L'Afrique du Sud ne lâche rien sur le renforcement de son nucléaire civil

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Pretoria ne semble pas vouloir lâcher l'affaire sur la construction de nouvelles centrales nucléaires et pourrait tenter la carte de la Banque mondiale pour les financer.
Pretoria ne semble pas vouloir lâcher l'affaire sur la construction de nouvelles centrales nucléaires et pourrait tenter la carte de la Banque mondiale pour les financer. (Crédits : Reuters)
Le gouvernement sud-africain ne semble pas avoir enterré son projet de renforcement du nucléaire civil. Le sujet aurait mobilisé une partie des discussions entre l’exécutif et la mission de la Banque mondiale lors d’une réunion tenue le 3 novembre dernier. Un projet qui a initié la rupture entre Jacob Zuma et Parvin Gordhan.

Lors de la réunion entre le ministère des Finances sud-africain et les représentants de la Banque mondiale, qui s'est tenue le 3 novembre dernier, une partie des discussions ont porté sur l'état financier d'Eskom Holding et de la South African Airways.

Un projet source de discorde

Les discussions sur Eskom concernaient les options de financement disponibles à cette compagnie d'électricité publique, le principal fournisseur d'énergie en Afrique du Sud. Le groupe a rappelons-le, lancé un processus visant à renforcer sa capacité de production d'énergie nucléaire de 9.600 MW, un projet porté à bout de bras par l'administration Zuma et qui a suscité de vives critiques.

La viabilité économique de ce projet a pour rappel cristallisé les tensions entre Jacob Zuma et l'ex-locataire des Finances Pravin Gordhan, ce dernier jugeant le schéma financier de ce renforcement de la production nucléaire incompatible avec la situation économique du pays. Le bras de fer entre les Zuma et Gordhan a débouché sur l'interruption du projet en avril dernier, suite à la décision d'un tribunal provincial qui a jugé la procédure gouvernementale pour le renforcement du programme nucléaire non conforme.

Le limogeage de Gordhan fait suite à la polémique des Guptas et le choix de ce dernier de critiquer ouvertement les liens entre l'entourage présidentiel et les businessmen, puis de se ranger du côté des banques lors de la bataille juridique entre les établissements souhaitant fermer les comptes liés aux Gupta, alors que la présidence s'est rangée du côté des Guptas.

Zuma ne lâche pas l'affaire

La nomination du fidèle Malusi Gigaba en remplacement du frondeur Gordhan a été perçue comme une mise au pas du Trésor. Il n'empêche que ce dernier a déclaré en octobre dernier que le pays ne pouvait se permettre la construction de nouveaux réacteurs avant 5 ans et que le réseau ne nécessitait plus de capacité de base ou continue. Ce dernier a confirmé que le nucléaire restait une composante non négligeable du mix énergétique sud-africain mais que son renforcement reste optionnel.

Le Banque mondiale a de son côté déjà soutenu des projets menés par Eskom. Une relation qui a connu des turbulences suite à la découverte par les experts de l'institution des cas de non-conformité dans l'octroi d'un prêt de 3,75 milliards de dollars au service public pour la construction d'une centrale au charbon dans la zone de Medupi. Une unité de production dont la mise en place n'a pas pris en compte les impacts sur la nappe phréatique.

L'image d'Eskom a également été écornée par les révélations sur liens entre les clans Gupta et Zuma, notamment sur des marchés qui auraient été attribués de manière douteuse à des entreprises liées à la richissime famille indienne. Il n'empêche que le ministère de l'énergie a annoncé son intention de revoir le processus de renforcement de ses capacités en énergies nucléaires de manière à corriger les irrégularités ayant justifié la décision de justice d'avril dernier.

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