Zimbabwe : les billets d'obligation ne suffiront pas à juguler la crise selon le FMI

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Un courtier en devises compte des billets d'obligations à l'extérieur d'une banque à Harare
Un courtier en devises compte des billets d'obligations à l'extérieur d'une banque à Harare (Crédits : Reuters)
D'après le Fonds monétaire international (FMI), les billets d'obligation émis par Harare ne permettront pas de résorber la crise économique du pays. Ces billets avaient été émis en novembre dernier pour contrer la pénurie du dollar. Pour le FMI, seules les réformes profondes sortiront l'économie du Zimbabwe du gouffre.

Le Fonds monétaire international (FMI) n'est pas satisfait des mesures prises par les autorités zimbabwéennes pour contrer la crise économique que traverse le pays. L'institution a fait savoir que les billets d'obligation ne pouvaient suffire pour endiguer l'avancée de la crise et encore moins pour la résorber. Pour le FMI, il fallait des réformes profondes pour faire évoluer la situation.

« Nous pensons que cette voie [les billets d'obligation, ndlr] ne répondra pas aux défis que le pays a connus. Il est donc très important d'avoir un ensemble de politiques plus complet qui aborde également les défis budgétaires auxquels le pays est confronté. Beaucoup de réformes structurelles doivent être réalisées », a déclaré Abebe Aemro Selassié, directeur Afrique du FMI.

Pour le responsable il faudra revoir tout le système. En crise depuis près de 10 ans déjà, début novembre 2016, la pénurie du dollar dans les banques du Zimbabwe avait conduit à limiter les retraits à 40 dollars par individu. Quelques semaines plus tard, le 28 novembre 2016, la Banque centrale du Zimbabwe avait lancé les billets d'obligations indexés sur le dollar américain et soutenus par un cautionnement de 200 millions de dollars d'Afreximbank.

D'après la Banque centrale, plus 121 millions de dollars de billets d'obligation ont été déjà été imprimés. Malheureusement cette monnaie de substitution s'est vite révélée insuffisante vu que la forte demande en espèces est toujours insatisfaite. Une situation qui paralyse les secteurs miniers et industriels qui sont obligés de faire face à de sérieux retards de paiement des salaires. Ainsi la vision du FMI rime avec celle des experts locaux.

Le FMI rejoint les contestataires de la nouvelle monnaie

En émettant des réserves sur les billets d'obligation, le FMI a rejoint les contestataires de ce nouvelle monnaie assimilée. John Mangudya, le gouverneur de la Banque centrale avait bien expliqué qu'il s'agirait d'un système qui devrait permettre au pays de tenir face au manque grave de liquidité. Aujourd'hui, force est constater l'échec. Les mesures prises par la Banque n'ont guère été appréciées par les esprits avertis et la classe politique. A l'annonce de l'émission des billets obligataires, les économistes, les partis d'opposition et les organisations de la société civile, ont estimé que cette initiative va davantage nuire à l'économie du pays.

Un peu plus tôt dans l'année, les économistes avaient dénoncé un système de devises multiples qui peine à fonctionner. La Banque centrale avait tenté d'imposer des pièces spéciales de même valeur que celles en circulation en attendant la reprise de la production économique. Une tentative qui avait aussi échoué. Le gouvernement de Robert Mugabe est accusé d'avoir empiré la situation au lieu de l'améliorer en annonçant la nationalisation des sociétés étrangères. Une pratique suicidaire qui a fait fuir et amené les sociétés étrangères à rediriger leurs liquidités vers d'autres pays, se préparant au pire. Ce qui a aggravé la pénurie du dollar. Pour la classe politique, rassurer ces hommes d'affaire serait déjà un début de solution à la crise généralisée.

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