Ghana  : le FMI pourrait prolonger son plan d'aide au-delà d'avril 2018

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(Crédits : Reuters)
D'après les dirigeants du Fonds monétaire international, l'institution pourrait envisager de prolonger son plan d'aider au Ghana au-delà du délai d'avril 2018, si le Ghana venait à en manifester l'envie. Le gouvernement ghanéen a effectivement manifesté son envie de renégocier le plan, mais pas seulement pour en revoir le délai mais aussi les termes.

Le Fonds monétaire international (FMI) s'est dit prêt à revoir la date d'expiration de son plan d'aide triennal au Ghana, au-delà d'avril 2018. « La prorogation du plan d'aide peut être envisagée si les autorités ghanéennes le demandent et si elle est nécessaire pour atteindre les objectifs économiques fixés », a affirmé à Reuters la directrice des opérations du FMI au Ghana, Natalia Koliadin. Elle répond ainsi favorablement à une volonté exprimée par le nouveau président Ghanéen Nana Akufo-Addo qui a annoncé récemment qu'il souhaitait une prorogation du programme d'aide.

Portant sur une enveloppe de 918 millions de dollars, le programme d'aide du FMI est établi sur trois ans et exige certaines contreparties. Il s'agit de réformes économiques dont le but est de permettre au Ghana de retrouver une forte croissance. Ceci conduira à rétablir une viabilité de la dette publique (devenue insoutenable sous John Mahama, en début d'année 2016), limiter l'inflation, réduire le déficit budgétaire en contraignant le pays à respecter des objectifs très stricts en matière de mobilisation de financements et de dépenses publiques.

Le 13 janvier dernier, Accra a bénéficié de la troisième tranche du programme en encaissant une somme de 114,6 millions de dollars. Elle porte à 343,7 millions de dollars, le total dont le pays a déjà bénéficié dans le cadre du plan d'aide du FMI. Cependant, le nouveau gouvernement s'il a demandé une prorogation envisage aussi une révision du plan, jugé comme empêchant toute manœuvre budgétaire.

Outre la prorogation, une révision du programme

Aussitôt le pouvoir pris en janvier 2017 dernier, le nouveau gouvernement ghanéen a exprimé sa volonté de renégocier le plan d'aide du FMI.

« Le programme d'aide du FMI doit être révisé, il sera certainement révisé... L'actuel programme comprime l'espace budgétaire, et du point de vue du New Patriotic Party (NPP, le parti au pouvoir, ndlr), ce programme doit être revu », a déclaré le ministre d'Etat Yaw Osafo-Maafo.

En clair le programme du FMI ne permet pas au gouvernement de faire face à ses priorités développementales. Nana Akufo-Addo qui avait promis à ses concitoyens lors des campagnes de consacrer un million de dollars, chaque année à chaque circonscription pour financer le développement, de construire un barrage dans chaque village et une usine dans chaque district, de rehausser le niveau de l'économie en déployant des investissements publics ici et là, se trouve limité par les exigences du FMI dans le cadre du plan d'aide. S'ils ont émis la volonté de réviser le plan, c'est peut-être sans avoir touché du doigt la véritable dette du pays. En effet, les nouveaux dirigeants ont hérité d'un déficit d'environ 10% laissé par le gouvernement de John Mahama.

« La situation à laquelle nous sommes actuellement confrontés est la conséquence de dépenses incontrôlées et de la baisse des revenus », avait regretté le nouveau ministre des finances Ken Ofori-Atta.

Face à ces chutes, le gouvernement, obligé de ne plus contracté de dette, n'a pas le choix que de respecter le plan d'aide du FMI jusqu'à terme. Le nouvel exécutif devra réduire ses diverses dépenses publiques.

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