Sénégal : les entreprises françaises en perte de vitesse

 |   |  684  mots
(Crédits : Reuters)
Sous l’effet de la concurrence chinoise accrue, la part de marché des entreprises françaises au Sénégal s’est fortement rétrécie ces dernières années. C’est une affirmation de l’ambassadeur de France en poste à Dakar, dans une interview accordée à un média sénégalais ce jeudi. Mais en quoi les intérêts de la France sont-ils menacés par la Chine au pays de la teranga ? Eléments de repose.

Les entreprises françaises au Sénégal sont en perte de vitesse. C'est en tout cas ce qu'a révélé l'ambassadeur de France au pays de la teranga dans une interview avec l'Agence de presse sénégalaise APS, ce 2 novembre. Selon le diplomate français en poste à Dakar, la part de marché des entreprises françaises au Sénégal a diminué et est passée de 25 % à 15 % en quinze ans.

Et selon toujours Christophe Bigot, cet effritement « compréhensible » est le résultat de la concurrence des entreprises d'autres puissances, de plus en plus nombreuses au Sénégal. « Le Sénégal est dans une économie globalisée où la compétitivité est un élément central dans le choix que font les Sénégalais entre les entreprises », a fait remarquer le diplomate. Résultat : la présence de la France dans l'économie sénégalaise est de moins en moins forte semble dire le haut représentant de Paris à Dakar qui constate en même temps la montée en force au Sénégal d'autres puissances, notamment asiatiques, la Chine en particulier.

« Dans le même temps, la part de marché des entreprises chinoises a été multipliée par quatre », a noté Christophe Bigot avant d'ajouter que « ce sont des sociétés anglaises et australiennes qui sont sur le pétrole et le gaz, les phosphates sont contrôlés par un groupe indien et indonésien, les canadiens sont sur les mines d'or, d'autres peut-être des chinois s'activent sur la pêche ».

250 entreprises françaises contre 40 entreprises chinoises

Sauf que la menace des intérêts français par les entreprises chinoises semble peu inquiétante, en tout cas pour l'instant. Selon des chiffres du ministère français des affaires étrangères, en 2014, plus de 250 entreprises françaises, contre seulement quarante entreprises chinoises en 2016, sont présentes au Sénégal et dans tous les secteurs d'activité de l'économie du pays. Des services financiers en passant par l'immobilier, le commerce et services, l'industrie, le transport et distribution automobile, l'eau, la construction, les télécoms et l'informatique... Les français sont presque partout au Sénégal.

Et contrairement à ce que dit l'ambassadeur, un regain d'intérêt de la France pour le pétrole sénégalais a été constaté ces derniers mois. La compagnie pétrolière française, Total, qui pourtant semblait ne pas s'intéresser aux gisements de pétrole découverts récemment aux larges des côtes sénégalaises, a finit par porter dessus le regard.  Au mois de mai dernier, Total et le Sénégal ont signé deux accords permettant au groupe français de « contribuer à dynamiser l'exploration pétrolière en mer profonde et très profonde au large du pays ».

Total en force dans le pétrole sénégalais

Le premier accord, le plus important, est un contrat de recherche et de partage de production d'hydrocarbures sur le bloc Rufisque Offshore Profond d'une superficie de 10 357 km2, dont Total sera opérateur (90%), aux côtés de la Société nationale des pétroles du Sénégal (Petrosen). De plus, la construction du Train express régional (TER) qui reliera Dakar à la ville nouvelle de Diamniadio, a été attribuée, au mois d'avril, au français Alstom. Le coût du projet d'infrastructure, l'un des plus emblématiques du mandat de Macky Sall, est estimé à près de 600 milliards de Fcfa.

La liste n'est pas exhaustive car l'exploitation et la maintenance du TER seront confiées au groupement français (SNCF/RATP). De leur côté, les chinois sont très impliqués dans les projets d'infrastructure d'envergures notamment le gigantesque chantier de l'autoroute Ila Touba. La construction de l'autoroute Thiès-Touba nécessite 416 milliards de Fcfa. Mais n'empêche que, la société civile et les opposants au régime du Président Sall, continuent toujours à dénoncer la présence « massive » des entreprises françaises au Sénégal, souvent assimilée à une nouvelle forme de colonisation.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/11/2017 à 17:55 :
Les hydrocarbures et le champion le Total OK.
Mais si les nouveaux échanges franco-sénégalais se limitent là, c'est très réductif !
Les infrastructures, l'agriculture, les télécommunications, les startups, les micro-entreprises et micro-financement, les renouvelables, les échanges culturels et universitaires, etc......
Peut mieux faire !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :