Togo  : si la crise persiste, elle entamera la confiance des investisseurs

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L’Accord triennal entre le FMI et le Togo, au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC), devrait permettre à ce dernier de recevoir au total 241,5 millions de dollars en appui aux réformes économiques et financières.
L’Accord triennal entre le FMI et le Togo, au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC), devrait permettre à ce dernier de recevoir au total 241,5 millions de dollars en appui aux réformes économiques et financières. (Crédits : Reuters)
Une délégation du Fonds monétaire international, en mission au Togo dans le cadre de la revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit, a exprimé ses inquiétudes sur les conséquences de la crise politique au Togo. Si celle-ci persiste, elle aura des conséquences graves sur l'économie du pays.

Les tensions politiques au Togo inquiètent le Fonds monétaire international (FMI). En fin de mission au Togo, une délégation de l'institution a tenu à exprimer ses vives préoccupations en expliquant que la crise pourrait avoir des impacts sur les performances macroéconomiques du pays.

D'après le communiqué de la mission conduite par Ivohasina Razafimahefa, l'économie togolaise pourrait faire face à des risques malgré «les perspectives à moyen terme globalement positives». Cependant, précise le FMI, «les tensions, si elles persistaient, pourraient entamer la confiance des consommateurs et des investisseurs et, par conséquent, avoir une incidence sur les performances macroéconomiques».

Déjà, confie Ivohasina Razafimahefa, «le taux de croissance économique en fin d'année devrait se situer légèrement en deçà de 5%», alors que le taux d'inflation nominal en glissement annuel se situait à -2,5% en juillet 2017, sous l'influence de la baisse des prix des denrées alimentaires.

L'institution s'attendait toutefois à une croissance de 5,1% pour le pays, portée par la hausse attendue de la productivité, laquelle est «favorisée par la modernisation récente des infrastructures et par les financements extérieurs obtenus à des conditions favorables».

Réduction de la dette publique

Outre sa mise en garde contre les incidences des tensions politiques, le FMI s'est félicité des avancées réalisées dans le cadre des réformes recommandées par l'institution financière. «Le programme économique du pays est globalement sur la bonne voie, avec l'ensemble des critères de réalisation quantitatifs réalisés et les réformes structurelles continuant de faire l'objet d'une mise en œuvre progressive. En particulier, les financements non orthodoxes de l'investissement public, qui avaient conduit à une accumulation rapide de la dette ces dernières années, ont été arrêtés », indique le FMI qui ajoute que la première revue au titre de la Facilité élargie de crédit est provisoirement inscrite pour examen par son conseil d'administration en décembre 2017.

De leur côté, le gouvernement togolais s'est félicité de progrès réalisés. Le ministre de l'Economie et des finances, Sani Yaya, précisé que la dette publique se situe désormais à 71,9% du PIB à fin octobre (hors dette sociétés d'Etat), contre un ratio de 80% enregistré le 31 décembre 2016. Le ministre a assuré que le pays gardait un œil sur le taux maximal de 70% fixé par les critères de convergences de l'UEMOA.

Pour rappel, le Togo connaît depuis le 19 août dernier une crise politique avec des revendications de l'opposition qui n'a pas cessé d'appeler à sortir dans les rues pour protester contre le gouvernement et demander le départ du président Faure Gnassingbé. Le pays a connu depuis de violents affrontements entre forces de l'ordre et manifestants aussi bien dans la capitale Lomé qu'à l'intérieur du pays faisant une vingtaine de morts et des centaines de blessés.

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