les gabonais qui sont sous le joug d'une crapule sans nom? Le "vainqueur" de l'élection présidentielle gabonaise n'arrive pas faire la rentrée scolaire des établissements publics au Gabon. Il peine à payer les fonctionnaires et les retraités. La femme de Valls aura beau jouer du violon à prix délirant - pour financer sa prochaine campagne en France - aux anniversaires de ses enfants, comme dernièrement au Maroc, la France n'infléchira pas la position du peuple gabonais. L'asservissement des gabonais prendra fin cette-ci. Ce n'est qu'une question de temps. NationBuilder ou pas une ellection se gagne sur les suffrages exprimés et non sur les tripatouillages et la répression de sa population. COMPRIS !
Réponse de le 13/11/2016 à 23:28 :
Vs avez résumé parfaitement la situation, Ali bongo est un assassin, criminel, cleypthomane, mythoman, un vendeur d'ilusions, un déchet sans substance et sans vergogne, inoxydable et imperméable á la honte aussi, un démon et un homme sans cœur qui passe le temps á faire couler le sans des Gabonais et qui mendit á présent un dialogue alors qu'il a encore les mains pleine de sang frais des Gabonais qu'il a fait assassiner par sa milice. En définitive on ne négocie pas avec les assassins non merci.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :