Automobile : depuis le Maroc, PSA voit grand en Afrique

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Pour Carlos Tavares, président du directoire de PSA: Le prix de revient d'un véhicule dépend à 80% des pièces achetées, ce qui veut dire que la compétitivité de la production dépend de celle du site d'assemblage.
Pour Carlos Tavares, président du directoire de PSA: "Le prix de revient d'un véhicule dépend à 80% des pièces achetées, ce qui veut dire que la compétitivité de la production dépend de celle du site d'assemblage". (Crédits : © Gonzalo Fuentes / Reuters)
Le géant de l’automobile français PSA nourrit de grandes ambitions pour son unité de production actuellement en construction au Maroc. Cette usine qui devrait démarrer la production en 2019 fait figure de locomotive industrielle de PSA en Afrique. Un site qui sera épaulé par d’autres unités de montage au Kenya, au Nigeria ou encore en Ethiopie qui seront chargé de monter des kits de véhicules en provenance du Maroc pour éviter les barrières douanières que subissent les importations de véhicules assemblées dans plusieurs pays africains.

Le constructeur automobile français PSA vient de présenter l'état d'avancement du chantier de son usine marocaine. Situé à Kénitra (Ouest du Maroc à 50 km de la capitale Rabat), ce chantier devrait être livré en 2019, avec une capacité de production estimée à 90.000 véhicules/an au démarrage et de 200.000 unités une fois que l'unité aura atteint son rythme de croisière. La production de cette usine devra être à 80% destinée à l'export.

1 million de véhicules entre l'Afrique et le Moyen Orient

« Par cette implantation, le groupe PSA démontre sa volonté de se développer au Moyen Orient et en Afrique via cette base marocaine. Une zone où nous comptons atteindre 1 million de véhicule produits à l'horizon 2025 », précise Carlos Tavares, président du directoire de PSA. Pour atteindre la barre du million, le management de PSA compte s'appuyer en grande partie sur le site marocain en construction pour l'Afrique et sur une unité située en Iran pour le Moyen Orient.

« La philosophie du groupe PSA est de produire au niveau local, ce que nous vendons localement. Dans le local nous voulons dire maintenant l'Afrique et le Moyen Orient, cette approche nous permet de nous protéger des fluctuations du marché, de réduire le coût logistique et d'éviter certaines barrières douanières », explique le président de PSA.

Pôle industriel profond

Au niveau africain, le site de Kénitra désigné comme « pôle industriel profond » par le constructeur devrait être épaulé par des unités d'appoints au niveau continental, spécialisées dans l'assemblage final. Ces unités visent à optimiser la rentabilité de la production et de réduire la pression fiscale sur le groupe. Dans cette architecture le site marocain est appelé à développer sa part d'intégration locale qui devrait se situer entre 65 et 80%.

« Nous avons implanté un certain nombre de points de transformation de kits et de véhicules en Afrique subsaharienne. Nous avons déjà lancé des projets en Ethiopie et au Kenya, nous comptons également des actifs au Nigeria et dans de nombreux points du continent. Il est donc tout à fait probable, voire certain, que nous expédierons depuis le site de Kénitra de nombreux véhicules assemblés et nous aurons aussi la possibilité d'expédier des kits de véhicules qui seront assemblés dans les points finaux pour justement faire en sorte qu'ils arrivent au consommateur avec un niveau de prix de vente qui soit compétitif par rapport à la concurrence. En clair nous avons un potentiel d'exportations des véhicules en kits depuis le Maroc qui est plus important que celui pour les véhicules assemblés, vu que dans certains pays africains, l'exportations de véhicules complets est barrée par des niveaux de taxes à l'importation qui restent dissuasifs et de fait tuent toute capacité à faire du business avec des véhicules assemblés », détaille Tavares.

Écosystème et intégration locale

Le complexe industriel marocain de PSA se démarque également par l'écosystème qui se développe autour. Le constructeur bénéficie en effet, d'un tissu d'équipementiers qui devrait représenter 60% d'intégration locale au démarrage et de 80% à terme. Le gouvernement marocain a par ailleurs, conclu un accord avec PSA, dont l'objectif principal est d'atteindre 20 milliards d'euros d'achats de pièces au Maroc. Le sourcing de PSA au Maroc se situe actuellement à 646 millions d'euros.

Niveau production, le constructeur français n'a toujours rien filtré sur les modèles qui seront produit dans l'usine de Kenitra. Interrogé par La Tribune Afrique, sur un retour de la mythique Peugeot 504 via l'unité en construction, le top management de PSA est resté évasive sur la question. « La 504 est un modèle emblématique qui demeure dans l'ADN du goupe, nous comptons nous en inspirer pour les modèles à venir », confie Carlos Tavares, président du directoire de PSA.

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Commentaires
a écrit le 08/07/2017 à 11:03 :
Sans revenir aux 504, il serait normal que PSA retrouve une place en Afrique qu'il a abandonné au profit des extrêmes orientaux. le pick-up 4X4 est certainement le véhicule le plus utile en Afrique. il est nécessaire par contre de le rudimentariser afin que la maintenance soit possible partout comme l'ont été les 404 Peugeot de la période postcoloniale. En Ethiopie , à Harar, tous les taxis bleus sont des 404 et 504 datant de plus de 30 ans.

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