Industries extractives : le Niger suspendu de l’ITIE pour « progrès insuffisants »

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Au Niger où il est présent depuis une cinquantaine d'années, le groupe français AREVA exploite dans le département d’Arlit, au nord du pays, deux sites miniers, SOMAIR et COMINAK.
Au Niger où il est présent depuis une cinquantaine d'années, le groupe français AREVA exploite dans le département d’Arlit, au nord du pays, deux sites miniers, SOMAIR et COMINAK. (Crédits : Charles Platiau)
Le Niger a été suspendu de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) en raison des progrès insuffisants réalisés par le pays, notamment en termes de gouvernance dans le secteur. Le conseil d’administration de l’ITIE a donné au Niger 18 mois pour se rattraper. Une mauvaise nouvelle pour ce pays riche en ressources minières et qui ambitionne d’attirer plus d’investisseurs pour rentabiliser son potentiel.

Le Niger va devoir repasser l'examen ! En effet, le pays n'a pas pu décrocher sa première évaluation à la norme ITIE 2016, car à l'issue de son dernier conseil d'administration qui s'est tenu la semaine dernière à Manille, aux Philippines, le Niger a été suspendu de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).

La décision a été motivée par «des progrès inadéquats ou pas de progrès sur les 14 exigences de l'ITIE», selon un communiqué de l'organisation. «Le Conseil d'administration de l'ITIE a convenu que le Niger sera suspendu et devra prendre des mesures correctives pour remédier à son statut», ajoute la même source qui explique que le pays a enregistré «des progrès insuffisants pour répondre aux exigences de l'ITIE en matière d'engagement de la société civile».

En dépit de la prolongation dont ont bénéficié les autorités du pays pour mieux se préparer, il va falloir redoubler d'effort d'ici à avril 2019, date à laquelle le Niger pourra repasser son examen.

Mauvaise nouvelle pour le secteur minier

C'est la première fois que le Niger se soumet à cette évaluation depuis qu'il est devenu conforme aux règles en 2011. Il s'agit d'une mauvaise nouvelle pour le secteur minier qui risque encore de perdre en compétitivité, alors que les autorités comptent sur l'immense potentiel de son sous-sol pour rehausser ses recettes budgétaires.

Dans son évaluation, le conseil d'administration de l'ITIE a certes reconnu que le pays bénéficie de circonstances atténuantes, notamment le contexte sécuritaire qui a affecté la gouvernance du secteur. Mais cela n'expliquerait en rien les autres lacunes relevées et qui tiennent à la gouvernance interne du processus ITIE. L'organe dirigeant l'Initiative a particulièrement épinglé la faible qualité des rapports soumis par le pays.

Le secteur extractif nigérien continue à subir ces derniers temps des contrecoups défavorables à son développement. Il y a quelques semaines, c'est AREVA qui annonçait la mise en œuvre dès 2018 d'un vaste plan social dans ses filiales locales, COMINAK et SOMAIR, opérant dans l'extraction de l'uranium et dont le pays est l'un des plus grands producteurs du monde. Principale raison invoquée : la baisse persistance du prix du minerai sur les marchés internationaux depuis 2012 et l'accident nucléaire de Fukushima, une tendance qui ne devrait s'inverser, au moins, jusqu'en 2022, selon la firme française.

Avec cette mauvaise appréciation de la gouvernance de son secteur extractif, le Niger risque de refroidir les appétits des investisseurs intéressés par d'autres ressources sur lesquelles il mise pour financer son développement.

La Norme ITIE est la norme internationale pour la transparence et la responsabilité entourant les ressources pétrolières, gazières et minérales d'un pays. Lorsqu'elle est mise en œuvre, l'ITIE assure la transparence de la gouvernance des ressources naturelles d'un pays,  de l'émission des droits à la monétisation des ressources ou la façon dont celles-ci bénéficient aux citoyens et à l'économie. Elle constitue la référence phare de l'ITIE, qui vise à promouvoir «une gestion ouverte et responsable des ressources extractives».

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