La Côte d’Ivoire va émettre une obligation synthétique de 80 milliards Fcfa, une première sur le marché régional

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Konan Jacques Assahoré, directeur général du Trésor public ivoirien
Konan Jacques Assahoré, directeur général du Trésor public ivoirien (Crédits : Reuters)
La Côte d’Ivoire va procéder, le 12 septembre prochain, au lancement d’une obligation synthétique d’un montant estimé à 80 milliards de Fcfa pour le compte du Trésor public. L’opération, la première du genre sur le marché régional de l’UEMOA, va permettre au pays de combler son déficit budgétaire tout en maîtrisant l’évolution du poids de sa dette.

La Côte d'Ivoire va de nouveau recourir aux investisseurs pour lever des fonds destinés à lui permettre de boucler son budget. Cette fois, c'est sur le marché régional que le pays entend lancer des obligations synthétiques, une opération au cours de laquelle il espère de récolter 80 milliards de FCFA pour le compte du Trésor public. « Le Trésor public de Côte d'Ivoire va procéder le 12 septembre au lancement d'une obligation synthétique, évaluée à 80 milliards de francs CFA, auprès des investisseurs » a ainsi annoncé le directeur général du Trésor public ivoirien, Konan Jacques Assahoré, qui a entamé, jeudi dernier, "un road show" auprès des investisseurs potentiels.

Il faut dire que c'est à une émission assez inédite sur le marché régional que le pays recours pour cette opération. Selon les explications du directeur du trésor ivoirien, l'obligation synthétique qui est un produit structuré, est constituée de plusieurs instruments à remboursement « In Fine ». Elle se décline sous la forme d'un panier de titres de bons assimilables du trésor (BAT) et/ou d'obligations assimilables du Trésor (OAT), des titres qui sont choisis parmi les points standards de la courbe de taux. « Nous disposons d'une stratégie de mobilisation des ressources qui vise à élargir les instruments de mobilisation et jusque-là, nous avons utilisé les obligations et les bons du Trésor avec plus ou moins de succès » a expliqué le directeur du trésor public pour justifier le choix de cette opération inédite.

Selon Konan Jacques Assahoré, la Cote d'ivoire est aujourd'hui un pays émetteur de référence et à ce titre dans le cadre de la stratégie de diversification des instruments d'emprunts, il a été décidé d'explorer d'autres possibilités proposées d'où l'option d'obligations synthétiques. « C'est ce qui nous permettra de lever des montants assez consistants, contrairement aux autres instruments du marché financier de l'UEMOA ».

L'emprunt sera assorti de taux d'intérêts compris dans une fourchette de 5,70 à 6,20% sur une période de dix ans.

Boucler le budget à travers une gestion active de la dette

Selon le directeur général du Trésor publique ivorien Konan Jacques Assahoré, cette émission des premières obligations synthétiques à travers des bons et des obligations combinés sur le marché financier de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), s'inscrit dans le cadre de la « stratégie de gestion active de la dette du pays ».

Elle devrait également permettre la réduction des besoins de financement en matière de contribution du Trésor public au budget.

Dans une conjoncture assez difficile engendrée par la baisse des cours du cacao, le pays a dû faire face depuis le début de l'année à une amplification des revendications sociales et des mutineries dans l'armée. Ce qui a obligé le gouvernement à sortir le chéquier tout en rognant dans l'enveloppe consacrée à certains investissements prévus par le budget.

Afin de faire face à l'explosion des charges tout en maintenant le financement du programme national de développement (PND) sans alourdir davantage le taux d'endettements du pays qui commence à inquiéter certains analystes, le pays multiplie les sorties à l'international pour lever les fonds nécessaires.

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