Le Niger dans l’œil du cyclone djihadiste

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La porosité de la frontière malienne représente toujours un point faible dans le dispositif sécuritaire nigérien. Preuve en est le pays a connu deux attaques en moins de 48h.
La porosité de la frontière malienne représente toujours un point faible dans le dispositif sécuritaire nigérien. Preuve en est le pays a connu deux attaques en moins de 48h. (Crédits : Reuters)
Le Niger retombe dans la violence. Après une période de calme relatif, en 48h le pays a connu une attaque ratée contre la plus grande prison du Niger et l'enlèvement d'un humanitaire américain qui aurait été conduit dans une zone du Mali contrôlée par le Mujao.

Après une relative accalmie ces dernières semaines, le Niger retombe dans la violence. En effet, la prison de haute sécurité de Koutoukalé (située à quelques 50 km de Niamey) où sont incarcérés des chefs djihadistes a subi une attaque en fin de matinée. Selon les autorités, l'assaut a débuté vers 4h du matin et s'est achevée quelques heures plus tard sans que les assaillants aient pu pénétrer dans l'enceinte de Koutoukalé. Au moins un assaillant a été tué lors de l'escarmouche sans que celui-ci ait pu actionner sa ceinture explosive. L'établissement pénitencier abrite, rappelons-le, les principaux leaders terroristes en provenance du Niger, du Mali ou encore du Nigeria. A l'heure où nous mettions cet article en ligne, la garde nationale, la gendarmerie et d'autres corps d'armées se sont lancés aux trousses des assaillants.

 Un humanitaire US kidnappé

48h avant l'attaque de Koutoukalé, le Niger a enregistré la première prise d'otage sur son sol depuis janvier 2011. C'est un travailleur humanitaire d'origine US, Jeffrey Woodke, qui a été visé par cette attaque attribuée au Mujao par les autorités de Niamey. Le rapt a eu lieu vendredi dernier dans la préfecture de Tahoua (à quelques 350 km au Nord-Est de la capitale Niamey). Une attaque qui a fait deux morts, dans la fusillade qui a précédé le rapt. Dans une déclaration faite à l'AFP, le ministère de l'Intérieur pointe du doigt le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest). « Nous avons suivi les ravisseurs, quand ils ont franchi la frontière malienne. Ceux-ci se sont dirigés vers la région de Menaka (Est du Mali) près de la frontière nigérienne, une zone contrôlée par le Mujao», précise-t-on du côté de Niamey. Établi au Niger depuis 1992, Woodke travaillait pour le compte de JEMED, une ONG américaine. Cette association est spécialisée dans le développement intégré, creusant des puits pastoraux et construisant des écoles. Les assaillants auraient profité de l'effondrement d'une partie du mur d'enceinte de la résidence de l'humanitaire (suite à de récentes inondations), pour pénétrer dans la résidence de Woodke. L'échange de tirs a causé la mort du gardien de la maison et d'un soldat nigérien détaché pour la protection de l'humanitaire. Ce dernier a tenté bien que mal de se réfugier dans le domicile du maire d'Abalak, avant d'être rattrapé par les assaillants.

Zone à risque

La région où s'est produit le rapt est connue pour son instabilité, près de 22 soldats y ont perdu la vie, le 7 octobre lors d'une attaque contre un camp de réfugiés maliens à Tazalit. La prise d'otage de Jeffrey Woodke est la première ciblant directement un citoyen américain. Sachant que le gouvernement US refuse le paiement de rançon et privilégie la manière forte, contrairement à plusieurs pays occidentaux. La dernière prise d'otage au Niger qui remonte à janvier 2011 s'était produite dans un restaurant de la capitale. Les deux citoyens français qui étaient ciblés ont été tués quelques heures plus-tard lors de l'intervention ratée des forces spéciales françaises.

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