Mali : fin de la grève dans le secteur de la santé

 |   |  551  mots
(Crédits : Reuters)
Les syndicats du secteur de la santé au Mali ont annoncé ce dimanche leur décision d'arrêter le mouvement de grève illimitée qui paralyse les hôpitaux et centres de santé publics depuis le 9 mars 2017. Les responsables syndicaux ont expliqué la levée du mot d'ordre de grève par une satisfaction de leurs revendications.

Enfin les Maliens pourront encore se diriger vers les hôpitaux et centres de santé publics. Les mouvements syndicaux du secteur de la santé du pays ont levé ce week-end le mot d'ordre de grève illimitée qui a handicapé le secteur depuis début mars dernier. Un peu plus d'un mois après avoir fait pression sur les autorités, le corps médical a fini par obtenir satisfaction.

« Le mot d'ordre de grève est levé, parce que nous avons obtenu satisfaction. Sur neuf points de revendication, nous avons huit point d'accord et un point sur lequel nous avons un accord partiel », a confié Yssouf Maïga, secrétaire général adjoint du Syndicat national de la Santé à l'AFP.

Selon lui, les syndicats sont arrivés à avoir des accords sérieux qu'il fallait considérer. Les fonctionnaires du corps médical malien réclamaient entre autres, une prime spéciale de fonction, une prime de garde et l'intégration de certains contractuels. Sur tous les plans il y a une satisfaction. Concernant la prime spéciale de fonction, elle a été accordée à 100% alors que sur les autres points, il y a eu un accord de principe avec le gouvernement. L'information sur la fin de la grève a été tout de suite confirmée par Abdel Karim Konaté, le ministre malien du commerce et porte-parole du gouvernement de Bamako. « Les grévistes et le gouvernement malien se sont entendus et le mot d'ordre de grève est levé », s'est-il félicité, manifestement soulagé.

A en croire la presse du pays, plus que n'importe quelle autre manifestation de revendication sur le plan national, la grève des fonctionnaires du secteur de santé des établissements publics a fait beaucoup de victimes. Et parmi celles-ci, les pauvres sont les plus touchés.

La grève est finie, mais pas sans laisser de victime

A l'instar du porte-parole du gouvernement malien, très content de la fin de la grève qui paralyse le secteur sanitaire public depuis plus d'un mois, le peuple malien aussi est très soulagé. Malgré un soin de santé minimum assuré dans les hôpitaux et centres de santé publics, on ne peut pas dire que cela ait vraiment aidé qui que ce soit. Pendant la grève, plusieurs patients se sont plaints de ne pas bénéficier des soins nécessaires et encore moins adéquats. « Eux-mêmes et leur belles familles sont traités dans des cliniques de luxe ou à l'extérieur du pays pendant que les populations pauvres souffrent sans recours », s'était emporté Moussa Camara, un parent de malade à l'hôpital Gabriel Toura. Très en colère, il avait précisé que les dirigeants ne vont dans les hôpitaux du pays que pour y faire du ''tourisme'' ou pour entretenir un ''espoir inexistant''.

Par ailleurs, notons que la grève a changé  les habitudes acquises grâce à la modernité. A cause de la cessation des activités dans les hôpitaux, les uns et les autres, surtout les populations plus pauvres, à défaut d'avoir des moyens pour se tourner vers cabinets médicaux ou cliniques, privés, se sont tournés vers la médecine traditionnelle et vers l'occultisme. Il faudra du temps pour un retour à la normale.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :