Bannière chaine partenaires NCDS

Doing Business 2018 : l’environnement des affaires s’améliore au sud du continent

 |   |  1455  mots
Dans la partie Afrique subsaharienne du «Doing Business» 2018, c'est le Kenya qui arrive en tête des pays qui ont engagé le plus de réformes au cours des deux dernières années.
Dans la partie Afrique subsaharienne du «Doing Business» 2018, c'est le Kenya qui arrive en tête des pays qui ont engagé le plus de réformes au cours des deux dernières années. (Crédits : Reuters)
Pour la deuxième année consécutive, les économies de l'Afrique subsaharienne détiennent le record du nombre de réformes mises en œuvre pour améliorer le climat des affaires, selon la 15e édition du rapport «Doing Business» de la Banque mondiale. Dans cette édition publiée ce mardi 31 octobre, le Malawi, le Nigéria et la Zambie arrivent en tête des pays réformateurs en se hissant dans le top 10 mondial, même si de manière générale, les premiers de la classe dans la catégorie reste le Rwanda, le Kenya et de Maurice. Détails sur les faits saillants du rapport.

Il est de plus en plus facile de faire des affaires dans les économies d'Afrique subsaharienne. Les pays de la région ont en effet maintenu leur dynamique de mise en œuvre de réformes destinées à améliorer l'environnement des affaires, selon l'édition 2018 du «Doing Business», publiée ce mardi 31 octobre. Pour la deuxième année consécutive, ces pays de l'Afrique subsaharienne ont détenu le record du nombre de réformes comme en fait cas la 15e édition du classement de l'IFC, une des filiales de la banque mondiale dédiée au secteur privé.

Dans le détail, il ressort que le nombre total de réformes introduites l'an dernier est de 83 contre 80 l'année précédente, ce qui porte à 798 le nombre de réformes enregistrées ces quinze dernières années dans les 48 économies de la région couvertes par le rapport qui mesure la facilité de faire des affaires pour les PME du monde entier. «L'Afrique subsaharienne est globalement la région la plus représentée dans le classement 2018 des pays les plus réformateurs», souligne le rapport.

«Les efforts de réforme de l'Afrique subsaharienne méritent largement d'être soulignés quand on sait que la région est le théâtre de multiples crises et que de nombreux pays sont en proie aux conflits et aux violences. Nous espérons que cette dynamique vertueuse en faveur de l'esprit d'entreprise se poursuivra, car elle est essentielle pour relever le défi de la création d'emplois, notamment pour les millions de jeunes hommes et femmes que compte la région», explique Rita Ramalho, directrice par intérim du Groupe des indicateurs mondiaux de la Banque mondiale.

Le Malawi, le Nigéria et la Zambie en tête des réformateurs en 2018

Pour cette édition, trois pays africains se sont même hissés dans le top 10 des pays les plus réformateurs au monde. Il s'agit du Malawi, du Nigéria et de la Zambie. Au Malawi, par exemple, les quatre réformes mises en œuvre ont sensiblement amélioré l'obtention de prêts, grâce à l'adoption d'une nouvelle législation qui définit clairement les règles de faillite et à la création d'un bureau de crédit. Au Nigéria, où le président Buhari s'est personnellement impliqué dans le renforcement de la compétitivité du pays qu'il a inclus parmi les chantiers prioritaires de son mandat, les améliorations ont porté à la fois sur l'obtention de prêts, le bureau de crédit autorisant désormais les emprunteurs à consulter leurs dossiers, et sur la création d'entreprises, l'introduction de timbres fiscaux électroniques ayant accéléré l'enregistrement des documents. Pour la Zambie, c'est les progrès enregistrés dans l'obtention de prêts, l'adoption d'une loi sur les biens meubles et la création d'un registre des nantissements qui expliquent la présence dans le trio de tête des pays africains les plus réformateurs.

Selon le «Doing Business» 2018, depuis la dernière édition parue l'année dernière, l'essentiel des efforts de réforme en Afrique subsaharienne a porté sur le commerce transfrontalier et la création d'entreprises, devant l'obtention des permis de construire. La région étant d'ailleurs à l'origine de 64 % des réformes mises en œuvre dans ce secteur dans le monde. La Zambie a par exemple introduit un système douanier automatisé pour faciliter les échanges transfrontaliers, une amélioration à laquelle ont contribué l'Angola et le Mozambique en renforçant leurs infrastructures portuaires.

D'autres pays se sont également distingués durant cette période en adoptant et en publiant en ligne les réglementations relatives à la construction. Des pays comme le Bénin, le Cap-Vert, le Gabon, le Ghana, le Niger, le Nigéria, la République démocratique du Congo et les Seychelles ont ainsi rendu l'obtention des permis de construire plus transparente. De son côté, l'Angola a également progressé sur ce front en améliorant le système de dépôt des permis de construire et en raccourcissant le processus, rapporte le rapport.

Le Rwanda, le Kenya et Maurice toujours premiers de la classe

Avec six réformes introduites l'an dernier, c'est le Kenya qui détient le record régional. Le pays a entre autres simplifié la création d'entreprises en réduisant le nombre de procédures d'enregistrement et grâce à un guichet unique qui facilite la présentation des documents pour les importations, a raccourci les délais de traitement. De même, les investissements réalisés dans les lignes de transport d'électricité et les transformateurs ont permis d' améliorer la fiabilité de l'approvisionnement. Le pays a mis sur pied une plateforme électronique (itax) permettant aux entreprises de déclarer et de payer en ligne leurs impôts.

La Mauritanie, le Nigéria, le Rwanda et le Sénégal ont également introduit chacun cinq réformes. Le Rwanda qui occupe la deuxième place du classement relatif au transfert de propriété, derrière la Nouvelle-Zélande, a encore simplifié les procédures avec la création d'une plateforme électronique, ce qui a permis de ramener les délais de mutation à seulement sept jours, constate l'édition 2018 du «Doing Business».

Au Sénégal, l'introduction de règles plus strictes pour les audiences préliminaires qui a permis de réduire le temps de résolution des litiges commerciaux et désormais, les délais d'exécution des contrats y sont par ailleurs passés de 925 à 740 jours. Enfin, ajoutent les auteurs du rapport, la baisse des frais notariés pour la constitution d'une société et des frais de transfert de propriété ont permis de diminuer les coûts liés à la création d'une entreprise et à la cession d'un bien.

En tête du classement régional, Maurice a mis en œuvre quatre réformes portant notamment sur la sous-traitance de la conception et des travaux de raccordement aux égouts, ce qui a permis d'accélérer les délais d'obtention d'un permis de construire, et sur la facilitation du commerce transfrontalier. Le pays a également simplifié le transfert de propriété en réduisant les frais de mutation, en introduisant un dispositif de recours et en publiant les normes de service, poursuit la même source.

Dans le classement mondial relatif à la facilité de faire des affaires, Maurice se classe au 25e rang mondial, devant le Rwanda (41) et le Kenya (80) qui sont les trois économies les plus performantes de la région.

De manière générale et depuis la première édition du rapport «Doing Business», la simplification des procédures de création d'entreprises a été au cœur des priorités de la région, avec 163 réformes introduites dans ce domaine. En 2003, par exemple, créer une entreprise en Afrique subsaharienne prenait en moyenne 61 jours et aujourd'hui, les délais sont passés à 24 jours, à peine plus que la moyenne mondiale qui est de 20 jours. Sur le plan de l'exécution des contrats, le Rwanda est lui parvenu à ramener la durée de résolution d'un litige commercial de 395 jours en 2003 à 230 aujourd'hui.

En Afrique du Nord, c'est le Maroc qui arrive en tête des pays de la région et par la même occasion réalise un grand bond dans le classement en se hissant à la 69e place, confortant, ainsi l'ambition des autorités du pays de s'incruster dans le top 50 mondial d'ici quelques années. L'Algérie se pointe par exemple à la 166e place.

L'accès à l'énergie, la partie sombre du tableau

Malgré ces belles performances, le climat des affaires reste encore terni par certains points noirs au tableau parmi lesquels le raccordement à l'électricité qui «reste l'un des grands points faibles de l'Afrique subsaharienne». Il faut  en moyenne encore 115 jours pour accéder à l'électricité, contre une moyenne mondiale de 92 jours.

Au niveau mondial, le rapport «Doing Business» publié cette année sous le thème des «réformes pour créer des emplois» a recensé 264 réformes de l'environnement des affaires dans 119 pays depuis la précédente édition. «La création d'emplois fait partie des avancées porteuses de transformations que les pays et leurs habitants peuvent réaliser dès lors que l'on permet au secteur privé de se développer. Des règles équitables, efficaces et transparentes, comme les défend le rapport "Doing Business", améliorent la gouvernance et endiguent la corruption», a affirmé Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale. La Nouvelle-Zélande, Singapour et le Danemark continuent d'occuper les trois premières places du classement 2018 relatif à la facilité de faire des affaires.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/11/2017 à 20:24 :
Oui dans l'ensemble cela s'améliore , les autres aussi. Il ne faut pas se glorifier sur les 40 derniers du classement 29 sont des pays africains -soit 72% des 40derniers- triste record partagé avec l'Afghanistan, Haïti et le Venezuela ....
Singapour toujours deuxième et toujours une indépendance acquise en 1955 ....soit quasiment en même temps que nous , dur de rattraper autant d'écart pourtant ce pays partait avec tellement d'handicaps que personne n'aurait parier sur lui.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :