Électrification (2/3) : Borloo veut illuminer son continent de cœur

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(Crédits : DR)
En coulisses ou à découvert, Jean Louis Borloo oeuvre depuis plus de deux ans à un projet d'accès universel à l'électricité sur le continent. L'ancien ministre français de l'Ecologie veut équiper et connecter la totalité du continent à l'électricité.

Lorsque Jean Louis Borloo se lève de son lit d'hôpital où il avait été cloué par une pneumonie aiguë, il revêt son costume d'Africain et annonce une idée qui électrise au-delà de l'Afrique. L'ancien ministre français de l'Ecologie veut apporter de l'électricité à tous (si si, TOUS) les Africains d'ici 2025. Pour diffuser les lumières de son projet, JLB a mis en place en 2014, le Fonds de soutien à l'électrification de l'Afrique (FSEA) avec pour objectif de réunir les fonds nécessaires pour financer les équipements qui vont ensuite apporter l'électricité à tout un continent.

 En Afrique, 650 millions de personnes vivent dans le noir dès le coucher du soleil

L'accès à l'électricité, une "urgence sociale"

Pour comprendre la portée titanesque de ce projet, il faut d'abord se pencher sur ces chiffres qui donnent le tournis. Sur un continent vaste de 30 millions de kilomètres abritant une population de 1,1 milliard d'habitants, appelée à passer à 2,5 milliards à l'horizon 2050, deux-tiers des habitants soit 650 millions de personnes vivent dans le noir dès le coucher du soleil !

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 Alors pour chasser des esprits l'étiquette de chimère apposée au projet, le FSEA, pointe " urgence sociale" à agir. "Pour que les enfants puissent faire leurs devoirs le soir, pour que les femmes cessent d'accoucher dans le noir, pour que la jeunesse d'Afrique envisage un futur prospère sur son propre continent, il faut que l'accès à l'électricité », détaille le projet sur son site. Pour en activer la dynamo, l'ancien ministre a revêtu sa robe d'avocat pour plaider la cause du continent. Il sort aussi son carnet d'adresses pour faire sortir les chèques.

Depuis 2014 donc, Jean Louis Borloo arpente les chemins des grandes capitales européennes et africaines à la recherche de financements et de soutiens. Résultat, 750.000 kilomètres parcourus, une quarantaine de chefs d'Etat africains rencontrés, des actions de diplomatie auprès des institutions européennes et américaines, du lobbying auprès des fonds du golfe, d'Inde et même de Chine.

Développement de l'Afrique, croissance de l'Europe

Et le résultat se fait jour. Le FSEA obtient de la commission européenne, une enveloppe de 3 milliards d'euros de subvention par an pendant 15 ans. Par effet d'entraînement, le FSEA obtient aussi le soutien de l'Union africaine, du G20, du parlement français, d'une trentaine de grands groupes mondiaux, ce qui devrait générer le reste du financement sous forme de prêts classiques. Au total il faudrait 250 milliards d'euros pou réaliser le projet.

Une augmentation de 5 à 15% de la croissance africaine boostera la croissance du vieux continent de 2%.

Il faut noter que l'argument démographique a été lourd dans la balance qui a fait pencher le soutien des occidentaux. « L'Afrique, 1,2 milliards d'habitants, devra nourrir, former, loger, soigner, employer, 1 milliard de nouveaux habitants d'ici 30 ans. À cette date un quart des actifs de la planète seront africains, population la plus jeune du monde, un atout pour le continent mais aussi un défi redoutable ». En résumé, si rien n'est fait, le continent serait déstabilisé et d'importantes vagues migratoires se presseraient aux portes de l'Europe.

Les effets de l'accès à l'énergie pour la croissance en Afrique

Infographie: www.energiespourlafrique.org

"L'énergie permet l'accès à l'eau, à la santé, à l'éducation, à l'agriculture, l'emploi de service et à l'emploi industriel, à la sécurité et à l'équilibre du territoire", note encore le FSEA qui détaille les lignes d'un projet qui aura des répercussions positives pour l'Europe. Une augmentation de 5 à 15% de la croissance africaine boostera la croissance du vieux continent de 2%.

L'ampoule du projet d'électrification de l'Afrique porté par Jean Louis Borloo devrait s'allumer début 2017. Le secrétaire général du FSEA devrait ensuite prendre ses fonctions et piloter le projet. Depuis son bureau du VIIIè arrondissement, l'avocat d'affaires, qui se présente comme un Africain de cœur, reprendra ses activités après avoir passé le relais. De là, il observera peut-être les lumières s'illuminer dans les foyers de son continent de cœur.

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