L'UE veut écraser les réseaux des migrants clandestins en Libye

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(Crédits : Reuters)
Les dirigeants européens veulent monter au front contre les réseaux de passeurs de migrants en Libye. Réunis à Malte vendredi, ils comptent briser ces groupes illégaux à travers une série de mesures chocs. Des décisions mal vues par les activistes des droits humains qui y voient une atteinte aux valeurs de l'UE.

L'afflux des migrants aux larges des côtes italiennes en partance de la Libye pourraient bientôt être jugulé. Lors d'un sommet informel presque exclusivement consacré à cette question, les dirigeants de l'Union européenne ont pris la ferme décision d'étouffer les réseaux des passeurs qui gèrent près de 90% du trafic des migrants qui passent par la Libye pour rallier l'Italie. Pour ce faire, les dirigeants de l'espace UE ont pris des résolutions qui devront décourager ce trafic. Il s'agit entre autres, de renforcer le rôle de garde-côtes libyens, d'aider les voisins de la Libye à fermer ses accès aux pays voisins, d'assurer les conditions décentes aux migrants bloqués dans la zone et d'encourager les migrants pour raisons économiques à retourner à leur lieu de provenance.

« Nous intensifierons l'action que nous menons avec la Libye, qui est le principal pays de départ, ainsi qu'avec ses voisins d'Afrique du Nord et d'Afrique subsaharienne », peut-on lire dans la Déclaration de Malte signée ce vendredi 3 février.

Mais ces actions de l'UE sont dépendantes de la situation politique en Libye et il s'agit d'une réalité dont les dirigeants européens sont conscients, comme l'a reconnu le Premier ministre belge, Charles Michel, au micro de nos confrères de RFI. Selon le chef du gouvernement belge, l'instance européenne devrait travailler « afin qu'il y ait de la stabilité politique en Libye, afin que les partis en Libye puissent organiser une souveraineté sur le territoire », en complicité avec les Nations Unies avec ses pays voisins. Des dirigeants fiables seraient une ''priorité absolue'' pour Charles Michel, qui croit d'ailleurs qu'une inaction de l'UE en Libye pourrait avoir de conséquence ''très lourdes pour les Européens''.

« En Libye, il est essentiel de renforcer les capacités pour que les autorités soient en mesure de prendre le contrôle des frontières terrestres et maritimes et de lutter contre les activités de transit et de trafic », confirme la Déclaration de Malte.

Les migrants en insécurité dans les camps

Alors que les pays européens viennent d'acter la décision de maintenir les migrants renvoyés dans les camps en Libye en les améliorant, les organisations de défense des droits humains comme le HCR et d'autres ONG et l'ONU même ne semblent pas partager ce point de vue.

« Conserver des camps en Libye, c'est maintenir les migrants dans des conditions inhumaines et les mettre encore plus en danger », a déclaré Carlotta Sami, porte-parole du HCR au micro de l'agence Reuters.

Avis partagé par Françoise Sivignon, présidente de Médecins du monde. « Les témoignages de tortures, de violences à l'égard des personnes notamment dans les centres de rétention sont dramatiques. On renvoie donc ces personnes vers leurs oppresseurs au mépris des droits les plus élémentaires. Tout le monde sait que la situation en Libye est terrible, que c'est un pays d'une grande instabilité », a-t-elle confié. Pour elle, l'UE devrait plutôt penser à proposer une vraie politique d'accueil des personnes qui arrivent légalement et de manière sécurisée sur le vieux continent. Avec des mots plus durs, elle dénoncera une sorte d'hypocrisie européenne.

« L'Union européenne a été soi-disant bouleversée par les décrets de Trump mais notre réponse à nous n'est vraiment pas digne des valeurs européennes... Par rapport à Trump on n'a pas su se différencier sur la question migratoire », tacle Françoise Sivignon, faisant allusion de la vague d'expulsions décidée par le nouveau président américain Donald Trump.

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