Forum des investisseurs : la Centrafrique veut croire à sa bonne étoile

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(Crédits : MINUSCA)
C’est le prolongement du forum de novembre 2016 à Bruxelles. Bangui accueille depuis mercredi une centaine d’hommes d’affaires étrangers dans le cadre d’une rencontre de deux jours qui devront permettre aux opérateurs économiques centrafricains de convaincre les bailleurs et investisseurs à investir en RCA, un pays en pleine crise depuis des années.

Il faut le dire toute suite, c'est un pari audacieux que de tenter d'attirer les investisseurs étrangers en Centrafrique, au vu de l'instabilité du pays. Qui serait téméraire à ce point d'investir son argent dans un pays déchiré en mille morceaux par une crise politique et sécuritaire majeure, et ce depuis des années ? Et pourtant, Faustin Archange Touadera, président de la République centrafricaine (RCA), veut bien croire à sa bonne étoile. L'homme fort de Bangui remue terre et ciel pour convaincre les opérateurs étrangers d'investir en RCA qui selon Médecins sans Frontières (MSF) est « un pays déjà exsangue ».

Pour ce faire...

Pour relever ce défi, les autorités centrafricaines organisent depuis hier, 8 novembre, un forum des investisseurs. Un seul plat figure au menu de ce rendez-vous qui se termine ce jeudi : les opérateurs économiques nationaux discuteront tout au long de l'événement avec de potentiels investisseurs en présentant les opportunités d'affaires et le partenariat avec le secteur privé national. L'objectif : saisir cette occasion pour promouvoir les secteurs prioritaires comme l'agriculture et élevage, forêts, mines, transports, Infrastructures, Industries et Services.

Faustin Archange Touadéra qui veut « rendre compétitive l'économie nationale, capable d'assurer l'éclosion et le développement d'entreprises viables, créatrices d'emplois durables et de richesses », a d'ailleurs pris des mesures incitatives allant dans le sens de charmer les bailleurs internationaux.

Des mesures très alléchantes

Les mesures édictées par le gouvernement, selon l'Agence Xinhua, comprennent, entre autres, « le cadre de dialogue public-privé, les avantages fiscaux et la possibilité d'un recours à l'arbitrage du centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements ».

Selon toujours la même source, une batterie de mesures concernent l'éventualité d'un transfert de revenus provenant des capitaux investis, le libre accès aux marchés publics, la transparence dans la procédure d'attribution des marchés et la probabilité d'un recours au niveau du conseil de régulations des marchés publics, a également été prise.

De plus, l'Union européenne, un partenaire majeur de la RCA, a promis aux centrafricains une assistance pour couvrir les risques d'investissement dans le pays pour rassurer la centaine d'investisseurs venus d'Europe, de Russie, d'Amérique, d'Asie, mais aussi de la région africaine comme le Nigéria et Tchad, pour participer à cette rencontre.

Les premières récoltes

Et la manœuvre semble marcher. C'est en tous cas ce que révèle la Chaîne allemande d'information en continu qui selon elle dès la première journée de la rencontre, certains investisseurs se sont manifestés favorablement. DW donne en exemple la Plateforme initiative développement socioculturelle dénommée DSH Group, venue d'Espagne, et qui se dit intéressée par les secteurs agricole, minier, industriel, entre autres. L'UE a également annoncé la finalisation prochaine d'un accord de financement dans la mise en place d'un réseau de fibres optiques dans ce pays. Un projet qui tient aussi à cœur la Banque africaine de développement (BAD).

A ces investisseurs annoncés en Centrafrique il faut ajouter la participation d'autres opérateurs déjà présents dans le pays. L'on peut notamment citer la chinoise DEWY, par exemple, qui a débarqué au début du mois d'octobre en RCA rejoignant ainsi une autre entreprise minière chinoise, China Géo engineering Corporation International, installée dans le pays depuis le mois de janvier dernier. Des entreprises françaises sont également présentes en Centrafrique dans de nombreux secteurs tels que les télécommunications, le transport aérien, ainsi que le secteur des PME.

Les défis sécuritaires demeurent

Seulement, si les investisseurs sont convaincus du potentiel et des opportunités d'affaires de la RCA, il n'en demeure pas moins que la crise sécuritaire qui mine la RCA reste toujours une inquiétude pour les hommes d'affaires étrangers malgré la récente visite dans le pays du SG de l'ONU, Antonio Guterres, qui dans la foulée de son déplacement a annoncé l'arrivée prochaine de 900 casques bleus supplémentaires.

Aujourd'hui, plus de 50% du territoire de la RCA échappe au contrôle de l'Etat centrafricain et ce, malgré la présence de 12.000 soldats des Nations unies dans le pays. Donc tout naturellement, pour parvenir à une reprise économique en RCA, il est essentiel de mener des reformes pour une réconciliation nationale et de restaurer le pouvoir de Bangui dans tout le pays, comme le préconise le Fonds monétaire international.

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