Nucléaire : l’Afrique du Sud va signer de nouveaux accords après le blocage de son deal russe

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Pour réduire son indépendance du charbon, l'Afrique du Sud devrait construire huit centrales nucléaires d'ici 2035.
Pour réduire son indépendance du charbon, l'Afrique du Sud devrait construire huit centrales nucléaires d'ici 2035. (Crédits : Reuters)
Après avoir démontré sa volonté de développer le nucléaire sur son territoire, l’Afrique du Sud ne compte pas en rester là. Le pays de Jacob Zuma annonce qu’il prépare la signature de cinq nouveaux accords avec d’autres pays, après le blocage de son protocole avec la Russie par la justice, en avril dernier

Le nucléaire à tout prix ? En tout cas, l'Etat sud-africain se montre déterminé dans la poursuite de son programme nucléaire civil. Il prévoit de signer de nouveaux accords «plus transparents» avec cinq pays étrangers, après le blocage par la justice locale de son accord avec la Russie, a annoncé le ministère de l'Energie dans un communiqué ce samedi 13 mai et rapporté par Reuters.

Mercredi 26 avril en effet, la Cour suprême du Cap-Occidental a suspendu un accord de coopération signé avec la Russie, pour lequel une demande d'information avait déjà été émise pour la construction des centrales. Une décision reçue comme un coup de poignard pour Pretoria qui tente depuis 2010 de relancer son programme nucléaire civile qui consiste en la construction d'au plus huit centrales d'ici 2035 afin de réduire la dépendance au charbon du pays, le tout pour un coût compris entre 30 milliards et 70 milliards de dollars.

Au président Jacob Zuma et son équipe, les associations plaignantes dénonçaient notamment le fait que ce projet n'ait jamais fait l'objet d'un débat au Parlement, soupçonnant des intentions de corruption de la part des autorités, à l'image des multiples scandales auxquels a récemment été mêlé le sommet de l'Etat.

La «transparence» promise sera attendue de pied ferme

Dans son communiqué, le ministère de l'Energie évoque «les préoccupations majeures» du gouvernement au sujet de cette suspension, tout en précisant qu'il ne fera pas appel. Pretoria choisit donc de repartir à zéro.

Pour rappel, dans le cadre de son programme nucléaire civil, l'Afrique du Sud a signé, en 2014, des accords intergouvernementaux avec cinq pays justement : la Russie, la France, la Chine, la Corée du Sud et les Etats-Unis. Et après sa mésaventure judiciaire, le gouvernement s'engage à faire les choses selon les règles de l'art.

«Nous nous engagerons à signer de nouveaux accords avec les cinq pays et à les déposer dans un délai raisonnable au Parlement», indique le ministère.

Quoi qu'il en soit, Pretoria n'est pas arrivé au bout des critiques au sujet de son programme nucléaire. Désormais, associations et tribunaux voudront attendre de pied ferme la «transparence» promise par le ministère de l'Energie. Mais le coût de ce projet étant également jugé exorbitant et potentiellement préjudiciable aux équilibres macroéconomiques déjà fragilisés, le nouveau ministre des Finances, Malusi Gigaba, a annoncé les couleurs d'un probable veto en cas de non-réestimation du coût de ce programme.

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