Avions-espions : Trump débloque un deal de 600 millions de dollars avec le Nigeria

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Le président Buhari vient de décrocher l'achat de 12 avions espions de la part des autorités américaines. Une opération estimée à 600 millions de dollars qui avait été bloquée par Barack Obama.
Le président Buhari vient de décrocher l'achat de 12 avions espions de la part des autorités américaines. Une opération estimée à 600 millions de dollars qui avait été bloquée par Barack Obama. (Crédits : Reuters)
Le Nigeria vient de décrocher le feu vert de la Maison blanche pour acquérir 12 avions espions. Montant de l’opération 600 millions de dollars ! Une opération quasi-finalisée sous l’administration Obama, mais bloquée à la dernière minute par ce dernier après une bavure de l’armée de l’air nigériane. Une décision désavouée par Donald Trump qui compte bien renforcer la coopération militaire avec Abuja.

La maison blanche vient de donner son feu vert pour la vente d'avions militaires dotés de haute technologie au Nigeria. Estimé à 600 millions de dollars, ce deal vise selon les autorités américaines à renforcer la capacité des pays d'Afrique de l'Ouest et notamment le Nigeria à lutter contre Boko Haram, cette opération a d'ailleurs été entérinée alors que le département d'Etat avait émis « ses préoccupations » par rapport à des violations des droits de l'Hommes commises par les forces de sécurité nigérianes.

Une opération bloquée par Obama

Cette opération permettra à Abuja d'acquérir 12 appareils Embraer A-29 Super Tucano, équipés par l'entreprise américaine Sierra Nevada Corp, basé au Colorado. Le groupe a amélioré ces avions de fabrication brésilienne par des équipements de ciblage qui devraient selon les Etats-Unis permettre de monter en régime dans sa lutte contre le terrorisme, le trafic, l'insurrection et le commerce illicite. Cette vente a été conclue lors de l'administration Obama, avant que ce dernier ne gèle l'opération lors de ses derniers jours de fonction.

Un revirement de l'ex-locataire de la Maison blanche justifié par le bombardement d'un camp de réfugié proche de la frontière avec le Cameroun par un avion militaire nigérian. Cette bavure s'est soldée par la mort de 230 civils fuyant Boko Haram et qui a attisé les critiques sur les méthodes de l'armée nigériane. Une position non partagée par le nouveau président Donald Trump qui, une fois installé à la Maison blanche, a assuré Muhammadu Buhari son soutien dans cette vente.

Armer plutôt qu'intervenir

Trump a également promis à son homologue nigérian d'augmenter les exportations d'armes américaines vers le Nigeria et son soutien à la guerre contre Boko Haram. Cette décision du président américain s'inscrit dans sa doctrine d'armer les pays en proie au terrorisme sans se soucier des allégations d'abus contre les droits de l'Homme. Une manière pour Donald Trump de tenir une de ses promesses électorales phares, à savoir ne « plus mener de guerres à la place de ses alliés ». La vente d'équipements militaire pour 110 milliards de dollars à l'Arabie Saoudite, lors du premier voyage à l'étranger de Trump s'inscrit également dans cette doctrine.

Il n'empêche que le Département d'Etat a de son côté assuré maintenir la pression sur le gouvernement Buhari sur les questions de respect des droits de l'Homme par ses forces armées. Le Département d'Etat a par ailleurs, informé le Congrès le 2 août dernier de l'approbation de la vente, ce qui laisse aux parlementaires une période d'examen de 30 jours. Bien qu'une partie du parti démocrate désapprouve cette opération, la possibilité d'un nouveau blocage de la vente reste improbable.

D'ailleurs, les autorités américaines mettent en avant les retombées économiques de cette vente pour sécuriser l'opération. En plus de l'enveloppe tirée de la vente, les opérateurs américains décrocheront également des contrats de maintenance, de soutien logistique ou encore de formation. Pour les stratèges américains, renforcer le soutien militaire du Nigeria devrait accélérer la stabilisation du plus grand marché de consommation d'Afrique. En effet, fort de 170 millions de consommateurs et stratégiquement situé au bord du Sahel, le Nigeria est également le second producteur de pétrole du continent.

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