Exclusif : Jamal Belahrach, numéro 2 d'OCP Group, sur le départ

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(Crédits : DR)
Celui qui avait été propulsé numéro 2 du géant marocain des phosphates en février dernier serait déjà sur le départ. La décision lui aurait été notifiée hier matin. En cause, les méthodes managériales « révolutionnaires » de ce spécialiste des RH qui se seraient heurtées aux résistances internes du groupe. Détails.

Selon des informations fiables obtenues par La Tribune Afrique, le numéro 2 de l'Office Chérifien des Phosphates (OCP Group), Jamal Belahrach, serait sur le départ depuis hier matin. La fin de sa mission au sein de l'entreprise lui aurait été notifiée dans la matinée du vendredi, avec « effet immédiat » selon une source fiable au sein du géant des phosphates marocains.

Ce départ intervient après plusieurs semaines de tensions et d'incertitudes quant au futur de Belahrach, auquel l'on avait récemment retiré le portefeuille de la Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE).

Au sein du groupe OCP, Belahrach avait la responsabilité de l'une des directions les plus importantes de part son périmètre transversal, puisqu'il était Directeur Général adjoint en charge du Capital Humain, de la Communication et du Développement Durable.

Si rien ne transparaît à cette date sur les conditions exactes qui ont conduit au départ de Belahrach, ce mouvement managérial s'inscrit dans une dynamique interne d'intense compétition entre les quatre directeurs généraux adjoints et les huit directeurs exécutifs, qui composent le comité de direction du Groupe, sous la houlette de l'indiscutable CEO, Mostafa Terrab.

Une tentative de révolution managériale qui passe mal

« Son style basé sur une révolution managériale n'est pas passé. Il y a eu un choc culturel entre ce spécialiste des RH -il a dirigé pendant longtemps la société d'intérim Manpower Maghreb- et les technostructures de l'OCP qui voyaient d'un mauvais œil ce « corps étranger » à l'entreprise qui ambitionnait de « faire tomber les murs hiérarchiques » et de faire progresser le « parler vrai », nous affirme une source haut placée au sein du groupe.

Depuis son arrivée surprise en Février dernier aux commandes de cette méga-direction taillée sur mesure, Belahrach, s'est semble t-il heurté aux résistances internes de l'OCP où la culture d'entreprise est centrée autour des ingénieurs et des puissants corps dont ils sont issus (Polytechnique, Mines, Centrale).

Belahrach aurait ainsi tenté, dès le printemps dernier, de donner un signal de proximité en ne s'installant pas dans les étages supérieurs dévolus traditionnellement aux directeurs, mais au plus près de ses équipes, dans un vaste open-space situé au rez-de chaussée du siège. Dans une maison où le culte du secret et les jeux d'alliances sont prédominants entre clans rivaux, son style direct -agressif disent les mauvaises langues- ne lui aurait pas permis d'asseoir un réseau suffisamment fort pour pouvoir faire avancer ses chantiers.

La greffe Belahrach/OCP n'a pas pris

Toujours selon la même source, « la greffe n'aurait pas pris » entre ce manager au style flamboyant- bombardé de facto numéro 2 du groupe avec un poste aux prérogatives très étendues - et les différentes directions centrales, jalouses de leurs prérogatives et périmètres.

Pour la plupart des hauts dirigeants, la méthode employée par Belahrach ne correspondait pas à la « façon de faire » de l'OCP, où une prudence de sioux est généralement de mise. Selon l'un d'entre eux, « l'OCP n'a pas attendu Belahrach pour lancer ses chantiers internes, l'entreprise mène une vaste entreprise de transformation depuis dix ans, qui a bouleversé le mode de management de la "vieille dame" des phosphates marocains et a permis à l'entreprise de prospérer ». Cette transformation a d'ailleurs été documentée en détail dans un ouvrage du consultant Pascal Crozet intitulé  « L'ambition au cœur de la transformation, une leçon de management venue du sud ».

Bizarrement, ce livre avait obtenu le prix Manpower en 2013, alors que l'entreprise était dirigée par ce même Jamal Belahrach. Ce dernier avait-il déjà un œil sur l'OCP en décernant ce prix ? Mystère.

Des prétendants dans les Startings-blocks et des « Belahrach Boys » esseulés

Pour reprendre son poste, aucune information ne filtre à ce stade, même si plusieurs prétendants semblent prendre date, notamment ceux disposant de relais solides au sein de l'organisation ou à Rabat. Toutefois, selon notre source au sein d'OCP, il ne faut pas compter sur un changement « poste pour poste ».

« L'OCP n'est pas une équipe de football, et la direction de Belahrach était taillée sur mesure pour lui, le scénario le plus vraisemblable est que ses prérogatives soient disséminées sur l'actuel management », précise t-il.

L'autre inconnue est relative au sort des dizaines de talents recrutés par Belahrach pour travailler sous sa supervision directe depuis son entrée en fonction. La plupart d'entre eux ne sont pas issus d'OCP, et ne seraient donc pas « redéployables » immédiatement. A priori, le sort de ces cadres de haut niveau, les « Belahrach Boys », devrait être tranché la semaine prochaine par le top management du groupe.

Il se murmure toutefois que Belahrach aurait conservé de bonnes relations avec le Président du groupe, Mostafa Terrab, ce qui devrait augurer d'une sortie en douceur du manager et de ses équipes, voire d'une porte de sortie alternative à travers une formule « florentine » dont le dernier étage de l'OCP a le secret.

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Commentaires
a écrit le 31/12/2016 à 20:40 :
Que de polémiques inutiles .Les médiats n'ont encore aucune information qui reste cernée entre une direction responsable j'en suis persuadé , il s'agit de négociations et ce n'est pas si simple comme publié ni pour la Direction ni pour les représentants du personnel de l'OCP . Faire très attention pour ne pas tomber dans un piège ingrats par des tierces personnes qui ne cherchent que leurs intérêts personnels au détriment des intérêts généraux . L'OCP est une structure respectable au Maroc et a besoin de continuer à prospérer sans être jalousée . Elle s'ouvre sur l'Afrique dont nous sommes confiant du développement prometteur .
Jamal Belahrach a marqué par son engagement et son expertise dans divers sujets RH et notamment au sein de la commission sociale de la CGEM une étape important en réunissant les syndicats et patronats pour signer la médiation afin de débloquer des situations complexes avec respect et dignité . C'est un acquis qui aurais pu être constructif pour un dialogue social soutenu au sein de l'OCP et une mise en place d'un esprit d'appartenance en instaurant la responsabilité social et couper court aux barrières managériales . Connaissant Jamal et Terrab je pense qu'ils conserverons de bonnes relations prometteuses et se donnerons le temps d'expérimenter ce que Jamal comptais mettre en place avec son franc parlé . Le temps arrange les choses . Bonne et heureuse année . Donnez vous le temps de comprendre et faites appel aux experts RH pour statuer avant de blâmer . Ce sont mes recommandations en faveur des deux partis . Cdlts
a écrit le 26/12/2016 à 15:13 :
Il ne faut pas confondre intérim et RH
La gestion de l'intérim au Maroc est tout sauf la RS E dont Si Jamal avait la responsabilité.
Jamal Belahrach qui a du mérite et du caractère n'etait pas du style à composer avec un système et le transformer intelligemment de l'intérieur .
C'était une erreur de casting de part et d'autre
a écrit le 25/12/2016 à 20:01 :
L'équation OCP, comme bien d'autres, dont CDG et autres relais/ fusibles du grand makhzen etc....est pipée et faussée depuis l'accession à l'indépendance.
Ce n'est peut être pas une équipe de foot, et loin s'en faut au vu des résultats et des dysfonctionnements managerials des uns et des autres, mais les vrais changements ne sont pas pour demain la veille.
Le SEVRAGE attendra tant pour l'OCP que pour le reste, tant économique que social et politique.
Tant que que TOUT demeure centralisé/monopolisé entre une seule main sans possibilité de Reddition de Comptes, en toute lmpunité et dans l'irrespect total des Lois édictées par ceux là même qui les ont "enfanté" sur mesure pour leurs intérêts propres et non de la Nation et de ses composantes toute Avancée est et sera vouée à l'échec.
Cela se passe de Tout Commentaire et n'admet aucune remise en question des acquis et des mal acquis.
a écrit le 25/12/2016 à 17:38 :
Arrêtez d'essayer de nous faire prendre ce monsieur pour le sauveur suprême! Diriger une simple entreprise d'Interim ne suffit pas pour avoir les compétences et l'experience necessaires au management d'un groupe tel que l'OCP. Pour ceux qui connaissent l'OCP c'était attendu. D'ailleurs tous ceux que M. Terrab a nommé à la tête des RH de l'OCP n'ont pas tenu longtemps le coup. La raison est simple : les profils n'étaient pas adaptés au poste ! M. Belahrach aurait dû le savoir étant lui-même issu du métier du recrutement !
Réponse de le 25/12/2016 à 20:58 :
La question n'est pas une question de "personne" mais d'Institutions en place, de clanisme/tribalisme et de concentration de Pouvoirs......et de ce qui va avec....
a écrit le 25/12/2016 à 12:49 :
A mon avis, ce qu'il lui a manqué c'est de prendre son temps pour consolider toutes ses relations aussi bien transversales que verticales.
L'intrus est toujours soupçonné d'être inapte à s'adapter.
Réponse de le 25/12/2016 à 21:03 :
C'est une probabilité qui demeure très faible connaissant l'OCP et bien d'autres institutions /leviers des Pouvoirs en place.
a écrit le 25/12/2016 à 6:59 :
En effet, une greffe ne peut pas être acceptée dans une structure technocratique où l'esprit de corps est dominant. OCP c'est d'abord un écosystème, une culture et un ADN. Excellente analyse. Dr okbani , Consultant et Coach professionnel certifié.
Réponse de le 25/12/2016 à 21:13 :
Ce n'est pas seulement un esprit de corps exacerbé mais bien plus....
Même dans des corps constitués comme l'armée, la police, la gendarmerie et bien d'autres on ass ou stéréo pas à cette "mentalité" et à cet esprit hérité, revendiqué et entretenu à des fins que seuls les "Initiés" en connaissent les secrets et les mystères comme les tenants et les aboutissants.
a écrit le 25/12/2016 à 6:58 :
En effet, une greffe ne peut pas être acceptée dans une structure technocratique où l'esprit de corps est dominant. OCP c'est d'abord un écosystème, une culture et un ADN. Excellente analyse. Dr okbani , Consultant et Coach professionnel certifié.
a écrit le 24/12/2016 à 23:39 :
c.est normal
Réponse de le 25/12/2016 à 11:48 :
l fallait renouveler la majorite des organes pour que la greffe soit accepte
Réponse de le 31/12/2016 à 20:03 :
tout a fait il fait couper le cordon du mal
Réponse de le 31/12/2016 à 20:14 :
Je ne suis pas d'accord c'est anormal pourquoi vous dites que c'est normal , il est temps que des structures comme l'OCP, la CDG ....change aux peuples .
C'est une minorité du makhzen et du pouvoir qui en bénéficie de cette richesse marocaine .
moi en tout cas je préfère les multinationales sur ce genre de groupes familiaux .
Je pense qu'on vit toujours le colonialisme d'un autre genre.

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