La Zambie maintient la restriction sur les importations de poissons

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(Crédits : Reuters)
Les autorités zambiennes ont confirmé leur intention de ne pas lever la restriction sur les importations de poissons. Alors que le marché local souffre actuellement d'un déficit en la matière, le gouvernement reste inflexible sur la mesure et préfère encourager une production locale afin de devenir un exportateur net d'ici les deux prochaines années.

Peu importe le déficit de poissons dans le pays, les autorités zambiennes sont décidées ; elles ne fléchiront pas et maintiendront la restriction sur les importations de poissons en Zambie. Selon le ministre zambien des pêches et de l'élevage, Michael Katambo, qui se veut très pointu sur la question, le gouvernement ne tolérerait pas l'importation de poissons exotiques que l'on ne trouve dans aucune des masses d'eau du pays. La restriction en question défend les importations des poissons pouvant être produits localement. Une mesure justifiée par l'ambition du gouvernement de faire de la Zambie un exportateur net de poisson d'ici les deux prochaines années.

Les dirigeants zambiens comptent faire de l'exportation des poissons une source de recettes importantes pour le pays et un des moyens de lutte contre le chômage. D'après Michael Katambo, le gouvernement table pour cette année sur 12.000 jeunes et femmes qui se lanceront dans la pisciculture. Ceux-ci bénéficieront d'un prêt pour développer leurs activités afin de permettre au pays d'atteindre sa vision de devenir exportateur net du poisson. « En tant que ministère, nous avons déjà mis en place des mesures qui permettront aux jeunes et aux femmes sélectionnés des dix provinces d'être formés à la pisciculture », a indiqué le ministre dans une déclaration rendue publique par son département.

La Banque africaine de développement en renfort

Le projet du gouvernement zambien de faire de son pays un exportateur net de poissons date d'assez longtemps et intéresse les bailleurs de fonds. L'initiative a trouvé gré auprès de la Banque africaine de développement (BAD) qui lui a déjà consacré un prêt de 50 millions de dollars. L'institution financière multilatérale compte appuyer les autorités du pays pour accroître l'industrie du poisson. Selon le ministre Katambo, le programme de prêt entre la BAD et l'Etat zambien sera bientôt lancé officiellement par le président zambien, Edgar Lungu.

Un des pays les plus urbanisés du continent africain, la Zambie dont l'économie dépendait fortement de ses ressources minières comme le cuivre et le cobalt, essaye de développer désormais une diversification pour survivre. Face à l'inaccessibilité croissante des gisements et à la baisse croissante de leur qualité, additionnées à la crise actuelle des cours mondiaux, les recettes publiques ont sévèrement chuté. La croissance économique a ainsi chuté de 4,7% réel en 2014, à 2,9% réel en 2015 avant de remonter légèrement selon les prévisions à 3,0% à 2016 et est attendue à 3,9% en 2017. Cette reprise est due en partie de l'augmentation de la production minière du pays, mais aussi à la décision de se tourner aussi vers l'agriculture, la pêche, l'élevage et le tourisme. L'exportation des poissons paraît ainsi un bon départ pour les autorités.

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