L'entrepreneuriat social, cet autre défi du gouvernement togolais

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(Crédits : DR)
Les autorités togolaises, ces dernières années, se sont progressivement engagées pour l'entrepreneuriat social, un nouvel horizon qu'elles promeuvent afin de sortir le pays de la pauvreté et offrir des conditions de vie plus propices aux populations. Face au taux de chômage de plus de 29% des jeunes, les autorités togolaises ont mis en place plusieurs initiatives pour faire baisser ce taux. L'entrepreneuriat social est donc devenu la bouée de sauvetage.

Modèle économique apparu vers les années 90 au Togo, l'entrepreneuriat social est selon MOUVES « une manière d'entreprendre qui place l'efficacité économique au service de l'intérêt général. Quelque soit le statut juridique des entreprises (association, coopérative, SAS, ...), leurs dirigeants font du profit un moyen, non une fin en soi ». Entendu ainsi, il peut constituer un moyen efficace pour la relance économique. Un choix pour lequel les autorités togolaises ont opté.

L'entrepreneuriat social pour lutter contre la pauvreté et le chômage

Le chômage des jeunes demeure un casse-tête pour les autorités togolaises. Pour redonner confiance à cette frange qui représente environ 70% de la population du pays, plusieurs initiatives sont prises visant à promouvoir l'auto-emploi. Avec une population majoritairement rurale, la réduction de la pauvreté est une des priorités du gouvernement togolais. La pauvreté touche plus la jeunesse et les femmes. Et l'une des solutions des autorités togolaises pour pallier au problème et relever très rapidement le défi est l'entrepreneuriat social.

«L'un des leviers de réduction de la pauvreté est la promotion de l'entrepreneuriat à la base, un entrepreneuriat social ou communautaire qui allie la génération de profit à des bénéfices pour la communauté tels que l'accroissement des revenus des pauvres et la création des emplois pour les jeunes et les femmes », argue Victoire Dogbé, la ministre togolaise en charge du développement à la base et de la jeunesse.

Selon elle, l'entreprise sociale et communautaire est au cœur des préoccupations  du gouvernement togolais pour amener le pays à surmonter les défis critiques de son développement. L'enquête Questionnaire Unifié des Indicateurs de Base du Bien-être (QUIBB) de l'Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED) indique que le taux de chômage a baissé de 6,5% à 3,4% entre 2011 et 2015 tandis que celui de sous-emploi a augmenté de 2.1 points (22,8% à 24,9%). L`incidence de la pauvreté est, lui, passé de 58,7% en 2011 à 55,1% en 2015. D'après l'étude, le chômage touche beaucoup plus les jeunes de 15-35 ans (8,06%), alors que les jeunes femmes (22,09%) sont beaucoup plus sujettes au sous-emploi.

Au niveau du gouvernement même, selon l'observatoire national de l'emploi, en 2016, la plateforme web de l'agence nationale pour l'emploi (ANPE) a enregistré plus de 13.000 demandes d'emploi, contre 6785 un an plus tard. Un chômage qui contribue grandement à la faiblesse du pouvoir d'achat et à la pauvreté, le mal contre lequel le gouvernement se bat. Et pour y arriver, les autorités togolaises ont pris des mesures et mené des actions permettant de promouvoir et d'accompagner l'entrepreneuriat social.

«Le gouvernement togolais, conscient de l'apport des jeunes dans le tissu économique, à travers le dernier produit du Fonds national pour le financement inclusif (FNFI) nommé AJSEF (Accès des Jeunes aux Services Financiers), amène les jeunes à agir en vrai chef d'entreprise pour gérer leurs projets. Avec ce nouveau produit du FNFI, les jeunes Togolais ont la possibilité, après des formations, d'accéder à des microcrédits dont le montant maximum est de 300.000 FCFA avec un taux d'intérêt de 8% », a confié Victoire Dogbé.

Divers mesures accompagnatrices des autorités

Les initiatives prises par le gouvernement Togolais pour promouvoir l'entrepreneuriat social sont effectivement multiples. Sur le plan juridique, le gouvernement à traversl'Agence Nationale d'Appui à la Base (ANADEB), assiste les populations à s'organiser en groupements et s'assurent de leur transformation en coopération et de l'obtention d'une reconnaissance juridique, laquelle leur permet l'accès au crédit et aux différents mécanismes financiers gouvernementaux. Et c'est là aussi, l'appui financier dont parle la ministre.

C'est dans cette optique que le gouvernement togolais a mis aussi en place d'autres structures comme : le Fonds d'appui aux initiatives et aux entreprises des jeunes (FAIEJ), le Programme d'aide au développement à la base (PRADEB), l'Agence nationale de promotion et de garantie de financement des PME/PMI (ANPGF PME/PMI) et finalement le Fonds national de finance inclusive (FNFI). Ces structures ont pour but de créer des opportunités d'emploi aux jeunes togolais.  Grâce à eux, les initiatives des femmes et des jeunes sont quasiment totalement prises en charge, de la phase de conception jusqu'à la réalisation.

« Que ce soit la BOAD, le PNUD, l'UNCDF, la BAD, la BCEAO, tous ces partenaires par des conseils, des contributions techniques, des appuis financiers, accompagnent  l'Etat dans son objectif de réduction de la pauvreté. A ce jour, à titre d'exemple, les  financements accordés par la  BOAD  au  FNFI sont de l'ordre de 10 milliards  de  FCFA. Des discussions sont très avancées avec la Banque Islamique de Développement, le Fonds Koweïtien et d'autres partenaires pour une mobilisation   accrue des ressources», a expliqué la ministre.

Aussi, sur le plan de l'accompagnement technique et technologique, les entreprises sociales sont aussi appuyées. Par exemple en ce qui concerne les projets dans le cadre de l'agriculture, le gouvernement met à la disposition des plateformes multifonctionnelles qui permettent de transformer les produits de manière plus optimale et efficiente. Pour couronner ces efforts, des ateliers de formation et de renforcement de capacité sont mis en place pour fournir le bagage nécessaire en gestion de projet à ceux qui s'engagent dans l'entrepreneuriat social.

« Je peux vous confirmer que c'est grâce à FNFI que j'ai pu monter ma petite structure. J'ai deux jeunes qui travaillent avec moi et chacun perçoit plus que le Salaire minimum interprofessionnel garanti. Tout ceci a été possible grâce à un prêt que la structure m'a accordé sur une période de deux ans », affirme Koudjo Akakpo, un jeune chef d'entreprise de vente de produit congelé à Lomé.

Des perspectives à dérouler...

L'entrepreneuriat social s'est installé au Togo et constitue cette bouée de sauvetage contre la pauvreté juvénile et des femmes. Mais des efforts restent encore à fournir.

« Pour aller plus loin dans le développement de l'entrepreneuriat social, le Togo considère deux perspectives spécialisées additionnelles ; l'une consiste à élever le niveau des entreprises sociales féminines pour un impact plus large et plus durable et l'autre est d'élargir la base des entreprises sociales en facilitant l'inclusion des groupes les plus vulnérables et les moins représentées », résume la ministre Victoire Dogbé.

La grande préoccupation serait alors de pouvoir accompagner les entreprises sociales à viser plus haut et plus loin vers une plus grande modernisation et une plus grande taille leur permettant d'avoir des économies d'échelle, d'être plus compétitives et d'accroitre leur impact par exemple sur la création d'emplois.

En attendant, selon les chiffres officiels disponibles, les programmes sociaux du gouvernement, grâce à leurs stratégies ont permis de réduire le taux de pauvreté de 61% en 2006 à 55 % en 2015. C'est déjà ça de pris !

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