Madagascar : le ministre des Finances jette l’éponge

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Dans le landernau politique malgache, Gervais Rakotoarimanana s'est vu attribuer le surnom de «Monsieur Propre du gouvernement» du fait de son respect «exagéré» de l’orthodoxie financière.
Dans le landernau politique malgache, Gervais Rakotoarimanana s'est vu attribuer le surnom de «Monsieur Propre du gouvernement» du fait de son respect «exagéré» de l’orthodoxie financière. (Crédits : DR.)
Le ministre malgache des Finances, Gervais Rakotoarimanana, a présenté ce lundi sa démission. Si celui-ci a motivé sa décision par des difficultés à assurer sa mission, la presse locale, elle, évoque des divergences avec le président. Rakotoarimanana, artisan d’un récent accord financier entre Madagascar et le FMI, était en effet depuis quelque temps à couteaux tirés avec certains syndicats et des milieux d’affaires du pays.

La rumeur persistante depuis quelque temps sur une éventuelle démission du ministre malgache des Finances et du budget est désormais une vérité actée par son principal protagoniste. En effet, Gervais Rakotoarimanana a confirmé ce lundi 17 juillet avoir remis sa démission au président de la république, selon Reuters. «Les conditions pour mener à bien ma mission ne sont pas remplies», a déclaré en ces quelques mots le ministre démissionnaire, à l'occasion d'une conférence tenue dans la même journée à Antananarivo, la capitale du pays.

La veille déjà, le cabinet du ministre avait convoqué une conférence de presse dans la soirée, mais le rendez-vous a été annulé à la dernière minute sans qu'aucune explication valable ne soit donnée aux médias qui avaient fait le déplacement.

Divergences au sommet

La décision du ministre est aussi surprenante qu'inattendue. Il y a quelques jours, Gervais Rakotoarimanana présentait les grandes lignes du projet de Loi des finances pour l'exercice 2018, peu de temps après l'adoption de la Loi rectificative des finances pour le budget 2017.

Le 29 juin dernier, le conseil d'administration du FMI avait approuvé le versement de la deuxième tranche du programme dont bénéficie le pays au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), avec un montant de 86 millions dollars, soit plus que les 42 millions de dollars convenus initialement. Le ministre des Finances a été l'un des principaux artisans de cet accord qui constitue une véritable bouffée d'oxygène pour l'économie malgache, aujourd'hui encre dans une conjoncture difficile.

A ce titre, c'est lui qui devait chapeauter la mise en œuvre des principales réformes convenues dans le cadre de l'accord et ainsi permettre à son pays de respecter ses engagements avec les partenaires financiers internationaux.

En poste depuis 2015, Gervais Rakotoarimanana était jusque-là réputé comme un proche du président Hery Rajaonarimampianina dont il supervise également la mobilisation des fonds et l'exécution des dépenses publiques dans le cadre de la mise en place du programme présidentiel de développement socio-économique.

Cependant, ces derniers temps, la presse malgache fait régulièrement cas des divergences qui sont apparues entre lui et le chef d'Etat par rapport à plusieurs dossiers. Des milieux d'affaires actifs dans le pays l'ont également accusé de vouloir prendre en otage l'économie du pays à travers sa rigueur budgétaire visant à maîtriser les dépenses publiques. Tout dernièrement, ce sont des syndicats relevant de son ministère -notamment les douaniers- qui se sont mis en grève à plusieurs reprises pour s'insurger contre la gestion du ministre. Des pressions qui ont visiblement eu raison de l'argentier du pays qui a préféré jeter l'éponge. Un fait assez inédit à Madagascar et un peu partout sur le Continent.

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