La FAO préconise une agriculture moderne comme remède au chômage en Afrique

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(Crédits : Reuters)
Rome a accueilli, hier dimanche 2 juillet, une réunion conjointe entre les Commissions de l'Union africaine et européenne. Au menu de cette rencontre et en prélude au prochain Sommet Afrique-UE à Abidjan, la lutte contre le chômage des jeunes africains en milieu rural. Les conclusions qui ont sanctionné ce rendez-vous préfigurent beaucoup d’espoirs.

Plusieurs ministres de l'agriculture des Etats membres de l'Union africaine et de l'Union européenne ont pris part à cette réunion qui s'est déroulée hier 2 juillet à Rome. Co-organisée par la Commission de l'Union africaine, la Commission européenne et la Présidence estonienne du Conseil européen, la rencontre avait comme objectif d'élaborer une stratégie commune afin de « générer des emplois durables et inclusifs pour la jeunesse africaine dans le secteur rural » comme le souligne le Directeur général de la FAO qui a également pris part à cette rencontre conjointe dans la capitale Italienne. Selon José Graziano da Silva « le chômage des jeunes devrait figurer au cœur de toutes les stratégies destinées à relever les défis économiques et démographiques inhérents au continent africain ». Outre ce constat, d'autres diagnostics ont été faits.

L'agriculture, un secteur sous exploité en Afrique

Ce n'est plus un secret pour personne, l'agriculture est un outil efficace pour lutter contre le chômage des jeunes, notamment en Afrique. Elle assure d'ailleurs la subsistance de près de 70% de la population africaine mais elle demeure toujours un secteur sous exploité. Si en Afrique les stratégies pour l'émergence du secteur agricole se multiplient, les écarts entre les résultats obtenus et les résultats escomptés ne cessent de se creuser. Ce n'est pas la volonté politique qui manque puisque tous les pays du continent en ont conscience, c'est plutôt le manque de compétences, les faibles salaires et l'accès restreint à la terre et aux services financiers qui annihilent les efforts que fournissent les pays africains pour promouvoir l'agriculture durable au profit des jeunes sur le continent. Parmi les millions de jeunes africains qui se sont rués vers l'agriculture ces dernières cinq années, nombreux sont ceux qui sont aujourd'hui déçus par les petites opportunités qu'offre le secteur. Seulement, ces perceptions négatives ne découragent guerre la FAO qui propose cinq solutions pour réduire la pauvreté et créer de vrais emplois pour les jeunes africains.

Les recommandations de la FAO

Il s'agit dans un premier temps d'impliquer davantage « la jeunesse dans l'agriculture et dans le processus de développement rural ».  Dans la même perspective, la FAO préconise la participation des jeunes et leur encadrement au sein des organisations de producteurs et des autres institutions rurales afin de les autonomiser. Selon Graziano da Silva « c'est en impliquant totalement les jeunes que nous serons en mesure de parvenir à un monde durable. Ils doivent se sentir intégrés et croire en la possibilité d'un monde pacifique et prospère ». Il sera ensuite question, selon toujours la FAO, « de stimuler les investissements dans le secteur privé afin de créer un secteur agricole moderne et dynamique et des chaînes de valeur ». L'objectif visé ici est de chasser de la tête du jeune agriculture africain l'image du paysan pauvre avec son matériel rudimentaire. Un combat qui nécessite la construction d'infrastructures modernes agricoles et l'injection d'investissements massifs dans le secteur agricole.

« S'en suivra la nécessité de fournir aux zones rurales de meilleurs services tels que l'électricité, l'éducation et la santé », selon toujours  la FAO qui soutient de nombreux programmes ciblant les jeunes en milieu rural sur le continent noir, notamment au Nigéria, où elle contribue à l'élaboration d'un plan appelé Programme national pour l'emploi des jeunes dans l'agriculture.

Les conclusions de cette réunion ne seront pas rangées dans les tiroirs. Elles feront l'objet d'une présentation lors du prochain sommet Afrique-UE à Abidjan, la capitale ivoirienne, au mois de novembre

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Commentaires
a écrit le 03/07/2017 à 14:51 :
"de stimuler les investissements dans le secteur privé "

En france avant cette modernisation de l'agriculture les agriculteurs représentaient 12% de la population active tandis que le chomage était à 0, depuis cette "modernisation" la part de la population active des agriculteurs a dégringolé tandis que le chomage lui est à plus de 10%.

Les chiffres sont là mais l'oligarchie a besoin de travailleurs esclaves pour alimenter son business dont elle est seule à tirer profit.

Ce serait dommage de recommencer des erreurs qui nous content terriblement chers mais les médias de masse servent à ça, à oublier les erreurs de l'oligarchie étant donné que ces erreurs lui profitent tellement.

Alors si vous ne voulez pas penser à l'humain et lui éviter cet esclavagisme, pensez au moins à la planète qui meure de notre agriculture intensive dont l'essentiel de la production ne sert pas à nourrir la planète mais les laboratoires pharmaceutiques et autres industrie chimiques.

L’agriculture sans traitements chimiques devrait être la règle mais comme faisant perdre des milliards aux actionnaires de l'agroalimentaire n'est pas et ne sera jamais à l'ordre du jour de nos politiciens à la botte de ces ces gens là.

Si vous validez l'agro-industrie dans 10 ans elle vous éjectera de chez vous.

L'afrique est une terre de fléaux mais ceux qu'on peut éviter autant les éviter mais peut on éviter le néolibéralisme de part la toute puissance économique des ses protagonistes ? Voilà une question aussi cruciale qu'inquiétante.
a écrit le 03/07/2017 à 14:06 :
faut qu'ils en profitent tant qu "ils ne sont pas "polués" pars les écolos et la technocratie comme en Europe

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