Togo : le gouvernement mobilise les bailleurs locaux pour financer l'agriculture

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(Crédits : Reuters)
Afin d'appeler à plus d'investissements dans l'agriculture au Togo, les autorités du pays ont réunis ce mardi au palais de la présidence, les responsables de banques et institutions financières diverses à l'occasion d'une séance de travail. L'agriculture bénéficie très peu du soutien des banques sur le territoire togolais.

Ce mardi 18 avril 2017, à la présidence de la République, le parking était rempli. Plusieurs véhicules, un peu plus d'une vingtaine, s'est ajoutée au nombre habituel de voitures. Des responsables de banques et institutions financières multilatérales étaient conviés à une séance de travail portant sur l'investissement des banques dans le secteur agricole. Outre la présence des banques togolaises ou étrangères à la rencontre, étaient également présents des responsables des institutions financières multilatérales dont la Banque africaine de développement (BAD) et de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO). Le top management de l'Agence française de développement (AFD), était aussi représenté.

L'investissement dans l'agriculture, une action indispensable

Les statistiques présentées par le gouvernement togolais sont sans appel. L'Agriculture togolaise ne bénéficie que de 1% des ressources des institutions financières du pays. Ce faible taux d'investissement a pour conséquence une faible productivité malgré la disponibilité des terres et des ressources humaines. Le gouvernement, à travers la séance de travail avec les 19 banques opérant au Togo et les partenaires financiers, a permis de sensibiliser ces institutions à plus d'implication dans la promotion du secteur agricole.

« Nous avons été bien sensibilisé. Il faudrait que la réflexion soit maintenue et se traduise par des actes concrets, avec des évaluations périodiques pour nous permettre d'atteindre des objectifs qui ont été fixés », a confié Victor Ehe, directeur général de la Société interafricaine de banque (SIAB-Togo).

Une démarche des banques à laquelle la BAD compte bien contribuer. « Nous avons rassuré les banques commerciales que la BAD sera à leurs côtés pour lever avec le gouvernement, les goulots d'étranglement », a déclaré Serge-Marie N'Guessan, représentant résident de la BAD au Togo. A l'instar de la BAD ou de la SIAB, les responsables d'institutions financières présents à la réunion de travail ont clairement montré l'engagement de leurs structures à accompagner le secteur agricole togolais.

Le gouvernement est conscient de leur importance pour l'éclosion du secteur. Pour le ministre de l'agriculture, le colonel Ouro Koura Agadazi, les actions du gouvernement auront une « portée limitée » si le secteur financier n'est pas impliqué.

« Les institutions financières doivent occuper leur place pour le financement du secteur agricole au Togo... Nous devons travailler en vue de mettre en place, une feuille de route pour lever les goulots d'étranglement, afin de favoriser l'investissement du secteur financier », a expliqué le ministre.

Présente aux côtés de son collègue, la ministre en charge du développement à la base et la jeunesse, et directrice de cabinet du chef de l'Etat, Victoire Dogbé, n'a pas hésité à se servir des exemples de réussite parmi les jeunes pour mobiliser les banques.

« Nous devons changer notre regard sur l'agriculture. Elle reste un levier essentiel de promotion, de la création de richesse, de la croissance et du développement inclusif au Togo », a insisté Victoire Dogbé.

Selon elle, les responsables d'institutions financières doivent considérer le secteur agricole comme le secteur dans lequel il faut investir.

Agriculture et richesse

Malgré le peu de financement à la disposition du secteur agricole, les agriculteurs ne cessent de produire avec le peu de moyen dont ils disposent, de la richesse pour le Togo. D'après les chiffres du ministre de l'agriculture, constituant 40% du PIB du pays, le secteur fournit plus de 20% des recettes d'exportation et emploie 75% de la population active et plus de la moitié de la population totale. Selon la banque mondiale, ces cinq dernières années, l'agriculture au Togo a assuré pratiquement 30% de l'activité économique.

Cette incidence financière du secteur agricole ne peut pas s'affaiblir. Malgré la forte urbanisation en cours, près de 60% de la population togolaises vit toujours dans les campagnes et plus de 65% (2,8 millions sur 4,2 millions) des familles rurales sont pauvres. Afin de contribuer au développement des activités agricoles, la Banque mondiale et le Programme mondial pour l'agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP), ont appuyé le gouvernement togolais dans son Projet d'appui au secteur agricole (PASA). Celui-ci a permis de venir en aide à 14.000 petits exploitants agricoles et 3.300 éleveurs et à améliorer leurs niveaux de vie. Mais ce sont des activités qui auraient pu se développer encore plus si les institutions financières du pays s'étaient plus engagées.

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Commentaires
a écrit le 20/04/2017 à 13:43 :
Pour les bailleurs, les Togolais n'ont qu'à s'adresser à l'Assemblée nationale française, y en a même qui dorment carrément après avoir passé la nuit à faire la fête ou, disent-ils, à écrire un nouveau chapitre de leur bouquin :-)

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