Cameroun / déraillement : les familles portent plainte contre l’empire Bolloré

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(Crédits : STRINGER)
Malgré l'annonce d'une indemnité aux familles pour les funérailles, le groupe Bolloré est sous le feu roulant des critiques après le drame d'Eséka. L'empire du logisticien français s'est vu servir une plainte par les familles des victimes qui l'accusent de "négligence".

Le drame d'Eséka aura bien un volet judiciaire. A la triple enquête ouverte séparément par la justice camerounaise, une commission d'enquête parlementaire et Camrail, il faut désormais y ajouter une plainte... des familles des 79 victimes et les 600 blessés ! Réunies dans un collectif, ces familles ont décidé d'ester en justice contre le groupe Bolloré qu'elles accusent de ''défaillances et négligences''. Au nombre de 28 à l'heure actuelle, les plaignants ont déposé, ce 02 novembre dernier, une plainte auprès du Tribunal de Grande instance d'Eséka.

Bolloré sur le banc des accusés...

Sur le banc des accusés, l'empire Bolloré, concessionnaire des chemins de fer camerounais depuis 1999 et propriétaire de la Cameroon Railways (Camrail). Guy Olivier Moteng, porte-parole du collectif d'avocats défendant les familles des victimes explique à la presse que le logisticien français partagera ce banc des accusés avec « la compagnie Camrail, les dirigeants de l'entreprise et le conducteur du train ».

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Il faut dire que l'argument du collectif d'avocats pour établir la responsabilité supposée des accusés n'est pas fait d'argile. Elle pourrait même mettre à mal la piste déjà empruntée par le groupe français pour expliquer les causes et circonstances possibles du déraillement. En effet, selon ce collectif, les avocats ont procédé à des consultations avec des experts qui leur permettent d'être « en mesure d'affirmer sans risque de se tromper que le système de freinage du train était défaillant ».

... sa piste remise en cause !

La version d'une défaillance des systèmes de freinage n'avait jamais été soulevée comme une cause possible du déraillement du train en ce vendredi noir du 21 octobre. Eric Melet, président de Bolloré Africa Railways, la filiale du groupe Bolloré exploitant la ligne Yaoundé-Douala, avait joué la carte d'une erreur humaine, ce qui avait orienté les soupçons sur le conducteur du train. Eric Melet avait en effet indiqué dans un entretien avec l'agence Reuters que « l'élément de vitesse en approche de la gare est clairement un incident qui a dû avoir un lien avec le déraillement ».

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L'action judiciaire du collectif opérera un glissement géographique. Le dépôt d'une plainte en France est également envisagé contre le groupe Bolloré. Une autre plainte visera également l'Etat du Cameroun devant les tribunaux administratifs camerounais. Le collectif établit le lien entre le déraillement du train et surcharge de passagers suite à l'effondrement de la route nationale 3 à Boumnyebel. Cette surcharge pourrait être une des causes exogènes qui aurait précipité le train numéro 152 dans l'abîme !

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