Guinée : faute d'accord, la grève dans les banques se poursuit

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La Banque centrale guinéenne, autorité de tutelle, a vainement tenté de faire la médiation entre les syndicats et le gouvernement..
La Banque centrale guinéenne, autorité de tutelle, a vainement tenté de faire la médiation entre les syndicats et le gouvernement.. (Crédits : BCRG)
Le mouvement de grève dans les banques de la Guinée continue partout dans le pays. Les discussions entre le patronat et les représentants de la Fédération syndicale autonome des banques, assurances et micro-finances n'ayant toujours pas abouti, toutes les activités du secteur sont gelées. La facture des journées de grève sera salée, si le gouvernement ne trouve pas un terrain d'entente avec les centrales syndicales.

La Banque centrale de la république de la Guinée (BCRG) ne peut rien y faire et ne peut couvrir les besoins des tous les Guinéens. A Conakry comme dans les autres grandes villes guinéennes, la grève «générale illimitée» dans les banques bat son plein.

«Nous sommes à la Primature... Les négociations ont échoué, la grève continue», confiait encore hier soir Abdoulaye Sow, secrétaire général de la Fédération syndicale autonome des banques, assurances et micro-finances (FESABAG), aux médias guinéens.

Lancée le 24 mai, le mouvement a été observé afin de mettre la pression le patronat. Mais faute d'accord, la grève s'est vue maintenue par la centrale syndicale. Dans la capitale les banques primaires sont ouvertes, mais n'effectuent aucune opération. C'est le cas des différentes banques à Kaloum.

A l'agence de Société générale de banques de Guinée (SGBG), juste en face du commissariat central de Kaloum, le portail de l'établissement est solidement fermés, alors que le guichet automatique est hors usage. A l'entrée de certaines agences bancaires, un dispositif sécuritaire mixte composé de gendarmes et de vigiles a été installé. La situation est toutefois un peu différente à Ecobank où dans les agences, un service minimum est assuré et les guichets automatiques fonctionnent encore. «Depuis jeudi dernier, je fais mes retraits par carte. C'est vraiment énervant qu'on ne puisse pas prendre son argent même devant l'urgence», se plaint un client d'Ecobank au micro de Guineenews.

La frustration de ce citoyen guinéen est partagée. Si certains accusent le gouvernement et les patrons du secteur de ne pas avoir au moins essayé de trouver une issue à ce blocage, d'autres n'arrêtent de critiquer le choix de la FESABAG de refuser d'assurer un service minimum pour les cas urgents.

Dans le milieu des affaires, la grève inquiète de plus en plus : pas de police d'assurance pour les voyageurs à l'international, le grand commerce, notamment dans l'agroalimentaire et la distribution des hydrocarbures est presque à l'arrêt,... L'économie du pays semble déjà perturbée et le serait certainement davantage si les autorités ne réagissent pas.

Un dossier revendicatif assez lourd pour l'Exécutif

La FESABAG avait pourtant prévenu les autorités ces dernières. Le 8 mai, la centrale syndicale lançait un préavis de grève, accompagné d'un dossier revendicatif portant sur 8 points, notamment le relèvement du niveau général des salaires du personnel ; la mise en place d'une retraite complémentaire ; la prise en charge des frais d'évacuation sanitaire des employés et de leurs familles ; la revalorisation des primes, indemnités et allocations, etc.. Une série de revendications auxquelles le gouvernement devrait trouver au moins un soupçon de réponse s'il veut éviter que la situation ne tourne à la crise dans le pays.

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