Congo : dettes cachées, mais pas de défaut de paiement, conteste l'Exécutif

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(Crédits : Reuters)
Le gouvernement congolais a vigoureusement contesté la dégradation de sa note souveraine par les agences Moody’s et Standard Poor’s. Les autorités assurent que le Congo n’est pas en défaut de paiement et accuse par la même occasion la société Commissions Import Export S.A. (Commisimpex) de manœuvres visant à ternir l’image du pays. Des déclarations qui sont toutefois loin de rassurer les marchés, le Congo étant encore empêtrée dans une nouvelle affaire de dette cachée.

Les turbulences économiques s'accumulent de plus en plus pour le Congo qui a vu ses notes affectées à sa dette extérieure, être tour à tour rabaissées par les agences de notation Fitch, Moody's et Standard and Poor's (S&P). Le mardi 1er Août dernier, la République du Congo a en effet été placée en défaut de paiement partiel par l'agence S&P qui a alerté que Brazzaville n'avait pas remboursé des échéances sur certains titres, à la date du 30 juin. Une décision qui fait suite à des initiatives similaires prises quelques jours auparavant et pour les mêmes raisons par  Moody's et de Fitch.

Des décisions que conteste le gouvernement congolais qui assure qu'aucun défaut de paiement n'est survenu concernant l'échéance du 30 juin 2017 au titre des obligations de la République du Congo libellées en dollars US à échéance 2029. Selon Financial Afrik, le gouvernement confire avoir versé au trustee, à bonne date, la somme de 21,1 millions de dollars correspondant au paiement dû et qui devait être effectué aux porteurs d'obligations le 30 juin 2017.

Si le paiement n'a pas encore été effectué, à croire les autorités congolaises, c'est en raison de la procédure judiciaire initiée à New York par la société Commissions Import Export S.A. (Commisimpex) visant à saisir les fonds affectés aux porteurs des titres 2029. Une procédure que le gouvernement congolais estime juridiquement illégale et en ce sens, une procédure de mainlevée des injonctions est en cours pour permettre aux créanciers de rentrer rapidement possible dans leurs droits.

Le Congo a par conséquent tenu à dénoncer les dégradations de ses notes, fondées sur les seuls effets de la procédure société initiée par Commisimpex alors qu'il a dûment respecté ses obligations de paiement envers les porteurs de titres 2029.

Dette cachée

Il va donc falloir attendre la fin de la procédure judiciaire en cours à New York pour confirmer ou non si le Congo est position d'insolvabilité. La situation économique que traverse le pays depuis le début de la chute des cours de pétrole en 2014, n'augure pas de bonnes perspectives pour le pays. D'autant que cette affaire de défaut de paiement intervient en pleine polémique sur la découverte de dettes que le pays aurait caché au FMI. L'information, révélée par RFI en début de semaine, vient d'être confirmée à l'AFP par Ismaila Dieng du FMI, qui a reconnu que désormais la dette publique du pays représente 117% du PIB contre le ratio de 77% avancé en mars par Brazzaville.

La conjoncture est donc plus alarmante que ce que laissent transparaître les estimations des derniers mois et le Congo qui est en négociations serrées avec le FMI pour bénéficier d'un programme d'assistance financière, va devoir se soumettre à une plus grande surveillance du Fonds.

Les négociations sont dans leur dernière ligne droite et selon nos informations, un accord pourrait intervenir dans les prochaines semaines à l'issue d'une nouvelle mission que les services du FMI devraient conduire dans le pay.

Le pays va devoir subir une cure d'austérité visiblement plus drastique que celle annoncée en début d'année par le président Denis Sassou Nguesso lorsqu'il avertissait les congolais qu'il va falloir se "serrer la ceinture".

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