Sénégal  : polémique autour d'une concession de terres à une filiale du groupe marocain Sefrioui

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En juin 2010, le Sénégal a lancé un Programme national d’autosuffisance en riz (PNAR) visant particulièrement les zones du pays propices à la riziculture : la vallée du fleuve Sénégal ; la vallée du fleuve Gambie ; et le Bbassin de l’Anambé et les bas fonds.
En juin 2010, le Sénégal a lancé un Programme national d’autosuffisance en riz (PNAR) visant particulièrement les zones du pays propices à la riziculture : la vallée du fleuve Sénégal ; la vallée du fleuve Gambie ; et le Bbassin de l’Anambé et les bas fonds. (Crédits : DR.)
Un collectif de villageois s'oppose toujours à la concession de 10 000 hectares de terres dans le nord du pays à Afri Partners Sénégal, une filiale du groupe marocain Sefrioui. Cette exploitation, effective durant 40 ans, avait pourtant été approuvée par les communes et validée par le gouvernement sénégalais.

La polémique ne fait que commencer et l'affaire risque de faire grand bruit. La décision du gouvernement sénégalais de concéder 10 000 hectares de terres à Afri Partners Sénégal, filiale du groupe marocain Sefrioui, pour les quarante prochaines années, est fortement contestée par un collectif de villageois.

Ce dernier dénonce une spoliation des terres des villageois par les autorités du pays. Majoritairement vivant de la culture du riz, du mil, du sorgho et de l'élevage, ces villageois dont certains sont par exemple entre les deux bras du fleuve Sénégal, entre les communes de Dodel et de Démette, estiment la décision du gouvernement très injuste.

Membre du collectif d'un peu plus de 2 500 villageois, le professeur Aboubacry Moussa Lam originaire de la commune de Dodel, trouve même que cette décision du gouvernement ne respecte pas les équilibres de l'environnement :

«En donnant 10 000 hectares d'un seul tenant, ce n'est pas la meilleure des manières de préserver le patrimoine foncier. En laissant les Marocains prendre toute la zone, on ne respecte plus les équilibres environnementaux», a indiqué A.M. Lay dans une déclaration relayée par RFI.

Les villageois ne compteraient pas baisser les bras. Après avoir protesté avec une manifestation en juillet dernier, le collectif vient de déposer un recours en annulation ce lundi 28 août 2017 devant la Cour suprême du Sénégal. «Nous allons mettre tous les arguments qui font ressortir l'illégalité dont est entachée cette délibération de par la constitution et de par la loi. C'est le domaine national, mais de par même le souci de survie de paysans qui sont attachés à leurs terres et ont besoin de terroirs, d'abord pour habiter, mais également cultiver et pâturer», a argumenté l'avocat du collectif, Me Assane Dioma Ndiaye.

Un projet d'investissement de 75 milliards de francs CFA en danger

L'acquisition des terres par le groupe marocain Sefrioui, à travers sa filiale, est motivée par un besoin d'investissement dans la filière rizicole. Afri Partners Sénégal a promis de miser près de 75 milliards de francs CFA pour développer un projet de riziculture, avec un millier d'emplois à la clé et l'aménagement de 2 500 hectares pour les populations.

Du côté du gouvernement, cet investissement arrive à point nommé, puisque le pays s'est fixé pour objectif d'atteindre l'autosuffisance en riz. Un avis qui n'est pas partagé par le collectif des villageois qui explique que ces terres permettent de nourrir des dizaines de milliers de personnes. Les transformer risque au contraire d'accentuer la dépendance alimentaire du pays.

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