Sénégal : mobilisation record des souscripteurs à l'Eurobond

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L'opération a cumulé 4 milliards de dollars, bien avant l'ouverture des marchés nord-américains.
L'opération a cumulé 4 milliards de dollars, bien avant l'ouverture des marchés nord-américains. (Crédits : DR.)
Les marchés financiers ont répondu de manière inattendue à l'emprunt obligataire international émis par le Sénégal ce mardi 16 mai 2017. Enregistrant un volume total de 4 milliards de dollars bien avant l'ouverture des marchés nord-américains, les offres de souscriptions à l'Eurobond ont fini joliment la course avec pas moins de 7,7 milliards de dollars.

Jackpot pour l'Eurobond émis par le Sénégal sur le marché international des capitaux. Tout au long de la journée du mardi 16 mai, les investisseurs des quatre coins de la planète jouaient des coudes pour pouvoir souscrire à ces obligations souveraines, troisièmes du genre émises par l'Etat.

Mieux encore, alors que Dakar avait émis des titres obligataires d'une valeur de 1,1 milliard de dollars, les souscriptions ont vite grimpé en flèche, bien avant l'ouverture des marchés d'Amérique du Nord, atteignant dans la foulée 4 milliards de dollars, avec un taux moyen enregistré de 6,5%. A la fin de la journée, le volume des souscriptions a atteint 7,7 milliards de dollars, avec un taux final de 6,25% pour une maturité de 15 ans.

Certains experts expliquent cette montée fulgurante de l'Eurobond du Sénégal par l'attitude actuelle du marché international des capitaux qui tend à conserver les titres obligataires, majoritairement à des rendements en dessous de 5%.

Du côté du gouvernement, on ne retient que l'essentiel. «Le Sénégal réalise une bonne performance sur le marché financier international, dans un contexte incertain pour les émissions souveraines du continent africain», note-t-on dans une déclaration publique du ministère sénégalais de l'Economie, des finances et du plan, Amadou Ba.

L'objectif de cette opération d'emprunt, comme l'explique le ministre, est de mobiliser les fonds pour les projets d'infrastructure du plan «Sénégal Emergent» et ainsi, pouvoir porter le taux de croissance à 7%.

La presse internationale, elle, n'est pas vraiment surprise de cet exploit. D'après les médias, le pays a fait ces derniers temps bonne figure sur le marché financier. Pour preuve, les deux dernières obligations souveraines affichent des rendements respectivement de 4,6% (taux facial de 8,25% et arrivant à maturité en 2021), et 5,7% (taux de 6,25% et arrivant à maturité en 2024).

La dette africaine attire outre-mer

Cette performance ne sera pas bien sûr sans conséquence sur la notation du crédit souverain sénégalais : le 13 avril dernier, celle-ci est revue à la hausse par l'agence Moody's et passera ainsi de B1 positif à Ba3 (proche de la notation la plus élevée de la catégorie spéculative), avec une perspective stable

Le succès de cette opération de levée de fonds confirmerait avant tout l'intérêt croissant des investisseurs internationaux, européens et britanniques notamment, pour la dette africaine. Entre décembre 2013 et juillet 2014 par exemple, les États africains, à l'exception de la Zambie, ont réussi à lever plus de 7 milliards de dollars sur les marchés financiers internationaux, à des taux nominaux inférieurs à 7 %.

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Commentaires
a écrit le 18/05/2017 à 2:24 :
Que l'argent soit bien et que la croissance suive.

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