Zimbabwe : les créanciers étrangers devront attendre de meilleurs lendemains !

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Le ministre zimbabwéen des finances, Patrick Chinamasa, a déclaré que son pays n'est actuellement pas en mesure d'honorer ses engagements financiers
Le ministre zimbabwéen des finances, Patrick Chinamasa, a déclaré que son pays n'est actuellement pas en mesure d'honorer ses engagements financiers (Crédits : Reuters)
Le Zimbabwe n’est pas en mesure de payer ses arriérés de paiement à ses créanciers étrangers en raison de la conjoncture difficile que le pays traverse. Le pays doit une enveloppe estimée à plus de 1,8 milliard de dollars qu’il devrait avoir déjà régler principalement auprès de la Banque mondiale et de la BAD. En dépit de la conclusion d’un accord conclu en 2015 avec ses prêteurs étrangers et qui a permis un rééchelonnement de sa dette extérieure, le gouvernement zimbabwéen n’entend pas honorer ses engagements financiers qu’une fois que sa situation économique s’améliore. Le pays avait pourtant soldé son ardoise auprès du FMI, en octobre dernier annonçant une amélioration de sa situation économique avant cette nouvelle volte-face.

Les créanciers étrangers du Zimbabwe vont devoir encore attendre que l'herbe soit encore plus grasse c'est-à-dire que la situation économique du pays s'améliore davantage avant de pouvoir rentrer dans leurs droits. C'est ce qu'à indiqué, ce mercredi lors d'une émission sur une radio locale, le ministre des finances Patrick Chinamasa. Dans des propos rapportés par l'agence Reuters, le ministre Zimbabwe a déclaré que le pays n'est actuellement pas en mesure d'honorer ses engagements financiers notamment le paiement d'arriérés de dettes d'un montant de 1,8 milliards de dollars qu'il doit à la Banque mondiale et à la Banque africaine de développement (BAD).

« Lorsque nous estimons que les fondamentaux de notre économie se sont améliorés, nous serons alors en mesure de rembourser la Banque mondiale et la BAD. Nous devons d'abord être en mesure de respecter durablement nos obligations, ce qui fait que la balle est pour le moment dans notre camp ».

Le ministre Chinamasa a reconnu qu'un plan de paiement a certes été convenu avec les prêteurs étrangers en 2015 à Lima au Pérou, pour rééchelonner la dette du pays selon un nouvel échéancier, mais qu'il ne pourrait être mis en œuvre qu'une fois que la situation économique du pays se soit stabilisée, ce qui n'est visiblement pas encore le cas. Le Zimbabwe devrait réduire son déficit budgétaire qui s'estime à près de 10% de son PIB ainsi que le poids de sa masse salariale qui s'accapare de près de  92% de son  budget et parallèlement alléger son déficit commercial qui a également atteint un niveau assez inquiétant.

Volte-face

Selon les explications du ministre Chinamasa, le pays avait négocié un prêt moins coûteux afin de payer les 1,8 milliard de dollars qu'il doit à ses principaux créanciers étrangers, mais le pays a jugé nécessaire de reporter le paiement des arriérés de dettes au risque de se retrouver dans un nouveau cycle d'endettement. Il faut dire que rien que pour la somme qu'il doit à la Banque mondiale, le Zimbabwe paie 15% d'intérêt par an, alors que la dette extérieure totale du pays dépasse les 7 milliards de dollars.

Cette décision des autorités constitue une vraie volte-face et va surtout amplifier les inquiétudes sur la situation économique du pays. En Avril dernier, rappelle Reuters, Patrick Chinamasa avait pourtant annoncé que le Zimbabwe était en état d'honorer ses engagements financiers auprès de ses principaux créanciers, en raison notamment d'une amélioration de sa situation économique. Quelques mois plutôt, le pays avait annoncé avoir soldé toute son ardoise auprès du FMI, pour un montant total de 107 millions de dollars, dans le cadre du plan d'apurement de dette qu'il a dévoilé en mai 2016. Il ne restait plus que la Banque mondiale et la BAD à attendre avant de passer à la caisse et rentrer aussi dans le droit.

Le calendrier des remboursements est donc de nouveau contrarié et il va falloir convenir un nouveau plan de paiement mais une fois que la situation économique du pays s'améliore. La sortie de crise reste encore incertaine, le pays faisant toujours face à une situation économique et financière tendue avec la persistance de l'hyperinflation et celle de la pénurie de devises.

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Une conjoncture que le ministre Chinamasa met sur le compte « de l'indiscipline qui règne sur le marché local et du manque de confiance des  acteurs économique dans l'économie nationale ». Comme palliatif à cette situation, le ministre zimbabwéen des finances a annoncé que le gouvernement essaie tant bien que mal de gérer ses devises limitées et désormais tous les revenus d'exportation de diamants, d'or, de tabac, de platine et de fer du pays seront soumis au contrôle de la banque centrale afin d'atténuer la fuite et donc la pénurie des devises.

Le pays de Robert Mugabe qui a du abandonner sa monnaie locale en 2009 pour le dollar afin de juguler l'inflation qui a augmenté d'une manière exponentielle et la pénurie de devise qui a suivie ne s'est pas pour le moment placé en cessation de paiement mais attend que sa situation économique s'améliore pour rembourser ses prêts.

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