Côte d'Ivoire : Touré-Litsé éjectée de son poste de DG du Conseil du café-cacao

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Yves Brahima Kone, alors DGA du Conseil Café-Caca, salué par Massandjé Touré-Litsé, la DG du Conseil, lors de la cérémonie de départ organisée le 8 mai 2012 en l'honneur de Koné, qui partait alors vers de nouvelles fonctions.
Yves Brahima Kone, alors DGA du Conseil Café-Caca, salué par Massandjé Touré-Litsé, la DG du Conseil, lors de la cérémonie de départ organisée le 8 mai 2012 en l'honneur de Koné, qui partait alors vers de nouvelles fonctions. (Crédits : CCC)
Les autorités ivoiriennes viennent d'annoncer la nomination de Yves Brahima Koné à la tête de la filière cacao, en remplacement de Massandjé Touré-Litsé, critiquée pour sa gestion de la crise qui secoue le secteur. Le gouvernement a expliqué que sa décision n'est aucunement justifiée par une motivation politique.

Massandjé Touré-Litse n'est plus la directrice générale du Conseil du café-cacao (CCC). La désormais ex-patronne a été immédiatement remplacée par Yves Brahima Koné, anciennement vice-président de l'ancien comité de gestion de la filière café-cacao (CGFCCC).

L'information a été apportée par le porte-parole du gouvernement ivoirien Bruno Koné qui a expliqué que cette décision est motivée par une volonté des dirigeants du pays de donner un nouveau souffle au CCC.

«Le secteur a connu des difficultés. Toutes ces difficultés n'ont pas été adressées de la meilleure façon par les dirigeants ... Le gouvernement voulait insuffler une nouvelle dynamique dans ce secteur très important qui représente 40% de l'économie ivoirienne», a déclaré le porte-parole.

Il révèle ainsi la position du gouvernement sur les accusations faites à la désormais ex-directrice générale du CCC.

Alors que le secteur subit une crise des prix sur le plan mondial, avec depuis la fin d'année 2016 des producteurs locaux qui n'arrivent plus à écouler leurs récoltes, le Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d'Ivoire (SYNAP-CI) dénonce le non-respect des prix minimums d'achat fixés par le gouvernement. En avril 2017 son avocat, Me Mamadou Lamine Diarrassouba, avait déjà sévèrement contesté la gestion du CCC pour «ses dérives et l'opacité de sa gestion».

Les producteurs indexaient particulièrement la gestion du fonds de réserves techniques mis sur pied pour supporter la chute des cours et qui s'élevait à 170 milliards de francs CFA en 2016 que le CCC n'avait pas débloqués au moment opportun, lorsque la crise battait son plein.

Par ailleurs, selon certains médias, le gouvernement était contraint de prendre une telle décision après avoir reçu le rapport d'étude du cabinet KPMG. Celui-ci devait faire un audit de la filière qui révèle, dans sa première partie transmise au président Alassane Ouattara, des dettes d'opérateurs pour des contrats non exécutés évalués à 65 milliards de francs CFA.

Un leadership opposé à celui de Massandjé Touré-Litsé

La nomination de Yves Brahima Koné est une manière d'essayer un nouveau leadership au sommet du CCC, un leadership opposé à celui de l'ex-patronne. Les deux responsables se connaissent bien pour avoir déjà travaillé ensemble. Le nouveau directeur général a été l'adjoint de Massandje Touré-Litsé au Comité de gestion de la filière café-cacao (CGFCCC). Yves Brahima Koné quittera ensuite le Comité pour des raisons de divergence avec sa patronne. Celle sera appelée à diriger le nouveau CCC qui succède au CGFCCC, alors que Koné est élu député et président de la commission économie et finance du Parlement pendant la législature 2011- 2016. Son retour dans la filière cacao signifie pour beaucoup, en effet, un nouveau départ avec une autre manière de procéder, qui serait aussi motivé par la politique.

La décision d'affectation de Koné à son nouveau poste est intervenue dans le sillage d'une série de nominations annoncées ces dernières semaines à la tête des administrations et sociétés d'Etat. Cette démarche viserait une tentative de reprise en main de l'Etat par le pouvoir, à trois ans de l'élection présidentielle. Bruno Koné, contrairement à ce que beaucoup d'observateurs ont laissé entendre, a expliqué qu'il n'en était rien.

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