Terrorisme : Déby conteste le « Muslim ban » de Trump sur le Tchad

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Le président tchadien Idriss Déby Itno.
Le président tchadien Idriss Déby Itno. (Crédits : Reuters)
Mis au ban par Washington pour la mollesse supposée de sa participation à la lutte antiterroriste, Idriss Déby a tenu à apporter un «démenti formel» aux allégations. Depuis fin septembre dernier, dans le cadre du «Muslim Ban» de Donald Trump, les ressortissants du Tchad ne peuvent plus séjourner aux Etats-Unis pour des raisons de sécurité. L’officier-président dont le pays est très engagé dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel et une partie de l’Afrique centrale, a saisi l’occasion du sommet de la CEMAC pour apporter une réponse à ce débat.

Idriss Déby n'a pas eu à batailler pour obtenir l'inscription dans le communiqué final du sommet de la CEMAC, un appel à destination des Etats-Unis pour lever l'interdiction d'entrée aux ressortissants tchadiens sur le territoire américain.

Déby conteste l'interdiction des Etats-Unis...

Mais à titre personnel, le locataire du Palais Rose de N'Djamena a tenu à se prononcer sur cette interdiction de séjour qui frappe ses concitoyens depuis que l'Administration Trump a placé son pays sur une liste de pays frappés de la même sanction. Et ses propos vont plutôt dans le sens d'un démenti formel apporté aux officiels américains qui critiquent la mollesse de l'engagement du Tchad dans la lutte contre le terrorisme.

Dans «un bras de fer» avec le président américain depuis septembre, Idriss Déby a choisi la tribune du sommet extraodinaire de la CEMAC, accueilli par son pays à N'Djamena, pour répondre de vive voix aux autorités américaines qui signalaient la présence sur le sol tchadien de groupe terroristes internationaux. «Le Tchad n'abrite aucun terroriste sur son territoire national», a asséné le président tchadien Idriss Déby Itno lors du sommet sous-régional.

«Mes frères et sœurs de la sous-région de la CEMAC, vous avez dû entendre quelque part qu'il y aurait des terroristes d'AQMI, de MUJAO et de Boko Haram à N'Djaména et au Tchad. J'apporte un démenti formel à cela», ajoute le président tchadien, venu au sommet en mode désintox.

La CEMAC, la CEEAC et le G5 Sahel le soutiennent

Si la CEMAC a martelé son appui au Tchad dans le communiqué final, la position tchadienne est également soutenue par  la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC). La liste des soutiens à N'Djamena s'est allongée avec ce lobbying presque passé inaperçu des ministres des Affaires étrangères du G5 Sahel.

Lors d'une visite à Washington, ce mercredi 1er novembre, aux Départements d'Etat et de la Défense, les chefs de la diplomatie du Burkina, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad n'ont pas caché leur mécontentement de voir le Tchad sur la liste des pays visés par le décret migratoire.

«Cette décision ne reflète pas l'engagement et les sacrifices consentis par le Tchad dans la lutte contre le terrorisme au Sahel et dans toute la bande sahélo-sahélienne contre Boko Haram. Cette mesure présente le risque de porter préjudice à la solidarité et à l'unité du G5 Sahel  au moment où le processus d'opérationnalisation de la Force conjointe est bien engagé et suscite beaucoup d'espoir de stabilité chez les populations du Sahel», soutiennent les chefs de la diplomatie sahéliens.

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